Gost Zvuk : musique et russitude

Créé il y a un an, le label moscovite Gost Zvuk* est un des acteurs les plus dynamiques de la culture urbaine russe, actuellement en pleine effervescence. Le Courrier de Russie a rencontré son jeune fondateur, Ildar Zaynetdinov.

Notre sélection Gost Zvuk à écouter pendant votre lecture

Le Courrier de Russie : Vous venez de sortir votre troisième opus et bénéficiez d’une popularité grandissante. Gost Zvuk incarne-t-il le renouveau de la techno russe ?

Ildar Zaynetdinov : Non. Il ne faut surtout pas associer Gost Zvuk à un genre musical particulier. Nous pourrions très bien produire du rock psychédélique ou du jazz. Notre but est d’aider des artistes russes ou ressortissants de la CEI. J’ai la chance d’évoluer depuis un certain temps parmi des musiciens talentueux, qui méritent d’être reconnus. Sortir des disques, les promouvoir, les vendre, donner des concerts à l’étranger – toutes ces activités sont jonchées d’obstacles qui peuvent décourager définitivement un musicien. Mon rôle est de ne pas laisser s’échapper ces talents, en les libérant de ces tâches qui les empêchent d’exprimer concrètement leur potentiel artistique.

LCDR : Quelles sont les difficultés que vous pouvez rencontrer en tant que label en Russie ?

I.Z. : Nous ne rencontrons pas de difficultés. Aujourd’hui, il y a de nombreux moyens d’exposer son travail à un grand nombre d’auditeurs. […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Nicolas Pertsov

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Konstantin Bronzit : « Le cinéma est un art maudit »

Le réalisateur de films d’animation pétersbourgeois Konstantin Bronzit a remporté le Cristal du court-métrage (premier prix) du 39e Festival international d’Annecy avec Nous ne pouvons pas vivre sans le cosmos [Découvrez la bande-annonce, ici]. Rencontre Le Courrier de Russie : Le cinéma d’animation est souvent associé à l’enfance. L’environnement dans lequel vous avez grandi a-t-il orienté votre choix professionnel ? Konstantin Bronzit : Pas du tout. Mes parents étaient tout ce qu’il y a de plus simple et d’ordinaire au monde ! Ma mère était aide-soignante et mon père, un ouvrier soviétique typique. Il a travaillé toute sa vie à l’institut d’État de recherche et de production en optique de Leningrad, une structure fermée qui, répondant à des commandes du ministère de la défense, élaborait des instruments optiques complexes, comme des radars ou des microscopes. Je me souviens qu’il avait même envisagé, un temps, que je marche dans ses pas. Bref, mes parents n’ont jamais eu le moindre lien avec l’art. LCDR : Et vous, quel a été votre premier contact avec l’art ? K.B. : Mes professeurs ont remarqué très tôt que je possédais un don pour le dessin et ont rapidement insisté auprès de mes parents pour que j’intègre une école spécialisée. Je suis ainsi entré à l’école secondaire d’art Boris Ioganson, à Saint-Pétersbourg. Une école très exigeante, avec d’excellents enseignants, administrée par l’Académie russe des Beaux-arts. LCDR : Pourquoi avoir choisi l’animation plutôt que la peinture, par exemple ? K.B. : J’étais passionné par les dessins animés depuis ma plus tendre enfance, grâce notamment aux productions du grand studio d’animation soviétique Soyouzmoultfilm. Mais ce qui a véritablement déclenché ma passion vient des États-Unis. Un phénomène tout à fait étrange, que je n’arrive toujours pas à expliquer, se produisait en URSS vers le début des années 1970 : tous les week-ends, la télévision diffusait la série animée américaine Mighty Mouse [le générique, ci-dessous], et je suis littéralement tombé amoureux de cette souris aux allures de Superman. Je passais mon temps à recopier ces personnages et ces décors, avant de jeter mon dévolu, un peu plus tard, sur ceux de Walt Disney – Donald, Mickey, etc. Le générique de Mighty MouseLCDR : Vous aviez également accès aux films de Walt Disney ? K.B. : L’immeuble voisin de l’école Ioganson était la Maison de la culture Serge Kirov, qui renfermait l’annexe léningradoise de l’organisme gérant les archives centrales du cinéma en Russie, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

31 juillet 2015
International

Lettonie : deux militants russes risquent la prison à vie

Le 10 juin dernier, deux membres du parti national-bolchévique non enregistré L’Autre Russie ont pénétré dans le camp d’entraînement de l’armée lettone, à Ādaži, près de Riga, où un millier de soldats de l’OTAN suivaient une formation militaire supervisée par l’armée américaine. Accusés de « tentative d’acte terroriste » et d’« espionnage », les deux activistes, placés en détention, encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Alexandre Kourkine et Andreï Popko avaient à peine posé un pied dans le camp d’entraînement que la police militaire lettone les a sommés de s’arrêter. « Ils ont obéi en déclarant qu’ils n’étaient pas armés et que leur action était pacifique », explique au Courrier de Russie leur avocate, Imma Jansone. Les deux militants ont été arrêtés en possession d’une Bible et de tracts enjoignant l’OTAN à s’éloigner des frontières russes. Ils avaient également une bannière aux couleurs du ruban de Saint-Georges (orange et noir), que l’un d’eux a déployée pendant qu’ils escaladaient la barrière du camp. « Les médias ont affirmé que Kourkine et Popko avaient aussi arraché le drapeau américain, mais c’est faux, précise leur avocate : mes clients ont immédiatement été interpellés de l’autre côté de la clôture. » Extrait du texte inscrit sur les tracts des deux prévenus : « Contrairement à tous les accords en vigueur, (…) le plan qui consiste à installer une base militaire de l’OTAN dans les pays baltes est non seulement défini et amorcé, mais des missiles sont sur le point d’être dirigés droit sur le bouclier anti-nucléaire russe. (…) Nous, citoyens russes, considérons que ces faits constituent une menace directe contre notre pays. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

10 juillet 2015
Société

Un grand-duc d’Europe au secours du Kremlin

Un hibou grand-duc, nommé Filia, va aider le service ornithologie du Kremlin à expulser les corbeaux qui dégradent les monuments culturels de la forteresse moscovite. Sous Lénine déjà, la bataille contre les corbeaux du Kremlin faisait rage. Mais la méthode employée à l’époque – le tir au fusil – déconcentrait trop la tête pensante du prolétariat international. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

4 juin 2015