Pourquoi l’Extrême-Orient n’est-il pas la Normandie ?

La ville de Vladivostok règne sur la pêche et la production ostréicole russes : deux tiers de tout le poisson vendu dans le pays proviennent de sa région. Pourtant, sur place, il faut chercher longtemps – et souvent désespérément – pour se régaler de poisson et de fruits de mer frais. Le Courrier de Russie a tenté de percer le mystère.Vladivostok, je la rêvais pleine de bistros de moules-frites à tous les coins de rue, d’élevages de coquilles Saint-Jacques proposant des visites guidées le samedi, d’ateliers de cuisine locale dans le moindre restaurant digne de ce nom… Mais quelle ne fut pas ma surprise – ma déception – en arrivant, quand j’ai constaté l’absence d’un marché de poisson frais et l’impossibilité quasi totale de déguster des fruits de mer locaux en ville. En fait, les vendeurs de burgers et de nourriture asiatique ont littéralement envahi le marché de la restauration de Vladivostok. On a plus de chances de trouver du sashimi frais à Paris, sans parler des huîtres… Mais où sont donc passés les célèbres crustacés du Pacifique ?!

Une habitude oubliée

Les huîtres vladivostokiennes existent bel et bien – il suffit de faire un tour sur le site de petites annonces local pour s’en convaincre : des dizaines de particuliers proposent des « fruits de mer frais, emballage isotherme offert, livraison gratuite à l’aéroport ». Simplement, les produits du coin semblent intéresser les visiteurs bien plus que les locaux. L’écrivain Vassili Avtchenko, qui vient de publier un roman consacré à la pêche dans la région, confirme : « Les gens d’ici n’ont pas tellement l’habitude de consommer des fruits de mer… dans leur esprit, c’est limite comestible ! » Notre rencontre a lieu dans un restaurant chinois où, si l’accueil et la nourriture sont irréprochables, on n’aperçoit effectivement pas la queue d’un fruit de mer au menu…Et pourtant, en Russie, on consommait bien des huîtres dans les milieux nobles d’avant la Révolution : on en trouve notamment de nombreuses traces dans la littérature. Il suffit de se souvenir de ce dialogue entre les personnages d’Anna Karénine de Tolstoï, paru en 1878 :- Si Votre Excellence le désirait, elle aurait un cabinet particulier à sa disposition dans quelques instants : le prince Galitzine, avec une dame, va le libérer. Nous avons reçu des huîtres fraîches. - Ah, ah ! des huîtres !En 1900, Anton Tchekhov évoque, dans une de ses dernières lettres à son ami Boris Lazarevski, les « huîtres du Pacifique » qu’il a goûtées à Vladivostok, en revenant de l’île de Sakhaline. À l’époque, il vivait déjà en Allemagne et ne songeait qu’à repartir en Extrême-Orient. Un rêve que l’écrivain n’a jamais pu réaliser,

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Rusina Shikhatova

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