fbpx
Deux mois d’embargo alimentaire : par quoi a-t-on remplacé les produits interdits ?

Deux mois d’embargo alimentaire : par quoi a-t-on remplacé les produits interdits ?

L’interdiction sur l’import de marchandises en provenance des pays soutenant les sanctions contre la Russie a privé le commerce de détail de ses fournisseurs habituels et fiables, et les consommateurs de leurs produits préférés.

L’embargo en vigueur depuis le 7 août concerne le bœuf, le porc, les fruits et légumes, la viande de volaille, les fromages, le lait et les produits laitiers en provenance d’Union européenne, des États-Unis, d’Australie, du Canada et de Norvège, et, à moins d’être levé avant terme, s’étendra sur une année. Les gros opérateurs de commerce de détail estiment que la mesure a touché 5 à 10 % de leur assortiment. En outre, souligne la responsable des relations publiques d’Auchan Maria Kournossova, les rapports avec les producteurs, ce ne sont pas seulement des contrats, mais aussi de la logistique – et avec l’introduction de l’embargo, des chaînes qui avaient mis des années à se former ont été rompues. Pour une enseigne, le fait de changer de fournisseur a un coût.

Ce sont les fromages européens, comme le camembert et le brie, qui ont disparu le plus rapidement des rayons, précise la représentante d’Auchan. Le cas de l’huile d’olive est intéressant, ajoute Anna Melechina, de la chaîne Lenta : les clients, qui avaient mal compris, ont commencé d’en faire des réserves, mais ils se sont ensuite rapidement apaisés, réalisant que le produit n’était pas concerné par l’interdiction.

« Ça ne changera rien, annonçait, fin août, le directeur financier du gros détaillant russe Magnit, Khatchatour Pomboukhtchan. Les gens dépenseront autant d’argent, mais dans d’autres produits. Les ventes de certains articles augmenteront, celles d’autres marchandises, plus chères que les produits interdits, se réduiront. »

« Nous n’observons pas de reflux de clientèle, ce qui signifie que chacun a trouvé ses produits de remplacement pour les marchandises interdites », confirme Mme Kournossova.

Il est ainsi peu probable que l’embargo ait une influence significative sur les recettes des chaînes russes de commerce alimentaire : c’est ce dont témoignent les résultats de l’enquête AlphaWise, effectuée par la banque d’investissement Morgan Stanley pour le mois de septembre. Cette enquête est basée sur l’analyse du comportement consommateur de 1 044 sondés, interrogés entre les 15 et 17 septembre, soit un mois et demi après l’introduction de l’embargo alimentaire. Un tiers des consommateurs interrogés notent que, depuis l’adoption des contre-sanctions russes, ils ne peuvent plus acheter certaines marchandises. Mais ils sont 80 % a avoir déjà trouvé des produits de remplacement : soit des analogues russes (60 %), soit des importations en provenance de pays non interdits (20 %). Les 20 % des sondés restants, n’ayant pas trouvé de produits analogues, ont simplement cessé d’acheter les marchandises interdites.

À ce jour, le retail est parvenu à remplacer la majorité des produits tombant sous le coup de l’interdiction, déclarent les représentants des chaînes. Pour les autres, la représentante de Lenta précise que le remplacement se heurte à deux limites principales : le caractère unique d’une série de produits, qui n’ont tout simplement pas d’analogues satisfaisants sur le marché, et la hausse significative des prix chez les fournisseurs sur certaines marchandises.

« Nous espérons sortir de ces restrictions le plus rapidement possible. Mais cela dépendra en premier lieu des pays qui ont adopté les sanctions contre la Russie, a fait savoir par le biais de son représentant le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch, en charge du complexe agro-alimentaire et du commerce de détail. On constate effectivement une hausse des prix de l’alimentaire, mais elle reste modérée, et n’est pas seulement liée aux mesures prises. Aujourd’hui, la mission principale consiste à garantir une hausse de notre production nationale et à améliorer la situation des producteurs russes par-rapport à leurs collègues étrangers. […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARFA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, l’armée américaine a mis au point ces systèmes pour ses propres besoins stratégiques, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019
Économie

L’adresse aux pauvres

Augmentation des allocations aux enfants handicapés, aide au remboursement de crédits immobiliers, réindexation des retraites inférieures au minimum vital… Lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement, retransmis en direct par cinq chaînes nationales, le 20 février, Vladimir Poutine a promis à ses compatriotes une série de mesures budgétaires destinées à aider les plus fragiles.Invité à commenter le discours du président à l’Assemblée fédérale sur le plateau de la chaîne Rossia 24, le ministre des Finances, Anton Silouanov, a évalué ces mesures de soutien aux plus démunis entre 100 et 120 milliards de roubles par an (entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros).Ces fonds seront dégagés grâce à une « meilleure exécution budgétaire », a précisé M. Silouanov. « Nous avons déjà mis en branle toutes les ressources du Fisc et des Douanes, afin de rendre la gestion de l’argent public encore plus efficace. Nous nous assurerons des recettes supplémentaires en étendant la couverture du tissu économique par le contrôle fiscal, c’est-à-dire en réduisant la part des échanges qui échappent encore à l’impôt, donc en luttant contre la fraude », a-t-il expliqué.Les mesures d’aide aux familles nombreuses, aux propriétaires endettés et aux retraités ne permettront pas d’enrayer la baisse du pouvoir d’achat des Russes, en chute constante depuis cinq ans.« En outre, toutes les économies réalisées au cours du présent exercice budgétaire, d’ordinaire reportées sur l’exercice suivant, serviront, cette année, à mettre en œuvre les mesures annoncées par le président », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 février 2019

Vous êtes actuellement hors ligne