Une roue plus loin

Dans la froideur d’une matinée hivernale, un attroupement s’est formé sur la place du Palais à Saint-Pétersbourg. Tandis que traîneaux et troïkas vont et viennent nombreux dans la capitale enneigée, le petit groupe fait cercle autour d’un équipage insolite : une automobile torpédo S 24/30 HP, spécialement construite par la Compagnie russo-balte. À son bord, deux hommes : le célèbre sportsman Andreï Nagel et son collègue du journal l’Automobile, Mikhaïlov. L’intrépide duo a décidé de se lancer dans un pari d’une audace presque insensée. Il s’agit de rejoindre Monte-Carlo par la route, en tentant de battre les autres concurrents du rallye de Monaco dont c’est la seconde édition.

Il est 8h, en ce 31 décembre 1911 ancien style – 13 janvier 1912 du nouveau calendrier. La température tourne autour de moins vingt degrés. M. Svetchine, vice-président de la Société automobile impériale russe, donne le signal du départ. Après quelques tours de manivelle, la torpédo vrombit et démarre enfin. Il lui reste 3267 km à parcourir pour réaliser l’exploit.

Débuts

Andreï Nagel n’a rien d’un novice. Ce petit homme de trente-cinq ans, de constitution  chétive, est déjà une célébrité dans les milieux sportifs russes. Fils d’un marchand, il s’est rapidement désintéressé des professions juridiques auxquelles ses études le destinaient. Amateur de théâtre, il se passionne plus encore pour le sport : équitation d’abord, vélocipède ensuite, échecs. En 1898, il assiste fasciné à l’une des premières courses automobiles organisées en Russie. Deux ans plus tard, il fait ses premières armes de pilote aux commandes d’un tricycle à moteur lors de la course Luga-Pétersbourg. Très vite, il s’impose aussi comme le propagateur le plus zélé de ces nouvelles techniques. En 1900, il crée son premier journal, le Sport. […]

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Paul Huetz

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Enigma : « Pour peu que la bobine d’un zouave ou d’un arabe ait frappé son attention, il pouvait la restituer avec une absolue fidélité plusieurs mois après sur l’une de ses toiles »

Double chance de résoudre l’énigme dans ce numéro ! Trouvez le nom du peintre français ou celui de son fidèle apprenti et soyez le premier à nous envoyer la bonne réponse à l’adresse enigma@lcdr.ru. Gagnez un abonnement au journal gratuit pendant trois mois et un livre en français ! Mon ami, Puisque tu me demandes de nouveaux conseils sur la carrière de peintre dans laquelle tu débutes, je voudrais aujourd’hui insister sur l’importance de te trouver un bon maître. Pas moi certes, je suis trop vieux, et mes yeux me jouent bien des tours depuis quarante ans. Choisis plutôt quelqu’un de reconnu, mais d’assez jeune encore. Essaie en France peut-être. C’est de là que venait mon maître à moi, et je bénis encore le ciel de m’avoir donné le courage de m’adresser à lui. C’était en 1843, à Saint-Pétersbourg. À l’époque je m’étais déjà fait « un petit nom » comme on dit. Je maîtrisais bien l’aquarelle et le dessin, et mes gravures pour les livres de Miatlev et de Boulgarine avaient plu au public. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

15 juillet 2011
Culture

Enigma : « Ils aimaient la même femme »

Si vous trouvez le nom du « grand Russe » qu’évoque le vieux chasseur briard, envoyez un e-mail à enigma@lcdr.ru. Le premier à envoyer la bonne réponse gagnera un abonnement gratuit de trois mois et un livre en français.La fin de la saison approchant, j’avais décidé de tenter une dernière sortie, profitant d’une matinée plus ensoleillée que les précédentes. En milieu d’après-midi, je m’en retournais à travers champs, le carnier à moitié rempli, flanqué de ma chienne préférée, lorsque du ciel soudain asssombri une pluie torrentielle et glacée s’abattit sur la campagne briarde. Je m’élançai à toutes jambes vers un large édifice situé à une centaine de mètres. J’arrivai trempé sous l’auvent. Une fois bien à l’abri, je reconnus la grange de Planoy, qui bien des années auparavant m’avait déjà protégé en pareille circonstance des fureurs de l’orage. Je chassais à l’époque avec un de mes vieux amis, depuis perdu de vue, et dont les journaux ne m’ont rappelé l’existence il y a quelque temps que pour m’annoncer sa mort. Grelottant de froid, forcé d’attendre la fin de l’averse, je me trouvais soudain comme transporté plus de trente ans en arrière, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

10 juin 2011
Culture

« Un Russe n’a pas la même mentalité que nous »

Si vous trouvez le héros de cette confession improvisée, envoyez un e-mail à enigma@lcdr.ru ou un fax à +7 495 690 01 28. Le premier à envoyer la bonne réponse gagnera un abonnement au journal de trois mois et un livre en français.« Ô frères, aux armes, pour notre lutte, pour la victoire de tous les travailleurs… » C’est idiot. Voilà «qu’il m’a mis cet air des révolutionnaires dans la tête et que je n’arrive pas à m’en débarrasser. J’y pense, j’y repense encore et toujours. Une immense tristesse, un dégoût de tout et de moi-même me serrent la gorge. Dure journée. Dur métier que le nôtre aussi, pour nécessaire qu’il soit. Je m’en veux de ma sensiblerie. J’ai réussi à la contenir et à faire bonne impression je crois, mais dieu que je me sentais mal. J’admire Anatole, si maître de lui en toutes circonstances. Ce matin encore, il était posé, organisé, toujours élégant, avec son veston gris clair et son chapeau melon. Il est vrai qu’il a vécu cela plus de trois cent fois. C’était son premier Russe, à lui aussi. À cinq heures trente ce quatorze septembre on est venu le chercher. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 mars 2011