Alexandre Soljénitsyne durant son exil aux États-Unis. Crédits : Image d'archives

Soljénitsyne : l’intégrale de la Roue rouge enfin en français

Les lecteurs francophones assidus, fanatiques (au bon sens du terme), de la Roue rouge d’Alexandre Soljénitsyne sont comblés : les éditions Fayard viennent de publier (décembre 2017) le dernier volume de cet immense cycle historique : « Avril 17 », tome II.

La Roue rouge, qualifiée par l’auteur de « Récit en segments de durée », s’ouvre par « Août 14 » et le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Suit l’énorme volume de « Novembre 16 », période durant laquelle, de fait, il ne se passe à peu près rien, sinon que, sur le front russe, l’approvisionnement en armes et en munitions se fait de plus en plus irrégulier et que, dans la capitale impériale, Saint-Pétersbourg, la colère gronde, les vivres venant à manquer. Ce sont alors les quatre volumes de « Mars 17 », correspondant à la révolution de Février – LA révolution russe, Octobre 17 n’ayant été qu’un coup d’État ‒, qui transforme l’empire de Russie en république dotée d’un Gouvernement Provisoire. Restent, pour achever le cycle, les deux volumes d’ « Avril 17 » sur lesquels nous reviendrons. Au total plusieurs milliers de pages dont la traduction a pris une trentaine d’années et pour la publication desquelles il faut saluer ce grand éditeur que fut Claude Durand (Fayard) et son assistante, Hélène Guillaume, qui connaît aujourd’hui « son Soljénitsyne » mieux que beaucoup de spécialistes. […]

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Anne Coldefy-Faucard

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Le Komsomol, « entre amour et printemps »

Le Komsomol [Union des jeunesses léninistes communistes] fête son centenaire. Le journal Moskovski komsomolets a interviewé à cette occasion un des anciens leaders de l’organisation, Viatcheslav Kopiov (64 ans). Le Courrier de Russie reprend les passages clefs de cet entretien. Moskovski komsomolets : Quelles sont pour vous les réussites les plus significatives du Komsomol ? Viatcheslav Kopiov : La jeunesse soviétique a pris une part active à de nombreuses réalisations importantes pour l’histoire et l’évolution de notre pays : la mise en valeur des terres vierges, la participation à de grands chantiers comme la construction de la ligne de chemin de fer Baïkal-Amour (BAM)… Sans oublier, bien sûr, la Grande Guerre patriotique [la Seconde Guerre mondiale, ndlr], au cours de laquelle, durant quatre années terribles, les sections du Komsomol ont joué un rôle essentiel dans la défense de la Patrie et la défaite de l’ennemi. C’est, à n’en pas douter, l’une des actions de cette organisation les plus dignes de respect et qui méritent le plus d’être commémorées. Si l’on considère, à présent, le Komsomol de Moscou, sa participation à la construction des premières lignes du métro de la capitale, dans les années 1930, est particulièrement significative. Dans tous ces cas de figure et bien d’autres, les jeunes se sont attelés à résoudre des problèmes vitaux pour le pays. Je le formulerais ainsi : le Komsomol a été, en premier lieu, un mécanisme aidant efficacement à réaliser des tâches d’envergure. « Le Komsomol aidait les jeunes, garçons et filles, à se trouver eux-mêmes dans ce processus de lutte pour le bonheur, la réussite. » M.K. : Quelles qualités le Komsomol développait-il réellement chez les individus ? […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

5 novembre 2018
Opinions

Steinbeck et Capa chez les Soviets

En juillet 1947, l’écrivain John Steinbeck et le photographe Robert Capa prennent l’avion à Paris pour se rendre en URSS, où ils ont été autorisés à réaliser un reportage. En 1940, le premier a reçu le prix Pulitzer pour Les raisins de la colère, et le second vient de créer avec d’autres, dont Henri Cartier-Bresson, l’agence Magnum. Leur voyage est financé par le New York Herald Tribune, qui en publie dans ses colonnes le compte rendu et les clichés durant la seconde quinzaine de janvier 1948. La même année, l’écrivain tire un livre de ce séjour, qui paraît – avec les photos de Capa – sous le titre : A Russian Journal. Un an plus tard, Gallimard en édite la version française (y compris les photos), intitulée Journal russe, dans une traduction de Marcel Duhamel. D’emblée, les deux hommes annoncent la couleur : ils ne veulent pas rester dans la capitale soviétique. Ils veulent voir le pays, se faire une idée de la vie dans les campagnes. C’est là que commencent les problèmes : ils sont censés réaliser le premier reportage « libre » dans l’URSS de l’immédiat après-guerre, mais ils ne tardent pas à comprendre qu’il faut des autorisations pour tout (pour prendre des clichés, pour sortir de Moscou…) et que la bureaucratie est « aussi lente qu’à Washington ». En outre, la méfiance des autorités soviétiques est grande envers les Américains, même si les romans de Steinbeck sont appréciés. Pour finir, après quelques jours de découragement pour les deux voyageurs, les choses s’arrangent. Il va sans dire, néanmoins, qu’ils seront dûment chaperonnés partout où ils iront, notamment par un colonel répondant au nom de Dentchenko. « Le regard de plâtre, de bronze, peint ou brodé de Staline » En quarante jours, Steinbeck et Capa parcourent le pays, de Moscou en Géorgie, en passant par Kiev et Stalingrad, qui n’est pas encore devenue Volgograd. Staline est toujours aux commandes (jusqu’en mars 1953), la déstalinisation et la dénonciation du culte de la personnalité n’adviendront qu’en 1956. Staline est partout : immenses portraits à l’huile, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 octobre 2018
Opinions

« Je n’aurais pu imaginer pareille ville sur terre »

Il faut régulièrement ranger sa bibliothèque, ce qui n’a rien d’une tâche agréable : on mange sa ration de poussière, on attrape des courbatures en passant des rayonnages du haut à ceux du bas et retour, on gaspille un temps fou à se demander quel nouvel ordre adopter : par langues ? siècles ? alphabétique ?… Régulièrement, disions-nous… Tout dépend de l’ampleur de la bibliothèque, ainsi que des loisirs et du courage dont on dispose. Il y a, toutefois, un signe qui ne trompe pas : le moment où on ne trouve pas un livre dont on a un besoin urgent et où, de désespoir, on en vient à envisager d’en acheter un nouvel exemplaire. Là, des mesures d’urgence s’imposent. L’avantage majeur du rangement de bibliothèque (il faut bien qu’il y ait quelques bons côtés) est la redécouverte de perles rares qu’on avait complètement oubliées. Cette chronique a pour objet d’en présenter quelques-unes. « Je n’aurais pu imaginer pareille ville sur terre » Chacun a entendu parler de l’écrivain norvégien Knut Hamsun (1859-1952), prix Nobel de littérature 1920, auteur adulé dans son pays jusqu’à son soutien au nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale, qui lui vaut de sérieux ennuis à la fin du conflit et une mise à l’index partout en Europe. À partir des années 1970, les éditions Calmann-Lévy, à Paris, entreprennent, en dépit de virulentes protestations, d’éditer ou de rééditer la quasi-totalité de son œuvre, estimant, à juste titre, que Hamsun est, malgré tout, un très grand écrivain. Tout cela est bien connu. Ce qui l’est moins, c’est le voyage effectué en 1899 par le même Knut Hamsun à travers la Russie, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 septembre 2018