Télé, concombres, et anti-conformisme

Je pars du principe qu’il faut essayer tout ce que la vie nous propose – si on le veut vraiment et si la loi nous le permet. Il est ainsi arrivé que, un mois de juillet où j’étais isolée à Krasnodar, dans le Sud de la Russie, je travaille à la télévision municipale. Souvenirs.

Je me suis retrouvée dans la rédaction des actualités où, c’est bien connu, le langage est très spécifique. Vu le rush permanent – il faut toujours être à l’heure pour le JT – tout le monde court dans tous les sens et les gens communiquent entre eux par jurons. Ce n’est pas forcément dans le but d’insulter qui que ce soit, mais pour faire comprendre au plus vite l’idée que l’on souhaite transmettre. J’avais d’abord du mal à m’y faire mais j’ai finalement beaucoup appris en la matière.

–  Putain, tu te prends pour Dostoïevski ou quoi ? m’a un jour balancé le rédacteur en chef.

–  Euh, non…

–  Dégage, vite, réécris cette putain de phrase !

Il faut dire qu’en juillet il ne se passe rien à Krasnodar. Alors qu’il faisait 45°C, […]

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Vera GAUFMAN

Dernières nouvelles de la Russie

Secteur

Natura Siberica : des cosmétiques sibériens à la conquête de l’Europe

Jeune diplômé de l’Institut des relations internationales de Moscou, Andreï Troubnikov s’est lancé dans la fabrication de produits chimiques en 1998, en achetant la formule d’un produit vaisselle. En 2002, il fondait la société Pervoïe Rechenie, productrice de shampoings entrée-de-gamme sous la marque « Recettes de babouchka Agafia ». Et, en 2009, Troubnikov ouvrait sa marque de produits de beauté organiques, Natura Siberica. Avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 6 milliards de roubles (95,6 millions d’euros), le businessman a bien l’intention de conquérir le marché européen, où il vend déjà pour deux millions d’euros de produits par an. Rencontre. Le Courrier de Russie : Comment avez-vous décidé de lancer votre marque, Natura Siberica ? Andreï Troubnikov : Je trouvais dommage qu’un pays aussi grand et riche que la Russie ne soit connu dans le monde que pour son gaz et son pétrole. Aucun cosmétique russe ne s’est encore fait une place sur le marché international. Les Australiens ont leurs produits à base de thé vert, les Israéliens font des cosmétiques à partir de boue de la mer Morte… mais nous, avec notre territoire le plus grand du monde, on n’a rien. J’ai cherché des moyens de réparer cette injustice, et je me suis dit que nous avions quand même la Sibérie. Je me suis documenté, j’ai étudié ses plantes. Et l’idée de la marque Natura Siberica s’est imposée naturellement. LCDR : Comment fabriquez-vous ? A.T. : Nous achetons la plupart de nos ingrédients en Allemagne et en France, mais exclusivement des produits élaborés selon les normes de la chimie verte. De la glycérine à base d’huile de cèdre et non de pétrole, par exemple. Nous avons aussi appris à produire de la bétaïne à base d’huile de cèdre de Sibérie – c’est un ingrédient innovant pour lequel nous avons déposé un brevet, car la bétaïne traditionnelle est faite à partir d’huile de coco. Nous envoyons l’huile de cèdre de Sibérie en Italie et nous produisons notre bétaïne là-bas. LCDR : Pensez-vous pouvoir faire venir ces technologies en Russie, un jour ? A.T. : Vous avez une idée des investissements que ça représente ? Il faudrait construire toute une usine chimique ! Pour le moment, nous cherchons déjà à acheter une usine d’emballages en Russie : notre fournisseur actuel est à Kharkov, en Ukraine, et aujourd’hui, ça pose un certain nombre de problèmes… Nous avons déjà acheté deux machines-outils au Japon pour produire des bouteilles ici, en Russie – à un million d’euros chacune ! LCDR : Tous vos cosmétiques sont à base d’extraits de plantes de Sibérie. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

2 juillet 2015
Gens

Alex Yocu : « Je n’ai même pas fini de lire le mode d’emploi de mon appareil photo »

L’exposition Capter l’instant du jeune photographe russe Alex Yocu a été inaugurée le 17 février dernier à l’Institut français de Moscou. Il s’agit d’une série de clichés de spectacles de danse et de théâtre dramatique créés en partenariat avec l’Institut français. Le Courrier de Russie a interrogé le photographe sur son exposition et son parcours. Le Courrier de Russie : Comment est née l’idée de l’exposition ? Alex Yocu : C’est en décembre 2014, à l’Institut de Kostroma, que j’ai rencontré le conseiller culturel français Edward de Lumley et les collaborateurs de l’Institut français. J’y étais allé pour photographier la première du spectacle de Karine Ponties, Pastime Paradise, monté avec le studio de danse contemporaine russe Dialogue Dance. Nous avons réalisé, en discutant, que j’avais plusieurs fois pris en photo des manifestations culturelles organisées avec le soutien de l’Institut français sans même le savoir ! Et c’est comme ça qu’est née l’idée de l’exposition : elle réunit de nombreux spectacles soutenus par l’Institut. L’exposition revient sur trois pièces de David Bobbée – Hamlet, Fées et Métamorphoses – mais aussi sur les spectacles Neurasthénie, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

4 mars 2015
Secteur

Gonzague de Pirey : « Nous sommes en Russie pour longtemps »

En ces temps de ralentissement économique et de chute des cours du rouble et du pétrole, le producteur français de matériaux de construction Saint-Gobain a inauguré le 4 février une nouvelle usine de mortier dans la région de Moscou. Le Courrier de Russie a interviewé Gonzague de Pirey, délégué général de Saint-Gobain pour la Russie, l’Ukraine et la CEI, sur la stratégie de développement et les investissements du groupe dans la région. Le Courrier de Russie : La situation économique actuelle oblige-t-elle Saint-Gobain à revoir sa stratégie de développement ? Gonzague de Pirey : Saint-Gobain fête ses 350 ans cette année. Et je vous assure que quand le groupe prend des décisions, c’est dans une perspective de long terme : ce ne sont pas des soubresauts conjoncturels qui vont modifier notre approche ou nos axes de développement. Il y a 20 ans, Saint-Gobain a décidé de venir en Russie, et, il y a 11 ans, d’y construire sa première usine. Nous avons investi dans huit autres sites depuis : ce n’est pas pour plier bagages du jour au lendemain ! Nous sommes dans ce pays pour longtemps, car nous sommes convaincus du potentiel de ce marché, et nous continuerons donc de nous y développer. Évidemment, le rythme de notre développement s’adaptera à la situation économique. Si la demande faiblit, nous attendrons pour lancer de nouvelles capacités – mais dès qu’elle reprendra, nous reprendrons aussi notre plan. Nous prenons en compte le contexte, mais il ne va pas nous faire changer radicalement d’avis sur nos stratégies de long terme. LCDR : Avez-vous ressenti l’effet des sanctions et du ralentissement économique ? G.P. : Pour le moment, les effets des sanctions sont relativement limités dans le secteur de la construction, et, pour nous qui sommes dans le second œuvre, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 mars 2015