Le Courrier de Russie

Souzdal : féerie et medavoukha

Il était une fois Souzdal

Lorsqu’on aborde Souzdal, cela commence invariablement comme un conte. Dans la « plus jolie ville de l’Anneau d’or », à 200 kilomètres de Moscou, le décor semble ne plus appartenir au réel, les calèches balaient la neige sur leur passage et les feux d’artifice ont remplacé l’éclairage public.

Il était une fois Souzdal

Souzdal, c’est la Russie de ceux qui pensent qu’elle serait plus jolie sans l’immeuble gris à dix étages qui cache cette ravissante église colorée – et même si je n’en fais pas partie, car je suis, moi, de ceux qui apprécient le moche à sa juste valeur, cela ne m’a pas empêchée de m’y rendre pour un voyage en Russie authentique et, qui plus est, pour le Noël russe.

La magie était au rendez-vous et c’est peut-être ce qui détonnait tant : car le charme de la Russie, c’est qu’elle ne donne jamais ce à quoi on est habitué, ou ce que justement on attend d’elle. À Souzdal pourtant, pas d’entourloupes, chaque chose est bien à sa place. Les églises sont d’une beauté surprenante (pas de mauvais goût), les habitants proposent des chambres d’hôtes (pas d’hébergement insalubre), les babouchkas portent bel et bien sur la tête des fichus aux couleurs criardes (comme sur les photos des magazines), le blanc de la neige est vraiment blanc (comme en Sibérie), et les restaurants sont corrects (si tant est que l’on apprécie les soupes et autres ragoûts).

Et oui, il y a bien une auberge au monastère et même souvent – fait notable – de la place. Vous l’aurez compris, Souzdal – c’est doucereux, c’est mignon, c’est reposant, c’est des vacances-chantilly, en famille, de la musique casse-noisette et des promenades à cheval. C’est, disons, incroyablement romantique. Pour compléter le tableau, Souzdal possède aussi son produit phare, sa marque de fabrique : la medavoukha, qu’elle est une des rares villes de Russie à produire encore en masse.

Cette boisson fermentée au miel est une variante slave de l’hydromel : c’est sucré, c’est doux et ça enivre – bref, comme Souzdal, ça peut vite devenir écœurant. Mon conseil sera cette formule, qui conclue de nombreux contes russes : « Je suis allé là-bas, j’ai bu de la bière au miel, elle a coulé sur mes moustaches, mais pas dans ma bouche ».

Recette de medavoukha :

La medavoukha peut être fermentée à base de différents fruits : cerise, raisin, airelle… Nous prendrons du raisin.

Ingrédients :

1 litre d’eau, 50 à 100 grammes de miel (selon les goûts), 50 grammes de raisins secs. Éventuellement, des épices peuvent être ajoutées pour plus de goût : cannelle, gingembre, etc.

Préparation :

Faire bouillir le miel dans une casserole avec de l’eau, jusqu’à obtention d’un sirop. Prendre un bidon et y placer les raisins, puis verser dessus le sirop. Couvrir sans fermer complètement et laisser reposer à température ambiante pendant deux ou trois jours. Filtrer dans une bouteille et conserver deux à trois mois au frigo ou à la cave.