fbpx

Éloge du froid

« On nous annonce -27° dans quelques jours !

‒ Et alors ? Qu’est-ce qu’il vous faut de mieux ?

C’est l’hiver, le froid, la neige, le soleil… Super ! »

Entendu dans les rues de Moscou

En dépit de tous ses inconvénients – rues mal déblayées, glissantes, chauffages qui ne sont pas toujours à la hauteur, nécessité de se calfeutrer, de multiplier les couches de vêtements tel un chou ses feuilles –, l’hiver est globalement perçu, en Russie et dans l’imaginaire russe, comme positif. Depuis Alexandre Pouchkine et sa Tatiana, héroïne du roman en vers Eugène Onéguine, tout « Russe dans l’âme aime les hivers » de son pays.

Les habitants de contrées plus chaudes ou plus tempérées sont en droit de se demander les raisons de cette tendresse. Bien sûr, il y a le général Hiver qui, par deux fois au moins, a sauvé la Russie. C’est le froid qui a réduit à néant l’orgueilleuse armée de Napoléon. C’est encore lui qui a permis la victoire de Stalingrad, laquelle devait changer le cours de la Seconde Guerre mondiale. Mais à quel prix humain !

Et cela n’explique pas pourquoi Tatiana, délicieux idéal féminin du poète, « aimait les hivers de Russie ».

La tourmente

L’hiver russe, c’est aussi – et sans doute avant tout – la neige et… la tempête de neige. La langue russe dispose d’un nombre invraisemblable de mots pour désigner ce que le français appelle piteusement, faute de munitions lexicales : la « tempête de neige » ou, à la rigueur : la « tourmente ». […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Anne Coldefy-Faucard

Dernières nouvelles de la Russie

Le Courrier de Russie littéraire

Médocs et cuisine

Médocs et cuisine (À propos de Sérotonine de Michel Houellebecq et de Manaraga de Vladimir Sorokine)Au moment de la parution de Soumission, il y a exactement quatre ans, il n’était pas inintéressant de se pencher sur d’éventuels points de contact entre cette œuvre de Michel Houellebecq et le roman Telluria de Vladimir Sorokine, sorti en russe quelque deux ans plus tôt1. A priori, la tâche semblait vaine, les deux écrivains différant par leur style, leur histoire, leurs personnalités… Ils ont néanmoins plusieurs traits essentiels en commun : une vision distanciée des évolutions du monde (un monde plus français pour Houellebecq, nettement plus large pour Sorokine) et une redoutable intuition. N’est-ce pas là la marque d’une « vraie » littérature de plus en plus rare ?Par Anne Coldefy-FaucardQuatre ans plus tard, Michel Houellebecq publie Sérotonine2. Deux ans auparavant, Vladimir Sorokine a publié en russe Manaraga3. La répétition de ce calendrier relève sans doute de la pure coïncidence. Mais pourquoi ne pas se poser, aujourd’hui, la même question que pour les précédentes parutions de ces deux écrivains majeurs ?Deux errancesDeux héros, deux errances. L’ un, Florent-Claude Labrouste, quarante-cinq ans, est un ingénieur-agronome en contrat avec le ministère français de l’Agriculture. Il fonctionne aux médocs, notamment au Captorix, un antidépresseur qui « libère » la sérotonine ‒ la molécule du bonheur. Mais, du jour au lendemain, Florent-Claude Labrouste abandonne tout ce qui fait sa vie et part – cas de figure assez fréquent dans les romans de Houellebecq. Commence alors une sorte de tour de France – la France contemporaine.L’autre héros, Gueza, trente-trois ans, est né à Budapest, d’un père juif de Biélorussie et d’une mère tatare polonaise, réfugiés en Hongrie. Nous sommes aux environs de 2050, après diverses révolutions islamiques et une guerre qui ont ravagé l’Europe. Errance, donc, dès la naissance, renforcée par l’activité professionnelle de Gueza : il est un cuisinier reconnu, tant et si bien qu’il ne travaille plus que sur demande, dans le monde entier. Un cuisinier un peu particulier, nous y reviendrons.L’errance du héros de Houellebecq lui fait parcourir une France en pleine décrépitude, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

