Vladimir Sorokine. Crédits : archive.li

Être écrivain en Russie : un travail de sape

Génial, pornographe, styliste hors pair, scato, tels sont quelques-uns des qualificatifs appliqués, depuis une bonne trentaine d’années, à Vladimir Sorokine et à son œuvre. On le voit, si l’écrivain ne fait pas l’unanimité, il ne laisse pas indifférent.Il est vrai que Vladimir Sorokine n’a pas son pareil pour mettre le doigt là où « ça fait mal ». Et avec brio, d’où la violence de ses détracteurs. Dès son premier livre, La Queue, paru en français dans les années 1980 (et qui reparaîtra dans une nouvelle traduction en 2018,

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Anne Coldefy-Faucard

Dernières nouvelles de la Russie

Le festin rêvé
de la diplomatie russe

L’image de festins grandioses, de fêtes merveilleuses comme on n’en voit que dans les contes, est rarement associée à la Russie par les étrangers. À tort. Les contes populaires russes ne parlent, au fond, que de repas pantagruéliques - des épreuves culinaires imposées par la sorcière Baba Yaga aux malheureux qui s'aventurent chez elle, jusqu'aux noces somptueuses du tsarévitch et de la belle Vassilissa.

 

15 août 2019

Au pays de l’illusion

Ne croyez rien de ce que vous montre la perspective Nevski, écrivait Nikolaï Gogol, elle ment tout le temps ! La perspective Nevski étant le cœur même de Saint-Pétersbourg, il n’était pas difficile d’en déduire que la capitale impériale mentait, elle aussi, en permanence, qu’elle n’était qu’une illusion susceptible de disparaître à tout instant, comme par enchantement.

 

Crédits Image : « Vos murs nous appartiennent. » Artiste : Pokras Lampas. Ekaterinbourg.13 août 2019

Médocs et cuisine

Au moment de la parution de Soumission, il y a exactement quatre ans, il n’était pas inintéressant de se pencher sur d’éventuels points de contact entre cette œuvre de Michel Houellebecq et le roman Telluria de Vladimir Sorokine, sorti en russe quelque deux ans plus tôt1. A priori, la tâche semblait vaine, les deux écrivains différant par leur style, leur histoire, leurs personnalités… Ils ont néanmoins plusieurs traits essentiels en commun : une vision distanciée des évolutions du monde (un monde plus français pour Houellebecq, nettement plus large pour Sorokine) et une redoutable intuition. N’est-ce pas là la marque d’une « vraie » littérature de plus en plus rare ?

 

15 mars 2019