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V. Yankilevsky : « Il n’y aura jamais assez de faits pour tout expliquer, mais il y en a plus qu’assez pour tout pressentir »

Le peintre russe Vladimir Yankilevsky a accordé en juin 2011 une interview à la revue culturelle russe en ligne Stengazeta.net. Il y revient sur la façon dont son expérience moscovite initiale a imprimé tout son travail futur et sur ce qui distingue l’art contemporain du design sans vie.

On dit que vous vivez « entre Paris, Moscou et New-York ». Comment cela se passe, concrètement ?

Vladimir Yankilevsky : Le terme « entre » manque de précision. En réalité, je vis principalement à l’intérieur de moi-même, et le milieu dans lequel je me trouve peut être propice ou non à la vie : si l’on entend, par « vie », non seulement « l’échange de matières », mais aussi la possibilité d’un échange d’idées.

De ce point de vue, Moscou est indéniablement mon milieu d’origine, natal – un milieu qui, certes, n’était pas idéal du point de vue de l’ « échange de matières », mais qui, sur tous les autres plans, m’a donné une échelle de représentation de l’existence, incluant le drame du conflit entre l’individu et la société mais aussi l’expérience de la vie à l’intérieur de ce conflit. Ainsi, après cette expérience moscovite, j’étais totalement préparé à vivre n’importe où. Mais j’ai aussi toujours eu une distance à tout, comme un regard de loin, extérieur.

L’ensemble de votre travail, depuis 50 ans, fait l’effet d’un tout, d’un ensemble quasi monolithique. Des éléments nouveaux apparaissent, mais ils semblent être des modulations d’une seule et même intonation, et non des changements dans le récit… Dans le grand texte de votre œuvre, y a-t-il, selon vous, des tournants importants ?

V.Y. : Je pense que depuis l’origine, depuis l’enfance -et peut-être même avant-, […]

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Stengazeta.netTraduit par Julia Breen