Un design suprématiste pour promouvoir la Russie à l’étranger

Au terme d’un concours national qui aura duré deux ans, l’Agence fédérale du tourisme vient de dévoiler la nouvelle identité visuelle de la Russie. Un design qui rend hommage aux maîtres de l’art russe du début du XXe siècle et qui doit permettre au pays de se positionner, à l’issue de la Coupe du monde 2018, comme une destination touristique de premier plan.

À quoi pensent les étrangers quand ils entendent le nom « Russie » ? Quelle image a votre pays auprès des touristes ? Voici quelques-unes des questions posées par l’Agence fédérale du tourisme et l’Association des entreprises de branding en Russie aux designers russes dans le cadre d’un concours national en 2015. […]

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Manon Masset

Dernières nouvelles de la Russie

Société

#ChessIsSexy : le logo russe qui excite le monde des échecs

Conçu par des designers moscovites, un des emblèmes du championnat du monde d’échecs 2018 fait le buzz depuis sa publication. La raison ? Un sous-entendu un peu trop « sexy ». Les organisateurs du tournoi jubilent. Chronique d’une provocation réussie.

22 janvier 2018
Société

Avant-garde russe : passion et liberté

Qu’est-ce que l’architecture de la première période soviétique a de remarquable, et pourquoi les architectes occidentaux de l’époque faisaient-ils le pèlerinage jusqu’en URSS ? Récit à la première personne d’Alexandra Selivanova, directrice du Centre d’avant-garde à Moscou. L’explosion de la révolution d’Octobre 1917 a touché tous les domaines de l’art en Russie et a représenté un tournant dans l’histoire du monde. Des artistes et des architectes se sont vu confier des projets d’une ampleur gigantesque. Sont arrivés dans l’art des gens qui n’avaient pas de formation spécialisée mais étaient des passionnés et des intrépides. Et cette passion et cette liberté qui étaient les leurs se voyaient décuplées par l’idée que l’URSS était le premier pays du monde à construire une nouvelle société et une nouvelle culture. Rapidement, grâce à leur travail, l’art de l’avant-garde soviétique est devenu une référence, déterminant absolument tout ce qui se faisait dans le monde à l’époque. En fait, même aujourd’hui, un siècle plus tard, les idées, visions et découvertes de l’avant-garde n’ont toujours pas été étudiées dans leur pleine mesure. De nombreux architectes occidentaux sont venus travailler en URSS Au début des années 1920, l’URSS a construit à une échelle sans précédent : on érigeait partout des usines, des logements pour les ouvriers et toute l’infrastructure qui allait avec. Et, dans ce contexte, les architectes soviétiques avaient véritablement carte blanche ; ils disposaient de possibilités sans comparaison avec celles, bien plus modestes, de leurs confrères occidentaux à la même époque. Rien d’étonnant, donc, à ce que ces derniers soient massivement venus travailler en URSS. Ils avaient ici l’opportunité de réaliser leurs idées à l’échelle de villes entières, de tout un pays. Ce n’est pas un hasard si la première grande commande publique de Le Corbusier, l’immeuble du Centrosoyouz, a été réalisée à Moscou. Des brigades d’architectes néerlandais et allemands ont bâti en Union soviétique des villes – Orsk, Novokouznetsk, Magnitogorsk, Kemerovo, Tcheliabinsk, Makeïevka – et des complexes immenses de nouveaux quartiers : Avtostroï à Gorki (Nijni Novgorod), les nouveaux quartiers de Nijni Taguil, etc. L’équipe d’Ernst May, ancien architecte principal de Francfort, a notamment réalisé des ensembles de logements à Magnitogorsk, Stalinsk (actuelle Kouznetsk), Leninsk, Prokopievsk, Stalingrad (actuelle Volgograd) et dans plusieurs villes de Sibérie. La nouvelle architecture devait créer la société nouvelle Ces architectes soviétiques et occidentaux ont mis au point et développé un style novateur, baptisé fonctionnalisme en Occident, et, en URSS, constructivisme, pour l’école de l’OSA (le Syndicat des architectes contemporains, qui réunissait notamment Moïsseï Ginzbourg, les frères Vesnine et Ivan Leonidov), et rationalisme, pour celle de l’ASNOVA (Association des nouveaux architectes ; Nikolaï Ladovski et Vladimir Krinsky). Par leurs constructions, ces architectes voulaient aussi faire la démonstration des possibilités qu’offraient les nouveaux matériaux et les nouvelles technologies. Moïsseï Ginzbourg, devenu un des pères fondateurs du constructivisme dans l’URSS après avoir étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Paris et à l’École d’architecture de Toulouse, disait : « L’aéroplane est un objet magnifique en soi, mais si on lui accroche des décorations, il ne peut plus s’envoler. L’architecture doit être construite comme un aéroplane : il ne doit y avoir en elle rien de superflu, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

2 octobre 2017
Culture

Une carte de Moscou pour la mise en valeur de son patrimoine constructiviste

Le studio de design Baklažanas vient de sortir une carte de la Moscou constructiviste, qui répertorie 180 monuments. Un bel hommage à un héritage qui peine toujours à obtenir une reconnaissance nationale. Dans le film soviétique culte de 1938 Moscou la nouvelle, le personnage principal, un artiste peintre, regrette que les immeubles soient rasés les uns après les autres – avant qu’il n’ait eu le temps de les mettre sur toile. Une frustration que les créateurs de la nouvelle carte de Moscou version constructiviste comprennent aisément. La capitale russe conserve très peu de monuments d’architecture avant-gardiste des années 1920 – et, pire encore, il en disparaît quasiment chaque jour. « Nous ne pouvons pas arrêter la démolition entreprise au profit des grands groupes immobiliers, mais nous pouvons immortaliser ces monuments sur une carte. Et c’est ce que nous avons décidé de faire », affirment Irina Goriacheva et Alexandre Koutsenko, fondateurs du studio de design Baklažanas. Les jeunes gens se sont attelés à la tâche l’été dernier, après avoir assisté, impuissants et fous de rage, aux scènes de démolition du central téléphonique Taganskaïa, en mai, et du quartier avant-gardiste de la rue Pogodinskaïa, en juin. Les groupes immobiliers Lider Invest et Donstroï ont fait raser ces bâtiments pour construire, à la place, un hôtel et des logements de prestige. « Ça a été un choc ! », confient Irina et Alexandre. Sensibles et cultivés, les jeunes gens expliquent ne pas comprendre comment on peut mépriser les monuments du constructivisme, « ce mouvement qui a fondé le design et toute l’architecture contemporaine », insiste Alexandre. Aliocha assiste à la démolition d’immeubles constructivistes dans le film Moscou la nouvelle :Un bel objet Les designers mettent seulement trois mois à créer leur carte de la Moscou constructiviste, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

24 novembre 2016