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centre de gravité

Centre de gravité : un nouveau livre de photos sur la Russie

Qu’est-ce que la gravité ? Cette force qui attire vers la Russie et empêche de la quitter ? Le refus de la légèreté ? Les images des onze photographes de Centre de gravité, aux Éditions du Courrier de Russie, interrogent. La réponse se niche peut-être dans le regard sérieux de cette petite fille, dans ce bain glacé que l’on s’impose au nom de Dieu, dans le sourire de cette femme de l’Altaï ou le vol des oiseaux au-dessus de ces églises que l’on restaure…

L’énergie

Une énergie vitale effrayante pour les adeptes de la neutralité, difficilement soutenable. Une énergie indomptable, au-delà du bien et du mal, au mépris du confort et de la satisfaction mesquine. Une quête sans fin, jusqu’au dernier souffle et après. Une énergie qui dérange toute routine, tout système, interdit tout compromis avec soi. Une énergie qui porte aussi en elle des temps de pause, de récupération pour repartir et continuer de restituer, distiller. L’énergie de ce pays immense, un sixième du globe et l’horizon pour frontière ; de ce pays qui encourage, incite à être fou, à être soi. Une énergie du désespoir, de la bête traquée, de qui n’a plus rien à perdre et tout à conquérir. Une énergie qui bouillonne, constamment mais à petit feu, sans spectacle, de l’intérieur. Une énergie absolue mais sublimée, celle d’une puissance sereine – majestueuse ; une énergie que l’on puise dans l’épuisement. Boire, s’enivrer et danser sur la table, et rire – pour le grave et la vanité –, et pleurer – pour la bonté, la générosité, sur la perte et le sort du monde, sur le crucifié. Pleurer et jouir, et aimer, et s’enivrer. Et le lendemain, tenir – recommencer.

Épiphanie russe. Tomsk, Sibérie, Russie. Photo archive, voyage. - 2
En 2010, j’ai parcouru en autostop les 5 000 km qui séparent Moscou de la ville sibérienne de Tomsk. J’ai pris cette photo lors des baignades de la Théophanie, les 18 et 19 janvier 2010. Cette photo, l’une de mes toutes premières au cours de cet intense voyage de dix jours, reste l’une de mes préférées. Crédits : Pascal Dumont
Aleksey Myakishev. Région de Kirov, village de Iaransk, 1998
À l’époque où je travaillais pour la presse locale de Viatka, on m’a confié un reportage photo sur la canonisation d’un saint local, à Iaransk. C’était l’hiver, et il faisait très froid. Malheureusement, tous ceux qui le souhaitaient n’avaient pu entrer dans l’église. Il y avait beaucoup de gens dehors, debout, avec des enfants. Je me suis intéressé à un groupe de femmes, auxquelles un milicien barrait le passage. La fillette au chapeau blanc est devenue le centre de la composition. Crédits : Aleksey Myakishev

Optimisme

Vous êtes dans un taxi, au beau milieu d’un nulle part russe. Sachez-le : si le chauffeur n’attache pas sa ceinture de sécurité, c’est un optimiste pur et dur. Pour vous rassurer, il vous fera le compte de ses accidents précédents, de ses voitures parties à la casse et de ses jours passés à l’hôpital. Il vous contera également en détail les accidents arrivés à ses proches – et ce précisément au moment où son véhicule dépassera largement le maximum autorisé. Vous jugerez probablement son comportement irresponsable – mais non, c’est simplement de l’optimisme irrationnel. Car le Russe en est persuadé : si le pire doit se produire, il se produira, quoi qu’il advienne. Si vous lui demandez gentiment de mettre – quand même – sa ceinture, il se remémorera, en guise de réponse, la petite nièce de son cousin, qui vient d’apprendre qu’elle va mourir très rapidement d’un cancer alors qu’elle est très jeune et n’a jamais bu ni fumé de sa vie. Vous aurez beau supplier ce maudit chauffeur de rouler plus doucement, il n’en fera rien – parce qu’il est optimiste dans le pire sens du terme, sans la moindre raison. Voilà : vous venez de vivre le paradoxe d’une qualité unique, dont tous les Russes sont dotés – celle de faire abstraction de toute sorte de tragédie, de la rendre absurde. Vous êtes traumatisé ? Trouvez un ami russe et racontez-lui votre mésaventure : il vous apprendra à en rire.

Olivier Marchesi. Altaï, 2015.
Olivier Marchesi. Altaï, 2015.
Aleksey Myakishev
Région de Kirov, ville de Koukouchka, 2011. Crédits : Aleksey Myakishev

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Offrez-vous Centre de gravité, le dernier livre des Éditions du Courrier de Russie, disponible dans notre boutique et dans nos bureaux : 10, Milioutinski pereoulok, bât. 1, Moscou.
Prix : 3 950 roubles

LCDR

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