Souscrivez à l'Offre Découverte : 2 semaines d'accès illimité et gratuit au Courrier de RussieJe souscris à l'Offre Découverte

Un Beigbeder de seconde fraîcheur

Un Beigbeder de seconde fraîcheur

Séances d'autographes au Festival BookMarket de Moscou en 2012. Photo : Sergey Kuznetsov/RIA Novosti

Célèbre en Russie comme en Ukraine, Frédéric Beigbeder y a construit sa popularité dans les années 2000. Toutefois, depuis quelque temps, le public boude l’auteur français, pas épargné par la critique.

En découvrant le titre du nouveau livre de Frédéric Beigbeder, L’homme qui pleure de rire, on songe immédiatement au grand roman de Victor Hugo. Cela signifie-t-il que le Beigbeder nouveau soit secondaire ? Incontestablement. Mais cet auteur a-t-il jamais été primordial et original ? Que l’on tente de considérer froidement cette question – au prix d’une réflexion profonde, longue et impartiale – et l’on en vient nécessairement à la conclusion suivante : la singularité de Beigbeder ne l’a pas mené très loin. Ses succès littéraires parasitent les principes du postmodernisme présentant tout texte comme un kaléidoscope aux contours flous et illusoires, mêlant les références les plus diverses. Plongé dans le décryptage de ces réminiscences littéraires qui flattent son intelligence et son érudition, le lecteur crédule ne remarque pas que l’auteur lui a refilé, en guise de nourriture spirituelle, de vulgaires chewing-gums au goût acidulé.

Rappelons-nous 99 francs, un des best-sellers de Beigbeder (400 000 exemplaires vendus l’année de sa sortie, il y a vingt ans). Ce portrait cruel d’un publicitaire à succès partait d’une bonne intention : condamner sans appel le système économique contemporain et la société de consommation effrénée. Hélas, les livres suivants ont jeté le trouble sur les visées réelles de l’auteur. Ce dernier s’est reposé sur ses acquis, estimant probablement avoir trouvé le bon filon, la recette commerciale qui lui permettrait de brasser les euros : quelques potins mondains, une pincée de mésaventures dopées aux psychotropes, le tout saupoudré de réflexions existentielles. Mélanger le tout et laisser reposer le temps nécessaire,

Il vous reste 75% de l'article à consulter...

Souscrivez à l'Offre Découverte :
2 semaines d'accès illimité et gratuit au Courrier de Russie

Je souscris sans CB

Déjà abonné ?

Se connecter