Guide du numéro 213

Pour un drôle d’oiseau – Art moderne

Pendant que d’aucuns ronchonnent, geignent, réclament plus et plus de démocratie à l’occidentale, la Tretyakov ouvre une vaste rétrospective à celui-là qui a passé toute sa vie en exil à Paris et toute sa vie a soupiré après sa Russie natale. À qui le royaume de la démocratie et de la liberté a peut-être souvent paru fade, creux, comptable. À celui-là, essentiellement juif – si l’on pose que l’adjectif est un caractère –, nomade, celui-là constamment insatisfait, inquiet, celui-là qui avait le doute chevillé à l’âme, qui n’était lui qu’en vol. La Tretyakov qui déjà l’avait accueilli – vivant alors – dans les années 1970, la Tretyakov rouvre ses salles à l’immense Chagall. Puisqu’on nous étouffe aujourd’hui du tout confort, toujours profiter, tout économiser, ne pas se mouiller, encore moins nommer, surtout ne pas se battre, puisqu’on nous bassine de la vie érigée en valeur suprême, juste vivre et tant pis si l’on n’y met aucun sens, – un petit tour salutaire parmi le travail de cet errant, de ce souffrant. D’un qui vous change, qui vous recrache autre, qui vous dessine l’invisible, vous insuffle le mystère, vous célèbre le paradoxe. Éternellement mélancolique, indécrottablement tendre. Inassouvi.

Salut, pays natal ! Marc Chagall. Sources de la langue artistique du peintre. Pour les 125 ans de sa naissance – du 15 juin au 30 septembre. Galereïa Tretyakov, Lavruchinsky per., 12.

www.tretyakovgallery.ru

Pour des empêcheurs de penser en cage – Livres

«Multiple », cette 7ème édition du Festival international du Livre de Moscou l’est jusqu’à son menu. […]

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Julia Breen