fbpx

Les marques russes à l’assaut du marché de la mode

Ces dernières années, le marché russe a observé l’apparition d’une dizaine de marques nationales de vêtements et d’accessoires. Parmi elles : Usta k ustam, Oh, my, I am studio et Buttermilk Garments. Si certaines se spécialisent dans la lingerie, les pulls ou les bijoux d’auteur, les autres voient plus grand et proposent à leurs clients un vaste assortiment allant des vêtements d’extérieur aux robes et petits hauts. Et, peu à peu, les marques russes deviennent concurrentielles par rapport aux fabricants étrangers.

La crise au secours des stylistes

Le « made in Russia » acquiert de plus en plus de valeur, est persuadée Anna Lebsak-Kleimans, directrice générale de Fashion Consulting Group (FCG). En effet, selon une étude menée par FCG, une consommatrice russe aux revenus moyens qui se verrait proposer plusieurs blouses en coton ne se distinguant que par leur pays d’origine choisira d’abord celles italienne et allemande, ensuite russe et turque, et, en dernier lieu, chinoise.

Auparavant, le vêtement russe n’était sélectionné qu’à contrecœur. L’offre naît de la demande : selon Denis Mantourov, ministre de l’industrie et du commerce, sur les neuf premiers mois de 2016, la croissance de la production de vêtements dans le pays s’est élevée à 4 % et celle de chaussures à 6,4 %. D’après les données du Front populaire panrusse, les ventes d’habits d’origine russe ont augmenté de 11 % en 2015 par rapport à l’année précédente.

Andreï Razbrodine, président de l’Union russe des entrepreneurs de l’industrie textile et légère (Soïouzlegprom), explique cette évolution par la baisse des importations, due à la dévaluation du rouble, et par l’émergence d’une production russe de qualité. Des propos que viennent confirmer les faits : ces dernières années se sont en effet révélées difficiles pour les détaillants de mode étrangère. Plusieurs marques milieu de gamme ont ainsi quitté le marché russe, dont River Island, New Look, Esprit et American Eagle Outfitters.

Sur fond de dévaluation du rouble, le marché de masse étranger est devenu plus cher, ce qui oblige les consommateurs russes à revoir leurs dépenses. Pour Oxana Kojina, manager senior du département de conseil fiscal et juridique chez Deloitte, l’une des principales exigences des consommateurs russes aujourd’hui en matière d’habillement est que les articles soient bon marché et d’une qualité convenable. Si, avant la crise, seules des marques étrangères proposaient un tel rapport qualité-prix, c’est désormais aussi le cas d’une série de stylistes russes.

D’après les experts, la production russe n’est pas seulement appréciée de certains amateurs de mode. Pour Anna Lebsak-Kleimans, grâce à la politique de substitution aux importations et à la vague montante de patriotisme, le niveau de confiance et l’intérêt vis-à-vis du « made in Russia » ont également augmenté chez les responsables des achats. Mais la crise, la dévaluation de la devise nationale et les sentiments patriotiques ne sont pas les seules raisons pour lesquelles les Russes se tournent désormais davantage vers la production de leurs compatriotes.

Pour Assia Sporykhina, styliste et fondatrice de la marque moscovite Intro.version, qui réinvente les vêtements du quotidien, les consommateurs cherchent aujourd’hui quelque chose de nouveau alliant confort et originalité. « Des femmes fatiguées par le marché de masse viennent chez nous en quête de fraîcheur et de créativité. Elles ne recherchent pas l’ostentation, mais apprécient l’expressivité et la qualité », estime Assia Sporykhina.

Pour un grand nombre des stylistes que nous avons interrogés, un moyen efficace d’attirer la clientèle est de se concentrer sur le caractère unique du produit. […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Traduit par Maïlis Destrée

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Biriouliovo,
cinq ans après les émeutes

