Le Courrier de Russie

D’un jour à l’autre: les élections

Après les élections législatives du 4 décembre 2011 et toute la polémique qui a suivi sur des fraudes éventuelles, j’ai décidé de devenir observatrice. Pourquoi ? Essentiellement pour constater par moi-même ce que sont des élections russes, mais également pour voir si Poutine gagnerait uniquement grâce aux fraudes, selon l’une des thèses avancées par l’opposition. Dix-neuf heures passées dans un bureau de vote d’un quartier dortoir de Moscou ont amplement suffi.

Arrivée au bureau de vote à 7h30 après n’avoir dormi que deux heures – la veille je m’étais mise à apprendre par coeur la loi fédérale russe relative aux élections prédientielles, je me suis tout de suite heurtée à une résistance de la la part d’Olga Roubtchenkova, la présidente de la commission : pas le droit de me déplacer dans le bureau, pas le droit de vérifier les listes d’électeurs, et même pas le droit de demander son nom.

« C’est à huit heures que les élections commencent. Pour le moment vous n’êtes personne. Vous savez qu’il y a déjà eu des cas où l’on a exclu des observateurs qui empêchaient la commission de faire son travail ? », m’avertit-elle.

Selon Madame Roubtchenkova, je devais donc patienter sur le banc réservé aux six observateurs présents. Pourtant, nous étions placés d’une telle façon que l’on ne pouvait voir toute la salle – ce qui rentre en contradiction avec la loi fédérale.

De petites violations sont survenues à plusieurs reprises :  la chef refusait par exemple de nous donner le nombre de bulletins reçus par le bureau de vote et celui des personnes votant à la maison, […]