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Professeur de ballet russe au Rwanda

Larissa Tretiakova vit depuis quatorze ans au Rwanda, où elle enseigne le ballet à des enfants dans la seule école de danse classique du pays. Au Rwanda, l’art classique est parfaitement inconnu et inhabituel. Mais l’amour des pointes et de la musique de Tchaïkovski efface toutes les frontières. Reportage de Takie Dela.

En 2003, le mari de Larissa, ingénieur, part travailler au Rwanda pour une grande multinationale. Larissa reste en Russie avec leur fils de trois ans, le temps de voir si une vie au Rwanda est envisageable pour la petite famille.

Larissa se souvient de n’avoir eu aucune appréhension. Enfant, déjà, elle était fascinée par l’Afrique. Bientôt, elle part rejoindre son mari avec leur fils. Sur place, l’image qu’elle s’était faite du pays est comme chassée par le vent. Sa première idée est de prendre son enfant et de retourner en Russie. Le Rwanda, frappé en 1994 par une guerre civile et un génocide de cent jours durant lesquels près d’un million de civils furent massacrés, ne s’est pas encore relevé de ses ruines. Les Tretiakov décident finalement de rester au moins six mois, le temps de trouver leurs marques.

Un rythme de vie aux antipodes de l’agitation moscovite

La première année, ils vivent pratiquement sans électricité. Il leur est donc impossible de conserver de la nourriture chez eux. Chaque matin, Larissa va faire les courses. Quand l’électricité apparaît enfin, les problèmes d’eau commencent. Les Tretiakov collectent l’eau de pluie dans des bassines pour laver le sol et évacuer les eaux souillées. Le couple songe alors sérieusement à partir. Mais un an passe. Puis deux. Ensuite, Larissa donne naissance à une fille, et leur fils entre à l’école. Le couple vit aujourd’hui en Afrique depuis quatorze ans. Mais l’idée de rentrer en Russie « quand les enfants auront terminé leurs études » ne les a toujours pas quittés.

Pendant toutes ces années, la vie au Rwanda, en particulier à Kigali, la capitale, a fortement changé. Le pays se bâtit sous leurs yeux. Des routes de qualité apparaissent, ainsi qu’une multitude de nouveaux bâtiments, des magasins, des hôpitaux… Un cinéma a récemment ouvert ses portes. Bien qu’il reste encore énormément d’habitants pauvres et de quartiers défavorisés, le Rwanda est aujourd’hui le pays le plus propre et le plus tranquille d’Afrique, affirme Larissa. Surtout si on le compare au Congo voisin, où tous les bas-côtés sont ensevelis sous les ordures.

« Au Rwanda, arriver à un rendez-vous avec quinze minutes de retard, c’est se dépêcher. »

Le Rwanda est un pays montagneux, à la une végétation luxuriante et au climat agréable : les températures oscillent entre +15 et +32°C. On y trouve des bosquets d’eucalyptus, des massifs montagneux recouverts de forêts et le célèbre lac Kivu. Quarante variétés de bananes poussent dans le pays et servent à fabriquer toutes sortes de choses, de l’alcool aux bijoux.

La lenteur du rythme de vie se ressent particulièrement après l’agitation de Moscou et de Saint-Pétersbourg, où tout le monde court en permanence. Au Rwanda, arriver à un rendez-vous avec quinze minutes de retard, c’est se dépêcher. « Quand je vais en Russie, je fais toujours des gaffes les premiers jours, commente Larissa en riant. Pendant que je laisse passer tout le monde devant moi, le bus s’en va. Au Rwanda, on perd vite l’habitude de se bousculer et de se presser. »

Les habitants sont bienveillants. Dans la rue, il arrive qu’en entendant les Tretiakov parler russe, des Rwandais ayant étudié en Union soviétique s’approchent d’eux et se présentent.

De l’aneth chez le fleuriste

Au début, […]

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Traduit par Maïlis Destrée

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Biriouliovo,
cinq ans après les émeutes

