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Alexandre Tkatchev : « L’État russe a fait de la viticulture une de ses priorités »

La Russie va-t-elle interdire l’huile de palme ? Pourquoi le gouvernement fait-il de la viticulture une nouvelle priorité ? Quelle est la part officielle de tolérance concernant les produits importés ? Pourquoi avoir initié la destruction de tonnes de fromage sous le feu de caméras de télévision ?.. Cinq mois après sa nomination, le nouveau ministre de l’agriculture et ex-gouverneur de la région de Krasnodar, Alexandre Tkatchev, s’explique dans une interview pour Kommersant.

Kommersant : Avez-vous été surpris, quand on vous a proposé le ministère de l’agriculture ?

Alexandre Tkatchev : Je savais en tout cas qu’il me faudrait changer de métier tôt ou tard. Je n’allais pas rester gouverneur pendant 20 ou 30 ans. Cette proposition était inattendue, oui, mais si on ne me l’avait pas faite, avec le temps, j’aurais de moi-même été voir le président pour lui parler de ça.

K. : Vous êtes en poste depuis un moment. Quel secteur de l’agriculture nationale vous semble le plus problématique ?

A.T. : Avant tout, je tiens à dire que mes prédécesseurs ont fait beaucoup pour l’agriculture. L’apport d’Alexeï Gordeev [ministre de 1999 à 2009 et, depuis,  gouverneur de la région de Voronej, ndlr] et Viktor Zoubkov [adjoint du Premier ministre chargé de l’agriculture de 2008 à 2012, ndlr] au secteur a été considérable, puis ces avancées ont été soutenues et poursuivies par Arkadi Dvorkovitch [Premier ministre adjoint depuis 2012, ndlr]. Au cours des dix dernières années, la production de volaille en Russie a été multipliée par trois, passant à 4,2 millions de tonnes, et celle de viande de porc a doublé, jusqu’à 3 millions de tonnes. Pour ces viandes, nous satisfaisons à 85 ou 90 % les besoins du marché intérieur, et c’est un progrès sérieux. Ma tâche, aujourd’hui, est d’accroître encore ces succès.

« Il nous faut un million de têtes de bétail supplémentaires »

K. : Dans quels secteurs les affaires ne vont-elles pas très bien ?

A.T. : Il reste des objectifs non atteints dans le secteur de l’élevage laitier. Nous produisons actuellement un peu plus de 30 millions de tonnes de lait, ce qui constitue un manque de 9 millions de tonnes. Pour le combler, il nous faut un million de têtes de bétail supplémentaires. Ce qui, selon nos estimations, représente 500 milliards de roubles d’investissements publics et privés. Et évidemment, nous devons nous atteler à cette tâche. Le lait est un des produits les plus importants pour garantir la sécurité alimentaire. La Russie produit aujourd’hui 77 % du lait dont elle a besoin. L’objectif est d’atteindre les 90 %.

K. : Quelle aide publique peuvent espérer les producteurs laitiers nationaux ?

A.T. : Pour produire les 9 millions de tonnes qui nous manquent, nous devons créer de nouveaux complexes laitiers, développer les fermes d’élevage familiales et soutenir le système de bourses aux fermiers qui se lancent. L’État soutient déjà le secteur sous la forme de subventions. À compter de cette année, nous indemniserons aussi une partie des frais des fermiers en cas de travaux importants. Mettons qu’un agriculteur construise un complexe laitier pour 1 million de roubles, le gouvernement lui remboursera 200 000 roubles, c’est-à-dire 20 % de cette somme. Ce type de mesures de soutien est largement répandu en Europe. Et je pense qu’elles se répercuteront positivement sur notre marché des produits laitiers. Si ce soutien étatique permet d’attirer les investisseurs privés dans le secteur, nous pourrons résoudre le problème du déficit de lait dans notre pays d’ici cinq ou sept ans.

K. : Quels autres mécanismes de soutien proposez-vous au secteur laitier ? […]

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Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

International

Damanski
le souvenir russo-chinois à ne pas réveiller

Il y a un demi-siècle, en mars 1969, l’île Damanski (dans la région du Primorié, dans l’Extrême-Orient russe) était le théâtre d’un conflit armé entre l’URSS et la Chine. Moment décisif de la rupture entre les deux géants communistes, ce litige frontalier a redessiné en profondeur les grandes alliances internationales, notamment en engageant un rapprochement entre la Chine et les États-Unis.En 1941, en Extrême-Orient, les Soviétiques prennent le contrôle de la rivière Oussouri et des îles qui s’y trouvent – dont la neutralité est assurée par un traité sino-russe signé en 1860. Ils les conservent après la débâcle du Japon, qui occupe alors le nord-ouest de la Chine. Proclamée en 1949, la République populaire de Chine, doit trop à son « grand frère communiste du Nord » pour soulever des questions territoriales embarrassantes.Mao Zedong évoque de plus en plus souvent les « territoires illégalement occupés par l’URSS »À la fin des années 1950, les relations entre l’URSS et la Chine se détériorent. Mao Zedong dénonce la « déstalinisation » entamée par Khrouchtchev et, dans la courte guerre sino-indienne de 1962, Moscou prend le parti de Dehli, renforçant le « Grand Timonier » dans son rejet des « révisionnistes soviétiques ». Peu après, Moscou rappelle tous ses « conseillers techniques » dépêchés auprès du gouvernement chinois. Lors de ses rencontres avec les dirigeants étrangers, Mao Zedong évoque de plus en plus souvent les « territoires illégalement occupés par l’URSS » – entre autres les îles Kouriles (revendiquées par le Japon), et celles de la rivière Oussouri.Île Damanski sur le fleuve Oussouri. Crédit : PanoramioConsciente du potentiel explosif d’un litige territorial avec son voisin, Moscou envoie à Pékin, en février 1964, une délégation chargée de trouver un accord sur la question des frontières. Les négociations durent près de six mois et se soldent par un échec : les Chinois dénient toute force juridique à la frontière établie pendant la Seconde Guerre mondiale, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 mars 2019
Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARPA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, l’armée américaine a mis au point ces systèmes pour ses propres besoins stratégiques, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019

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