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Nicolas Ier, un tsar au cœur de la polémique

Nicolas Ier
Un tsar au cœur de la polémique

Sorti en Russie le 26 décembre 2019, le film Soïouz Spassenia (« l’Union du salut »), réalisé par Andreï Kravtchouk et produit par Constantin Ernst, raconte comment, il y a bientôt deux siècles, Nicolas Ier a sauvé la Russie du chaos en réprimant la révolte des décembristes.

Paris, 1808. En visite dans le prestigieux pensionnat de Hix, Napoléon Bonaparte s’adresse au jeune Sergueï Mouraviov-Apostol, fils de l’ambassadeur de Russie en France : « Voltaire dit que la liberté, c’est l’égalité devant la loi. Es-tu d’accord avec cela ? ‒ Non, répond le pensionnaire en français (tous les nobles russes de l’époque le parlent parfaitement). La liberté, c’est le droit de suivre son destin. »

Quelques années plus tard, Mouraviov-Apostol, devenu lieutenant-colonel de l’armée russe, est l’un des meneurs de la société secrète « Soïouz Spassenia » (« l’Union du salut »), dont le but est de donner une Constitution à l’Empire et d’abolir le servage. Les conjurés rassemblent d’autres aristocrates acquis aux idées des Lumières – le prince Sergueï Troubetzkoï, Pavel Pestel, Mikhaïl Bestoujev-Rioumine, Kondrati Ryleïev ou encore Piotr Kakhovski. Surveillés de près par la police d’Alexandre Ier, dispersés dans l’Empire, ils guettent en secret le moment de passer à l’action.

Ivan Kolesnikov dans le rôle de Nicolas Ier. Photo : pryanik

À la mort de l’empereur, en novembre 1825, se pose la question de sa succession : partisan de la séparation des pouvoirs et favori des milieux libéraux, son frère aîné, Constantin, vice-roi de Pologne, n’a aucune envie de regagner Saint-Pétersbourg pour monter sur le trône. C’est vers le cadet, Nicolas, jeune homme effacé et peu apprécié de la Garde, que les regards se tournent. Après maintes hésitations et malgré la campagne d’intimidation menée par le général Miloradovitch, il finit par accepter de ceindre la couronne.

"Aucun artiste, ni au XIXe siècle ni à l’époque soviétique, n’avait jamais pris parti pour Nicolas Ier."

Le 26 décembre (d’où le nom de « décembristes »),

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