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Moscou fête les jeunes prodiges de la musique

Moscou fête les jeunes prodiges de la musique

Du 25 novembre au 3 décembre, la capitale russe accueillait la seizième édition du festival international de musique « Moscou reçoit ses amis », organisé par la fondation d’aide aux enfants malades de Vladimir Spivakov, un des plus célèbres chefs d’orchestre russes et le directeur artistique de l’Orchestre philharmonique national de Russie.

Cette année, le festival rassemblait de jeunes danseurs, musiciens et artistes de cirque venus de trente-six pays et de toute la Russie. Ils se sont produits sur les scènes du Bolchoï, de la Maison internationale de la musique, de l’école de musique pour enfants Liszt, et dans le parc de Kolomenskoïé.

Effervescence

« J’aime l’effervescence créatrice qui règne avant de monter sur scène », confie Alexandre Grafov. Vêtu pour l’occasion d’un costume de clown, l’adolescent est élève de l’École des arts du cirque Iouri Nikouline de Moscou : « Ici, chacun a son style. Certains dansent de manière agressive, comme les Allemands du groupe Let’s dance, et d’autres évoluent plus gracieusement. C’est toujours enrichissant de côtoyer des artistes différents. »

Le festival offre l’occasion à ces jeunes de se produire aux côtés d’artistes, chanteurs et musiciens professionnels. « Je suis toujours stupéfait de voir ces enfants. Je n’arrive pas à comprendre quand et comment ils ont appris à jouer avec autant de talent », s’émerveille le contrebassiste Kirill Tchoulkov entre deux spectacles.

« Ma fille a peu de copines. Ses meilleurs amis sont Rachmaninov et Chostakovitch. »

Dans la salle, la lumière s’éteint, le silence se fait, le chef d’orchestre lève sa baguette… La Danse russe de Piotr Ilitch Tchaïkovski retentit, interprétée par le jeune pianiste slovaque Ryan Martin Bradshaw ; elle est suivie de la « Fantaisie brillante » tirée du Carmen de Georges Bizet. Ici, la partition met en valeur la flûte du Moscovite Dmitri Pintchouk. Tchaïkovski revient avec sa Nocturne, interprétée par Polina Tkhaï, une pianiste originaire de Novossibirsk. « En participant à des concours et des festivals, j’apprends à surmonter mon trac de jouer en public », explique-t-elle en quittant la scène.

Précocité

Véritables prodiges de précocité, certains participants, , ont déjà une longue carrière derrière eux malgré leur jeune âge. C’est par exemple le cas de Himari Yoshimura. À huit ans, cette violoniste japonaise a déjà reçu une trentaine de prix, et ses vidéos sont vues des centaines de milliers de fois sur YouTube. « Elle a commencé à jouer à trois ans, raconte la mère de la jeune musicienne. Chez nous, la musique est une affaire de famille. Son père est compositeur et je suis moi-même violoniste. Il nous arrive de jouer ensemble. » La jeune femme insiste toutefois sur les pénibilités du « métier » de prodige : « Himari doit répéter jusqu’à cinq heures par jour. Elle n’a pas le temps de se faire des copines. Ses meilleurs amis sont Rachmaninov et Chostakovitch », souligne-t-elle. Pour son numéro, la petite Japonaise avait choisi le Concerto pour violon no 1 en ré majeur de Paganini, sous la direction de Vladimir Spivakov.

La pianiste azerbaïdjanaise Laman Seyidova, 11 ans. Photo : Vestnik Kavkaza

« Quand je dirige des enfants, je suis doublement concentré. J’essaie d’être attentif à leurs réactions et de ne pas leur faire subir une trop forte pression. »

Le maestro explique laisser aux enfants le choix de l’œuvre qu’ils jouent lors du festival. Celui d’Himari – ainsi que son exécution – l’ont pour le moins étonné. « Vous trouverez difficilement deux enfants de son âge capables de faire la même chose », affirme le chef d’orchestre.

Des instruments de choix

Lors de chaque édition du festival, les violons et violoncelles des musiciens sont spécialement confectionnés par le maître luthier français Alain Carbonare et sa fille Mazarine, dont l’atelier se trouve en Lorraine, dans la petite ville de Mirecourt. Comme le veut la tradition, lors de la cérémonie de clôture, deux instruments sont offerts à des participants dont le nom est révélé au dernier moment.

« J’aime beaucoup me rendre à Moscou et participer à ce festival, commente le maître luthier. Je suis toujours impressionné par la capacité de Vladimir Spivakov à trouver des enfants aussi talentueux. Leur offrir des instruments n’est pas qu’un plaisir : c’est un grand honneur. »