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Kouzma Petrov-Vodkine, l’icône rouge

Le Musée russe de Saint-Pétersbourg accueille actuellement une grande exposition consacrée au peintre et graphiste Kouzma Petrov-Vodkine, figure majeure de l’avant-garde russe. Près de deux cent cinquante œuvres issues des collections du Musée russe, de la galerie Tretiakov de Moscou, du musée de Khvalynsk, ville natale de l’artiste, ainsi que d’autres musées russes et de collections privées, y sont présentées à l’occasion du 140e anniversaire de la naissance du peintre.

Kouzma Petrov-Vodkine n’a pas été à l’honneur de beaucoup d’expositions personnelles, ni de son vivant ni après sa mort. La dernière exposition de ses œuvres, organisée de son vivant, remonte à 1936, soit trois ans avant sa mort. La suivante s’est tenue trente ans plus tard : en 1966, le Musée russe a présenté au public une rétrospective de ses œuvres. En 1978, le musée a célébré le centenaire du maître avec une nouvelle exposition.
Et voici que quarante ans plus tard les visiteurs du Musée russe ont de nouveau l’occasion d’apprécier la riche personnalité de ce grand artiste russe. L’exposition, qui se tient dans l’aile Benois, est composée de façon à ce que les visiteurs puissent admirer l’étendue de l’œuvre du peintre, de ses travaux d’étudiant à Paris à ses œuvres plus mûres, devenues des canons de l’art russe du XXe siècle, en passant par son engouement pour l’art italien de la Renaissance.

Un destin russe

Kouzma Petrov-Vodkine naît à Khvalynsk (région de Saratov) dans une famille de cordonniers. Il ne suit toutefois pas les traces de son père : sous l’influence de peintres d’icônes locaux, il se passionne pour le dessin. Après l’école secondaire, il poursuit ses études à Samara, où il s’inscrit à un cours de peinture et de dessin donné par le peintre Fiodor Bourov.
Avant la fin de ses études, Petrov-Vodkine retourne à Khvalynsk, où le destin lui donne un coup de pouce : les dessins du jeune talent attirent l’attention de l’architecte pétersbourgeois Robert Meltzer, qui prend le futur peintre sous son aile et l’emmène étudier à l’Académie d’art et d’industrie Stieglitz, à Saint-Pétersbourg.

Entre 1897 et 1900, Petrov-Vodkine étudie à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou, chez le peintre Valentin Serov. […]

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Natalia Chkourenok

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Le blocus de Leningrad :
une mémoire en déshérence

Il y a soixante-quinze ans s’achevait l’opération militaire la plus longue et la plus sanglante de la Seconde Guerre mondiale : la défense et la libération de Leningrad (nom de Saint-Pétersbourg entre 1924 et 1991), assiégée pendant 872 jours par la Wehrmacht. Si les monuments fleurissent encore aujourd’hui dans la ville martyre, aucun musée digne de ce nom n’y est consacré à l’événement.Janvier est un mois particulier pour les Pétersbourgeois : depuis des décennies, en ces journées parmi les plus froides de l’année apparaissent, dans toute la ville, des affiches rappelant l’anniversaire de la libération de Leningrad, le 27 janvier. Ce jour-là, aux traditionnelles commémorations – dépôt de fleurs sur les tombes des victimes du siège, rencontres avec des vétérans… – s’ajoute un feu d’artifice aussi émouvant que symbolique : pendant toute la guerre, les victoires soviétiques n’étaient saluées par un feu d’artifice que dans la capitale, Moscou. Leningrad bénéficia d’une autorisation spéciale pour sa libération.Le relais de la mémoireLa levée du blocus de Leningrad – comme le 9 mai, Jour de la Victoire –, n’est célébré que depuis le milieu des années 1960. Vingt ans après la fin de la guerre, des statues et des monuments ont commencé à apparaître dans la ville et ses environs.Le premier – et le plus célèbre – lieu de mémoire du siège est le cimetière Piskariovskoïé, ouvert en 1939 à la périphérie nord de la ville. Plus de 470 000 civils et plusieurs dizaines de milliers de soldats morts pour la ville y reposent… dans des fosses communes. En février 1945, les autorités avaient organisé un concours pour créer un monument à la mémoire des victimes du siège. Sa construction n’a toutefois commencé qu’en 1956, quatre ans avant son inauguration, le 9 mai 1960.À partir des années 1960 et 1970, monuments et plaques commémoratives parsèment la célèbre « Route de la vie », une voie de communication qui traverse le lac Ladoga et qui, du 12 septembre 1941 au mois de mars 1943, reliait Leningrad assiégée au reste du pays. Le long de cette route – sur l’eau en été, sur la glace en hiver –, les habitants exténués, affamés, étaient évacués, et croisaient des voitures apportant vivres, médicaments et munitions dans la ville. Les survivants du siège frissonnent à l’évocation de ce chemin qu’ils appelaient alors la « Route de la mort » : une ligne constamment sous le feu allemand, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