Situé au sud de Moscou, le quartier de Biriouliovo est l’un des plus défavorisés de la capitale. En octobre 2013, le quartier a été secoué par des émeutes xénophobes, retransmises sur toutes les chaînes de télévision. Cinq ans après, Nikita Aronov est revenu sur les lieux pour la revue en ligne Moskvich Mag. Extraits.Le métro ne va pas à Biriouliovo. À partir de la station Oulitsa Akademika Ianguelia, située presque au terminus de la ligne grise, il faut encore marcher un kilomètre et demi jusqu’à la gare de Krasny Stroïtel, passer le pont et le guichet abandonné couverts de petites annonces – majoritairement des publicités pour des chaînes Telegram de revendeurs de drogue – et vous voici enfin arrivé.D’abord la zone industrielle. À droite, d’anciens entrepôts de légumes couverts de bâches en plastique jaune et bleu ; à gauche, les fumées de la centrale électrique s’élèvent vers le ciel. L’endroit sert de dépôt (ou de rebut) pour les camionnettes des services communaux. Une annonce peinte à même la palissade propose une petite maison à vendre près de Krasnodar (dans le sud de la Russie) : les habitants du quartier ayant pratiquement délaissé la zone, celle-ci emploie majoritairement des « provinciaux ».«  Seuls les immigrés acceptent les logements délabrés. Ils se mettent à plusieurs pour le loyer et emménagent ensemble. »Les habitations commencent à partir de l’allée Vostriakovski, constituée d’une série de cours identiques, séparées les unes des autres par des immeubles de huit étages. C’est ici qu’Egor Chtcherbakov, un habitant du quartier âgé de vingt-cinq ans, a été tué par un ressortissant azerbaïdjanais en octobre 2013. Ce meurtre avait été le point de départ d’émeutes parfois violentes [plusieurs milliers de manifestants plus ou moins pacifiques étaient descendus dans les rues, scandant des slogans tels que « la Russie aux Russes » et demandant des comptes aux autorités locales pour la montée de l’insécurité dans le quartier, ndlr].« Les événements de 2013 ? Quels événements de 2013 ? » feignent de s’interroger des jeunes du coin assis sous un porche, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 février 2019
Société

Vivre aux Kouriles et devenir Japonais

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe est attendu mardi 22 janvier à Moscou, pour une série d’entretiens cruciaux avec le président Vladimir Poutine sur les relations entre leurs deux pays. Au début du mois, le Japon et la Russie – qui n’ont pas signé de traité de paix à l’issue de la Seconde Guerre mondiale – ont entamé des négociations à ce sujet. Le sort des îles Kouriles du Sud, annexées par l’URSS en août 1945 et dont la souveraineté est revendiquée par Tokyo, en est la clef. Anticipant un hypothétique transfert, des Russes chercheraient à s’y installer afin, espèrent-ils, de devenir sujets de l’Empereur du Japon…« Cherche maison ou datcha en vente »… « Achète enregistrement de lieu de domiciliation. Budget : 50 000 roubles [660 euros] »… « Accepte parcelle ou logement gratuits (sic) à Chikotan [une des quatre Kouriles du Sud, ndlr] »… Sur la page consacrée à l’île sur VKontakte (le Facebook russe), les petites annonces de ce genre se comptent par dizaines. Les premières remontent à la déclaration du président russe Vladimir Poutine et du Premier ministre japonais Shinzo Abe, datant de novembre 2018, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 janvier 2019
Société

Les supporters, un défi pour les commerces et les restaurants de Moscou

Avec l’arrivée des fans de foot étrangers, les établissements du centre de Moscou sont l’objet de tournées d’inspection du Rospotrebnadzor, l’agence fédérale des services sanitaires. L’afflux extraordinaire de touristes entraîne un manque d’effectifs et des difficultés dans l’approvisionnement des restaurants, tandis que les supporters ont le plus grand mal à se faire comprendre du personnel russe. Malgré tout, restaurants, boutiques de souvenirs et magasins d’alimentation gagnent des sommes rondelettes. Nikita Kamitdinov, journaliste pour la revue d’affaires Inc., a interrogé les commerçants du centre-ville sur les difficultés occasionnées par ce déferlement de touristes. Le centre de Moscou, en particulier la rue Nikolskaïa, est saisie par la fièvre footballistique. On y entend à chaque instant des cris dans différentes langues (surtout en espagnol), de la musique et des conversations en mauvais anglais. Malgré la barrière linguistique, les supporters venus des quatre coins du monde n’hésitent pas à fraterniser et à se prendre en photo. Leurs clichés inondent les réseaux sociaux depuis plus deux semaines maintenant. Un Mexicain portant une petite queue de cheval et une épaisse barbe soigneusement entretenue tient dans sa main une bière « Tri Medvedia » [Les Trois Ours]. Il en boit une gorgée, regarde attentivement la bouteille et la photographie avec son téléphone. La bière étant le principal attribut des supporters, les patrons de tous les établissements de restauration se creusent les méninges pour en tirer le plus d’argent possible. « Dans leur enthousiasme, les supporters sont capables de causer des dégâts partout, et pas seulement dans les cafés et les restaurants. » La chaîne de restauration rapide KFC sert, par exemple, de la bière pression directement sur sa terrasse. Aujourd’hui, la queue, qui compte déjà une vingtaine de personnes, ne fait que s’allonger. Une pinte coûte 142 roubles (1,94 euro). « C’est gratuit, non ? Alors, qui en veut ? J’en achète trois ! » propose un homme portant un immense drapeau de la Russie. Des jeunes filles refusent en souriant l’offre généreuse. Les tables de la petite terrasse du restaurant Teremok sont jonchées de gobelets de bière en plastique. Pas de nourriture. Bien que les supporters aient déjà réussi à casser deux tables et à voler un pot de fleurs, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 juillet 2018

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