L’apocalypse de notre temps. Que lire sur la révolution de 1917 ?

Les festins en littérature – les Français, gourmands et gourmets, connaissent. Mais la littérature russe regorge elle aussi de repas ‒ pantagruéliques ou plus modestes. Dans sa nouvelle chronique pour Le Courrier de Russie, Anne Coldefy-Faucard, éditrice et traductrice de Gogol et Sorokine, s’attachera, deux fois par mois, à un livre particulier. Elle y traquera tout ce qui concerne la nourriture, en donnant éventuellement des recettes. Le lecteur trouvera ainsi à s’y nourrir à la fois l’âme et le corps !Entre 1917 et 1919, Vassili Rozanov (1856-1919), philosophe, écrivain, rédige, partout où il le peut, y compris sur les semelles de bois de ses chaussures quand la pénurie de papier se fait par trop sentir, des notes et pensées. Ses amis les rassembleront après sa mort et, sous le titre L’apocalypse de notre temps*, les feront paraître en 1922, à Berlin.Le lecteur aura d’ores et déjà compris que cette première chronique – centenaire de la révolution russe oblige – ne le fera guère saliver et ne comptera pas parmi les plus jubilatoires.

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Anne Coldefy-Faucard

Dernières nouvelles de la Russie

Le festin rêvé
de la diplomatie russe

L’image de festins grandioses, de fêtes merveilleuses comme on n’en voit que dans les contes, est rarement associée à la Russie par les étrangers. À tort. Les contes populaires russes ne parlent, au fond, que de repas pantagruéliques - des épreuves culinaires imposées par la sorcière Baba Yaga aux malheureux qui s'aventurent chez elle, jusqu'aux noces somptueuses du tsarévitch et de la belle Vassilissa.

 

15 août 2019

Au pays de l’illusion

Ne croyez rien de ce que vous montre la perspective Nevski, écrivait Nikolaï Gogol, elle ment tout le temps ! La perspective Nevski étant le cœur même de Saint-Pétersbourg, il n’était pas difficile d’en déduire que la capitale impériale mentait, elle aussi, en permanence, qu’elle n’était qu’une illusion susceptible de disparaître à tout instant, comme par enchantement.

 

Crédits Image : « Vos murs nous appartiennent. » Artiste : Pokras Lampas. Ekaterinbourg.13 août 2019

Médocs et cuisine

Au moment de la parution de Soumission, il y a exactement quatre ans, il n’était pas inintéressant de se pencher sur d’éventuels points de contact entre cette œuvre de Michel Houellebecq et le roman Telluria de Vladimir Sorokine, sorti en russe quelque deux ans plus tôt1. A priori, la tâche semblait vaine, les deux écrivains différant par leur style, leur histoire, leurs personnalités… Ils ont néanmoins plusieurs traits essentiels en commun : une vision distanciée des évolutions du monde (un monde plus français pour Houellebecq, nettement plus large pour Sorokine) et une redoutable intuition. N’est-ce pas là la marque d’une « vraie » littérature de plus en plus rare ?

 

15 mars 2019