Le Courrier de Russie

Konstantin Tchaïkine, l’imagination au poignet

Montres illustrant le calendrier hébraïque ou musulman, incorporant un mécanisme de cinéma, où dont les aiguilles semblent flotter dans les airs… À la rencontre de Konstantin Tchaïkine, horloger autodidacte de génie, qui nous accueille dans son atelier au cœur d’une banlieue industrielle de Moscou.

Au sud de Moscou, dans l’une de ces anciennes banlieues industrielles que la ville a gobées, les barres d’immeubles impersonnelles alternent avec les friches industrielles où cohabitent à présent, de façon assez inattendue, des garages de réparation de voitures et des salons de beauté un peu glauques. L’atelier de Konstantin Tchaïkine y fait figure d’incongruité absolue. Dans une rue au trottoir trop étroit, obliquez à droite en contournant une barrière automatique, pataugez dans la gadoue sur un chemin de terre défoncé, débouchez sur un terrain vague rempli de carcasses de voitures… et vous tomberez nez-à-nez avec un coquet pavillon résidentiel de couleur jaune pâle. « Mettez des patins ! » vous houspille le garde à l’entrée, à peine le pas de la porte franchi. Drôle d’endroit pour celui qui est sans doute le meilleur horloger de Russie.

Konstantin Tchaïkine crée des choses étonnantes. […]