Que boire ? Hommage à Vénédict Erofeiev

Vénédikt Erofeiev (1938-1990) aurait aujourd’hui 80 ans. Auteur de quelques textes (dont les Carnets d’un psychopathe), il est considéré comme l’écrivain d’un seul livre, devenu culte en Russie et à l’étranger : Moscou-Pétouchki  (Moscou-sur-Vodka), écrit en 1969 et diffusé sous le manteau en URSS, jusqu’à la fin des années 80.

 

On savait, depuis Nicolas Gogol, que le désespoir pouvait faire rire. On sait, depuis le Moscou-Pétouchki (Moscou-sur-Vodka) de Vénédict Erofeiev, que le désespoir le plus noir peut faire hurler de rire. La parution en français, au cœur des années 1970, de ce texte qui, en Union soviétique, circulait sous le manteau, fut un choc. Pour les Russes, il devint rapidement un livre-culte, doublé d’un authentique chef-d’œuvre.

Vénédict Erofeiev précise d’emblée le genre de Moscou-Pétouchki : ce n’est pas un roman mais un poèma qu’il qualifie, en outre, de « tragique ». Dans la littérature russe, le poèma ressortit au chant, à l’épopée, au mythe. La chanson de Roland, Don Quichotte, L’Odyssée sont autant d’œuvres qui entrent dans cette catégorie. Sans oublier Les Âmes mortes de Gogol, que leur auteur, se fixant pour objectif de composer une Divine Comédie à la russe, définit précisément comme un poèma.

Une épopée en train de banlieue

Nous voici donc embarqués pour un voyage au cours duquel le héros sera notre Virgile. Vénia, Vénitchka (deux diminutifs familiers du prénom Vénédict) nous entraîne d’abord vers la gare de Koursk, à Moscou, d’où part le train de banlieue qui, en principe, nous conduira jusqu’à la bourgade de Pétouchki. Vénitchka doit y retrouver sa fiancée — sa « Reine » — et son fils, […]

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Anne Coldefy-Faucard

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Une histoire intime de la vodka

Evgueni Grichkovets est dramaturge, metteur en scène, comédien, musicien et écrivain. Il décrit son amour pour la vodka, dans un texte publié récemment par le site marmazov.ru et dont voici les meilleurs extraits...

9 mars 2018
Économie

La Russie dit adieu aux bouteilles de bière en plastique de +1,5l

Depuis le 1er juillet 2017, il est interdit en Russie de vendre de l’alcool dans des bouteilles en plastique de plus d’1,5l. La bière est la première concernée.  […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 juillet 2017
Société

Irkoutsk : boire de l’huile de bain et mourir

En décembre dernier, à Irkoutsk, plus de 70 personnes ont péri après avoir consommé de l’huile de bain à l’aubépine. De nombreux alcooliques, en Russie, ont en effet l’habitude de boire ce produit, qui contient de l’éthanol et coûte beaucoup moins cher qu’une bouteille de vodka bon marché. Pourtant, les flacons en question contenaient non de l’éthanol mais du méthanol, un alcool toxique provoquant le coma et la mort. Comment Irkoutsk se remet-elle de ce sombre épisode ? Un reportage de Lenta.ru. L’atmosphère est lourde, ces jours-ci, à Irkoutsk. Dans les cafés, les gens ne commandent plus de vodka, car « on ne sait jamais ce que pourrait contenir le verre ». Les façades des magasins et les salons des autobus sont placardés d’affiches : au-dessous de l’étiquette de l’huile de bain à l’aubépine Boyarychnik, désormais tristement célèbre, les formules « Poison », « Mortel », « Ne pas avaler » sautent aux yeux. Dans le quartier d’Akademgorodok, où a été enregistré, le 17 décembre dernier, le premier cas d’empoisonnement à l’huile Boyarychnik, tout est rentré dans l’ordre. Les alcooliques du coin se retrouvent toujours à leur lieu de rendez-vous habituel, sur un banc de la place centrale, derrière l’arrêt de bus. Juste à côté se trouve la pharmacie où ils achètent du Boyarychnik – le médicament alcoolisé pour le cœur, et non la lotion parfumée pour le bain qui a empoisonné une centaine de personnes. Le flacon coûte environ 20 roubles. Pour se le procurer, la bande a mis au point une technique simple : dès tôt le matin, ils déambulent autour de l’arrêt de bus en mendiant quelques pièces auprès des passants, soi-disant afin de se payer un ticket de bus. « Je vous serais reconnaissant d’accepter de m’accorder quelques minutes de votre temps », entament-ils, poliment. Ils racontent tous la même histoire : venus rendre visite à des amis, ils se sont fait agresser et dépouiller, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

27 janvier 2017