Situé au sud de Moscou, le quartier de Biriouliovo est l’un des plus défavorisés de la capitale. En octobre 2013, le quartier a été secoué par des émeutes xénophobes, retransmises sur toutes les chaînes de télévision. Cinq ans après, Nikita Aronov est revenu sur les lieux pour la revue en ligne Moskvich Mag. Extraits.Le métro ne va pas à Biriouliovo. À partir de la station Oulitsa Akademika Ianguelia, située presque au terminus de la ligne grise, il faut encore marcher un kilomètre et demi jusqu’à la gare de Krasny Stroïtel, passer le pont et le guichet abandonné couverts de petites annonces – majoritairement des publicités pour des chaînes Telegram de revendeurs de drogue – et vous voici enfin arrivé.D’abord la zone industrielle. À droite, d’anciens entrepôts de légumes couverts de bâches en plastique jaune et bleu ; à gauche, les fumées de la centrale électrique s’élèvent vers le ciel. L’endroit sert de dépôt (ou de rebut) pour les camionnettes des services communaux. Une annonce peinte à même la palissade propose une petite maison à vendre près de Krasnodar (dans le sud de la Russie) : les habitants du quartier ayant pratiquement délaissé la zone, celle-ci emploie majoritairement des « provinciaux ».«  Seuls les immigrés acceptent les logements délabrés. Ils se mettent à plusieurs pour le loyer et emménagent ensemble. »Les habitations commencent à partir de l’allée Vostriakovski, constituée d’une série de cours identiques, séparées les unes des autres par des immeubles de huit étages. C’est ici qu’Egor Chtcherbakov, un habitant du quartier âgé de vingt-cinq ans, a été tué par un ressortissant azerbaïdjanais en octobre 2013. Ce meurtre avait été le point de départ d’émeutes parfois violentes [plusieurs milliers de manifestants plus ou moins pacifiques étaient descendus dans les rues, scandant des slogans tels que « la Russie aux Russes » et demandant des comptes aux autorités locales pour la montée de l’insécurité dans le quartier, ndlr].« Les événements de 2013 ? Quels événements de 2013 ? » feignent de s’interroger des jeunes du coin assis sous un porche, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 février 2019
Société

Vivre aux Kouriles et devenir Japonais

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe est attendu mardi 22 janvier à Moscou, pour une série d’entretiens cruciaux avec le président Vladimir Poutine sur les relations entre leurs deux pays. Au début du mois, le Japon et la Russie – qui n’ont pas signé de traité de paix à l’issue de la Seconde Guerre mondiale – ont entamé des négociations à ce sujet. Le sort des îles Kouriles du Sud, annexées par l’URSS en août 1945 et dont la souveraineté est revendiquée par Tokyo, en est la clef. Anticipant un hypothétique transfert, des Russes chercheraient à s’y installer afin, espèrent-ils, de devenir sujets de l’Empereur du Japon…« Cherche maison ou datcha en vente »… « Achète enregistrement de lieu de domiciliation. Budget : 50 000 roubles [660 euros] »… « Accepte parcelle ou logement gratuits (sic) à Chikotan [une des quatre Kouriles du Sud, ndlr] »… Sur la page consacrée à l’île sur VKontakte (le Facebook russe), les petites annonces de ce genre se comptent par dizaines. Les premières remontent à la déclaration du président russe Vladimir Poutine et du Premier ministre japonais Shinzo Abe, datant de novembre 2018, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 janvier 2019
Société

Les supporters, un défi pour les commerces et les restaurants de Moscou

Avec l’arrivée des fans de foot étrangers, les établissements du centre de Moscou sont l’objet de tournées d’inspection du Rospotrebnadzor, l’agence fédérale des services sanitaires. L’afflux extraordinaire de touristes entraîne un manque d’effectifs et des difficultés dans l’approvisionnement des restaurants, tandis que les supporters ont le plus grand mal à se faire comprendre du personnel russe. Malgré tout, restaurants, boutiques de souvenirs et magasins d’alimentation gagnent des sommes rondelettes. Nikita Kamitdinov, journaliste pour la revue d’affaires Inc., a interrogé les commerçants du centre-ville sur les difficultés occasionnées par ce déferlement de touristes. Le centre de Moscou, en particulier la rue Nikolskaïa, est saisie par la fièvre footballistique. On y entend à chaque instant des cris dans différentes langues (surtout en espagnol), de la musique et des conversations en mauvais anglais. Malgré la barrière linguistique, les supporters venus des quatre coins du monde n’hésitent pas à fraterniser et à se prendre en photo. Leurs clichés inondent les réseaux sociaux depuis plus deux semaines maintenant. Un Mexicain portant une petite queue de cheval et une épaisse barbe soigneusement entretenue tient dans sa main une bière « Tri Medvedia » [Les Trois Ours]. Il en boit une gorgée, regarde attentivement la bouteille et la photographie avec son téléphone. La bière étant le principal attribut des supporters, les patrons de tous les établissements de restauration se creusent les méninges pour en tirer le plus d’argent possible. « Dans leur enthousiasme, les supporters sont capables de causer des dégâts partout, et pas seulement dans les cafés et les restaurants. » La chaîne de restauration rapide KFC sert, par exemple, de la bière pression directement sur sa terrasse. Aujourd’hui, la queue, qui compte déjà une vingtaine de personnes, ne fait que s’allonger. Une pinte coûte 142 roubles (1,94 euro). « C’est gratuit, non ? Alors, qui en veut ? J’en achète trois ! » propose un homme portant un immense drapeau de la Russie. Des jeunes filles refusent en souriant l’offre généreuse. Les tables de la petite terrasse du restaurant Teremok sont jonchées de gobelets de bière en plastique. Pas de nourriture. Bien que les supporters aient déjà réussi à casser deux tables et à voler un pot de fleurs, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 juillet 2018

Vous êtes actuellement hors ligne