15 mars 2019
Culture

Houellebecq / Sorokine :
Médocs et cuisine

Au moment de la parution de Soumission, il y a exactement quatre ans, il n’était pas inintéressant de se pencher sur d’éventuels points de contact entre cette œuvre de Michel Houellebecq et le roman Telluria de Vladimir Sorokine, sorti en Russie quelque deux ans plus tôt*. A priori, la tâche semblait vaine, les deux écrivains différant par leur style, leur histoire, leurs personnalités… Ils ont néanmoins plusieurs traits essentiels en commun : une vision distanciée des évolutions du monde (un monde plus français pour Houellebecq, nettement plus large pour Sorokine) et une redoutable intuition. N’est-ce pas là la marque d’une « vraie » littérature de plus en plus rare ?Aujourd’hui, Michel Houellebecq publie Sérotonine**. Deux ans auparavant, Vladimir Sorokine a publié (en russe) Manaraga***. La répétition de ce calendrier relève sans doute de la pure coïncidence. Mais pourquoi ne pas se poser, aujourd’hui, la même question que pour les précédentes parutions de ces deux écrivains majeurs ?Deux errancesDeux héros, deux errances. L’un, Florent-Claude Labrouste, quarante-cinq ans, est un ingénieur-agronome en contrat avec le ministère français de l’Agriculture. Il fonctionne aux médocs, notamment au Captorix, un antidépresseur qui « libère » la sérotonine ‒ la molécule du bonheur. Mais, du jour au lendemain, Florent-Claude Labrouste abandonne tout ce qui fait sa vie et part – cas de figure assez fréquent dans les romans de Houellebecq. Commence alors une sorte de tour de France – de la France contemporaine.L’autre héros, Gueza, trente-trois ans, est né à Budapest, d’un père juif de Biélorussie et d’une mère tatare polonaise, réfugiés en Hongrie. Nous sommes aux environs de 2050, après diverses révolutions islamiques et une guerre qui ont ravagé l’Europe. Errance, donc, dès la naissance, renforcée par l’activité professionnelle de Gueza : il est un cuisinier reconnu, tant et si bien qu’il ne travaille plus que sur demande, dans le monde entier. Un cuisinier un peu particulier, nous y reviendrons.L’errance du héros de Houellebecq lui fait parcourir une France en pleine décrépitude, paumée, comme l’est Florent-Claude, lancé dans ce qui est pour lui une équipée de la dernière chance.L’errance de Gueza lui est, outre les nécessités de sa profession, en quelque sorte consubstantielle : il est, deux générations plus tard, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

11 janvier 2019
Société

C’est (encore) Noël !

« C’est Noël dans toute la maison. Ça sent bon le parquet ciré, l’encaustique, le sapin. On a éteint les lampes mais toutes les veilleuses [les veilleuses d’icônes] brûlent. Les poêles ronflent et crépitent. […] Les vitres sont complètement gelées. […] Dans le fond du salon, le sapin se dessine, masse sombre et mystérieuse, tout nu encore, et pourtant déjà différent de celui acheté au marché. La flamme pourpre de la veilleuse palpite à peine au travers, telle une étoile dans la forêt… Mais demain !…* »Demain, ou plutôt après-demain pour 2019, soit le 6 janvier au soir et le 7 toute la journée, c’est Noël orthodoxe en Russie, le calendrier julien – et non grégorien – rythmant la vie religieuse. Une semaine plus tard, on fêtera « l’ancien Nouvel An ».Ce « Noël russe », perdu avec la Russie de son enfance, Ivan Chmeliov (Moscou 1873-Paris 1950) le raconte à son petit neveu qui, né en émigration, ne connaît pas ce pays et semble n’avoir, à l’époque en tout cas, aucune chance de le connaître un jour.Du cerisier au sapinAvant la conversion de la Russie au christianisme (Xe siècle), […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

4 janvier 2019

Vous êtes actuellement hors ligne