Loin de la FIAC : les artistes russes en difficulté

Tandis que la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) bat son plein à Paris, l’industrie de l’art traverse une période difficile en Russie. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, l’État a pratiquement cessé de soutenir les peintres nationaux, et rares sont ceux qui réussissent à percer.

Pour les apprentis artistes, les difficultés commencent dès la fin du lycée. Les grandes écoles du pays – tels l’Institut moscovite d'État des Beaux-Arts Sourikov (MGAKhI) ou l’Institut d’architecture de Moscou (MARKhI) – recrutent sur examen d’entrée. Une fois cette étape franchie, encore faut-il avoir les moyens de s’inscrire. La première année coûte 471 000 roubles (6 610 euros), la sixième et dernière année, 206 000 roubles (2 890 euros). Le cursus revient, au total, à près de 25 000 euros.

Certes, les étudiants les plus prometteurs peuvent bénéficier d’une bourse couvrant leurs frais de scolarité, mais les places sont rares. « À la faculté de peinture sur panneau du MGAKhI, il y a généralement 17 candidats pour dix-neuf bourses », explique le peintre Mikhaïl Boldyrev, directeur d’un studio de dessin à Peredelkino, dans la banlieue de Moscou. Cette année, le MGAKhI n’a accepté que trente-quatre boursiers en option « Peinture » (sur un peu plus de quatre-vingts étudiants), seize en « Graphisme » (sur une trentaine) et huit en « Sculpture » (sur une quinzaine).

Séance peinture à l'Institut moscovite d'État des Beaux-Arts Sourikov (MGAKhI) de Moscou. newsmarhi.ru

Les études d’art entraînent également des dépenses annexes considérables. « Pour dessiner, il faut des modèles. Comme les établissements scolaires ne disposent pas des budgets nécessaires pour les engager, c’est aux étudiants qu’il revient de le faire », commente Mikhaïl Boldyrev. Lors de ses études au MGAKhi, le peintre demandait à des proches de poser pour lui. Ne pouvant compter sur le soutien financier de ses parents,

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Elena Grigorian et Ivan Petrov