Secteur bancaire en Russie : «crise d’ampleur» ou «assainissement» ?

Courant 2015, des dizaines de banques russes ont été privées de leurs licences, notamment de gros acteurs du marché. La revue BizMag du Courrier de Russie fait un état des lieux et interroge des experts sur ce qui attend le secteur bancaire russe dans un avenir proche.

Le secteur bancaire russe a traversé des heures difficiles en 2015 : près d’une centaine d’organismes de crédit se sont vu retirer leurs licences, et plus d’une dizaine de banques sont tombées sous le coup des sanctions. Notamment Ouralsib, qui faisait partie des trente premières banques russes en quantité d’actifs. L’épuration du système bancaire s’est poursuivie en 2016.

De gros joueurs tels Vneshprombank, 40e de Russie en quantité d’actifs, et Interkommerz (67e) ont également été privés de leurs licences. Le président de Sberbank, German Gref, a qualifié fin 2015 les processus à l’œuvre dans le système bancaire russe de « crise bancaire de grande ampleur », évoquant notamment le bénéfice zéro du secteur, la croissance des réserves et le nombre record de retraits de licences aux organismes de crédit.

« Je ne voudrais pas encore appuyer là où ça fait mal, mais nous voyons la rapidité avec laquelle la Banque de Russie doit nettoyer le secteur bancaire d’une immense quantité de banques qui n’en sont pas en réalité. Et dans l’ensemble, la situation est extrêmement difficile pour tout le secteur », a ajouté le président de Sberbank. […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Le Kremlin veut dompter les messageries

À partir du printemps prochain, chaque compte de messagerie instantanée devra être associé à un numéro de téléphone enregistré en Russie, afin de pouvoir fonctionner dans le pays. Officiellement, la nouvelle législation répond à une nécessité pour lutter contre le terrorisme et la publicité intrusive. La loi instaurant des amendes pour les messageries qui ne vérifient pas l’identité de leurs utilisateurs est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Jusqu’à maintenant, elle n’était pas appliquée faute d’un texte précisant la procédure exacte d’identification. Un décret, signé fin octobre par le Premier ministre Dmitri Medvedev, comble cette lacune. Identification expresse en vingt minutes Dorénavant, afin d’enregistrer chacun de leurs clients, les messageries instantanées devront faire une demande d’authentification auprès des opérateurs téléphoniques. Ces derniers disposent en effet des données personnelles (nom, prénom, numéro de passeport) de leurs abonnés. Chaque demande d’identification devra être satisfaite en vingt minutes, sous peine d’échec de connexion à la messagerie. Selon Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, il s’agit de créer un système de communications sûr pour la population et pour l’État. Si les données fournies par l’utilisateur ne correspondent pas à celles détenues par l’opérateur téléphonique (par exemple, en cas d’achat de carte SIM « sous le manteau », sans enregistrement du passeport), l’accès aux services de messagerie sera refusé. Enfin, tout changement de numéro de téléphone devra entraîner une nouvelle procédure d’authentification de l’utilisateur. Les messageries qui n’appliqueront pas ces nouvelles règles verront leur responsabilité administrative engagée. Alexandre Jarov, directeur de Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, a qualifié d’indispensable cette nouvelle disposition législative, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 novembre 2018
Économie

La Russie se rue vers l’or

Depuis dix ans, la Russie augmente ses réserves d’or. La dynamique s’est même accélérée ces derniers mois. Au troisième trimestre 2018, la Banque centrale russe était le premier acheteur du métal jaune au monde. Selon les calculs du Conseil mondial de l’or (WGC), la Russie a réalisé une acquisition record de 92,2 tonnes de métal précieux entre juin et septembre 2018 (une hausse de 50 % par rapport au troisième trimestre 2017). C’est presque trois fois plus que les investissements cumulés des deux autres acteurs majeurs du marché, la Turquie (18,5 t) et le Kazakhstan (14,4 t). Surtout, l’autorité monétaire russe pèse plus de la moitié des achats d’or effectués, sur la même période, par les banques centrales du monde entier (148,4 t). Grâce à ces acquisitions, les réserves d’or de Moscou dépassent les 2 000 tonnes pour la première fois de leur histoire (statistiques débutées en 1993). Elles représentent 17 % des réserves mondiales, pour une valeur supérieure à 78 milliards de dollars. Contrairement aux autres actifs libellés en devises ou aux titres en dépôt à l’étranger, l’or ne peut pas être gelé ni saisi. Surtout s’il est conservé en sécurité sur le sol national. Ces chiffres placent le pays au cinquième rang des détenteurs de métal jaune, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 novembre 2018
Économie

Le train du Grand Nord

Le train du Grand Nord est un projet de ligne ferroviaire qui, en traversant la péninsule de Iamal, relie l’Arctique russe au reste du pays. Évoquée dès les premières années de l’URSS, l’idée de construire un équivalent du Transsibérien dans l’extrême Nord avait finalement été abandonnée, pour ne resurgir qu’au début des années 2000. Et le Kremlin s’est lancé tout récemment dans la réalisation concrète de ce vieux rêve, à la conquête du royaume du permafrost. En août 2018, le Premier ministre Dmitri Medvedev annonce la signature d’un contrat de concession entre l’Agence fédérale russe chargée du transport ferroviaire, Rosjeldor, et la société SCK, créée pour l’occasion, portant sur la construction du tronçon central de la ligne ferroviaire Obskaïa-Salekhard-Nadym, dans la péninsule de Iamal. Aujourd’hui, la concurrence fait rage entre les investisseurs potentiels. Il est vrai que la proposition est alléchante : aux termes de cet accord, le concessionnaire pourra exploiter la ligne jusqu’en 2052, à des conditions extrêmement avantageuses, notamment sans avoir à payer de taxes à l’État. « Les banques publiques se battent pour un nouveau mégaprojet », « Gazprom et les chemins de fer russes pourraient construire la ligne ferroviaire la plus septentrionale du monde », « La Route morte reprend vie dans le Grand Nord russe », annonçaient récemment les grands journaux russes. Relier l’Oural à l’Arctique Les températures très froides qui règnent toute l’année dans l’extrême Nord de la Russie y rendent les grands projets de construction incomparablement plus complexes et plus coûteux qu’ailleurs. L’objectif n° 1 du Train du Grand Nord est justement de développer les infrastructures de transport dans l’Arctique russe. Un défi très ambitieux, inscrit depuis 2008 dans la Stratégie étatique de développement du transport ferroviaire en Russie à l’horizon 2030. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 novembre 2018