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Jordanville : l’orthodoxie russe made in USA

Le monastère de la Sainte-Trinité, fondé il y a près de quatre-vingt-dix ans dans la petite ville de Jordanville, au nord de l’État de New York, est considéré comme le principal centre spirituel des Russes de l’étranger. Les fidèles l’appellent la « Laure hors-frontières », la plaçant au même rang que ces hauts lieux de l’orthodoxie que sont les Laures de la Trinité Saint-Serge et Saint-Alexandre-Nevski, en Russie, ou celles des Grottes de Kiev et de Potchaïv, en Ukraine. L’archimandrite Luka, son supérieur depuis plus de quarante ans, est issu d’une famille de Ruthènes émigrée aux États-Unis depuis l’Ukraine transcarpatique. Il répond aux questions du Courrier de Russie.

Le Courrier de Russie : Qu’est-ce que le monastère de la Sainte-Trinité de Jordanville signifie pour les Russes ?

Père Luka : Pour les orthodoxes – et pas seulement les Russes –, il s’agit d’abord d’un lieu de pèlerinage. On vient ici des quatre coins du globe. En ce moment, par exemple, nous recevons une délégation serbe de trente-cinq personnes. Nous organisons des visites sur le territoire du monastère, nous accueillons les pèlerins dans notre musée et nos cinq églises.

À l’époque des persécutions contre les orthodoxes en Union soviétique, nous éditions des livres. Notre imprimerie fonctionnait sans interruption – je me souviens du bruit des machines, jour et nuit –, pour produire des livres en russe, en slavon et en anglais. J’ai entendu dire qu’en Russie, les gens vivaient littéralement pour ces livres : beaucoup, là-bas, se rappellent, aujourd’hui encore, les « éditions de Jordanville ». La publication d’ouvrages religieux était alors la principale mission du monastère. Ils partaient secrètement pour l’URSS, dans des valises… je ne saurais vous dire précisément comment – par la mer, les airs ou même, d’une façon ou d’une autre, par la poste –, mais ils arrivaient toujours à destination. Naturellement, du point de vue de la loi soviétique, tout cela était parfaitement répréhensible. En URSS, les gens photocopiaient les livres, voire les recopiaient à la main : cela tenait vraiment du miracle !

LCDR : Vous poursuivez ce travail d’édition ?

Père Luka : Imprimer des livres en russe n’aurait plus de sens, actuellement. Nous pouvons nous faire envoyer de Russie absolument tout ce que nous souhaitons – y compris des livres que notre monastère avait publiés autrefois !

Nous éditons donc, désormais, principalement des livres en anglais, mais dans la tradition russe, selon les canons et à partir des sources de l’orthodoxie russe. En ce moment, par exemple, […]

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Dmitri Zlodorev, Washington

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