1 février 2019
Culture

Tsars et oligarques : Fabergé, une histoire russe

Avec le ballet classique, le « cocktail » matriochka-balalaïka-vodka et les avant-gardes, les œufs Fabergé constituent probablement le produit culturel russe le plus connu dans le monde. Le premier musée consacré au célèbre joaillier a ouvert ses portes il y a bientôt cinq ans, à Saint-Pétersbourg, dans le palais Chouvalov, au bord de la rivière Fontanka. Depuis, il ne désemplit pas.L’histoire du musée Fabergé commence en 2004, quand l’oligarque Viktor Vekselberg acquiert, pour une centaine de millions de dollars, l’intégralité de la collection d’art du milliardaire américain Malcolm Forbes. Vekselberg s’entend alors avec les héritiers du collectionneur (mort en 1990) qui s’apprêtent à la vendre aux enchères chez Sotheby’s. Une fois l’affaire conclue, il crée la fondation artistique et culturelle Sviaz vremion (« Le Lien des Temps »), destinée à accueillir les œuvres, et en confie la direction à son ami, Vladimir Vorontchenko.L’oligarque Viktor Vekselberg (à gauche), fondateur du musée Fabergé de Saint-Pétersbourg, examine l’une des créations du célèbre joaillier qu’il a achetée et ensuite léguée à la Fédération de Russie, février 2015. (Dmitry Lovetsky) À l’origine, la collection rachetée par Vekselberg compte deux cents pièces, dont neuf œufs de Pâques dessinés par Fabergé pour la maison impériale de Russie (sur les cinquante-deux œufs signés du joailler, quarante-deux sont aujourd’hui recensés dans le monde). Outre les œufs, Forbes avait réuni de très nombreux objets et accessoires de luxe créés par Fabergé : porte-cigares, poudriers, flacons de parfum, bonbonnières…Révolution et chaos politique obligent, le pays qui a fait la gloire du bijoutier ne conservait aucune de ses créations, du moins dans les collections privées.Mais l’oligarque – qui figure, depuis avril 2018, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

4 janvier 2019
Culture

Îles Solovki : L’archipel réenchanté

Surnommé « la perle du Nord russe », l’archipel des Solovki se situe dans la mer Blanche, près de la ville d’Arkhangelsk. Des avions relient celle-ci à la Grande Île des Solovki en quarante minutes. Vous pouvez aussi prendre un bateau à Kem, en Carélie : près de deux heures plus tard, un panorama sublime s’offrira à vous et vous pourrez admirer le monastère fortifié qui se dresse sur la rive de la baie de la Prospérité. Nature magnifique, histoire tragique et modernité dramatique : les trois s’entremêlent étroitement dans les îles Solovki, qui en font un trésor unique de la culture russe. « Les glaciers apparurent et disparurent, les blocs erratiques de granit s’entassaient, serrés autour des lacs ; les lacs gelaient dans la nuit d’hiver des Solovki, le vent faisait hurler les vagues, la mer ici se couvrait d’une purée d’aiguilles de glace, ailleurs était entièrement prise ; les aurores polaires illuminaient la moitié du ciel ; et il refaisait clair, et il refaisait chaud, et grandissaient, épaississaient les sapins, gloussaient et cacardaient les oiseaux, trompettaient les jeunes rennes : la planète tournait, emportant toute l’histoire du monde, les royaumes tombaient et naissaient, et ici il n’y avait toujours ni bête carnassière ni homme », écrit Alexandre Soljenitsyne dans son œuvre célèbre, L’Archipel du Goulag. Moine, soldats et détenus Site naturel unique, l’archipel des Solovki se compose de six grandes îles et de plus d’une centaine de petites. Aujourd’hui encore, on rencontre des écureuils, des lièvres et des rennes dans ses forêts. À différentes époques, on y a observé plus de 190 espèces d’oiseaux. Ses eaux abritent des phoques barbus, des phoques du Groenland et les fameux bélougas. « Dans la mer, on pêche… le fameux hareng des Solovki, qui se distingue par sa chair très tendre ; la seule fois où je l’ai goûté, j’ai pu me rendre compte que, malgré son mauvais salage, il était en effet incommensurablement meilleur que le hareng ordinaire », écrit dans ses carnets le père Paul Florensky (1882-1937), théologien et philosophe. « Entre 1923 et 1939, plus de 60 000 personnes ont été déportées aux Solovki : ouvriers, paysans, nobles, membres du clergé, officiers et soldats des Armées blanches, cosaques… » Les chasseurs et les pêcheurs se rendent sur ces îles depuis les temps les plus anciens. Au début du XVe siècle, des moines de Novgorod commencent à s’y installer. D’après la légende, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

5 octobre 2018

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