Pavel Otdelnov

Pavel Otdelnov, poète du nulle part : « J’essaie de voir le présent depuis un futur imaginaire »

À 37 ans, le peintre Pavel Otdelnov est connu pour ses représentations de zones industrielles, de quartiers-dortoirs, d’hypermarchés, d’espaces vides entourés de pylônes électriques, tous inspirés du paysage russe. Rencontre dans son atelier, à côté de la place des Trois gares, à Moscou.

Le Courrier de Russie : Comment êtes-vous venu à la peinture ?

Pavel Otdelnov : J’ai commencé à dessiner à l’âge de quatre ou cinq ans, avec mon père, qui me racontait des histoires tout en traçant des personnages sur des bouts de papier. C’était comme du cinéma. Je me suis mis à l’imiter, à dessiner moi-même des histoires sans savoir comment elles se termineraient. Aujourd’hui, j’ai envie de montrer le banal, l’ordinaire, tous ces lieux que nous voyons tous les jours sans y faire attention. Je sais qu’avec le temps, les gens vont commencer à s’y intéresser, comme nous, aujourd’hui, nous nous intéressons aux sites des années 1990. Je pense à tous ces kiosques, par exemple. Pour nous, c’est déjà une époque historique, lointaine, et pourtant elle est encore toute récente. Ce que j’essaie de faire, c’est de montrer le présent depuis un futur imaginaire. J’essaie de faire un pas vers l’avenir pour mieux apprécier le présent avant qu’il ne disparaisse.

« Le but de mes voyages, c’est le retour »

LCDR : Comment arrivez-vous à voir toute cette réalité grise d’un œil joyeux ?

P.O. : Récemment, je suis revenu en Russie après des vacances en Espagne. Et en arrivant à Moscou, j’ai été très ému de voir ces immenses champs d’herbe sauvage. Tout l’espace autour de moi était empli de tristesse. J’ai pris des photos pour conserver le souvenir de cette première impression. Car je sais qu’au bout de deux ou trois jours, l’œil s’adapte à ce qu’il voit et cesse de s’émerveiller. Pour moi, chaque retour en Russie est une découverte. Quand je pars à l’étranger pour une semaine ou deux, à mon retour, je me mets à explorer frénétiquement les banlieues moscovites et je fais des esquisses. Et chaque fois, j’ai l’impression de découvrir un lieu unique. Aujourd’hui, le but de mes voyages, c’est le retour.

LCDR : En quoi la banlieue moscovite vous inspire-t-elle tant ?

P.O. : Je vis dans la banlieue nord de Moscou et je prends tous les jours la marchroutka pour rejoindre la station de métro la plus proche. Je passe par le quartier de Zapadnoïé Degounino, qui est, pour moi, […]

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Propos recueillis par Rusina Shikhatova

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Le retour du grand roman russe

En 2015, le premier roman de Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, s’imposait dans la littérature russe, devenant aussitôt un best-seller national. Ce récit de la dékoulakisation, qui conduit le lecteur du Tatarstan à la Sibérie est aujourd’hui traduit en 16 langues. Le Courrier de Russie a rencontré sa traductrice française, Maud Mabillard. Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre première rencontre avec Zouleikha… Maud Mabillard : J’ai découvert ce texte alors que j’étais à Krasnoïarsk, en Sibérie, près du lieu de l’action du livre. On m’en avait parlé avec un enthousiasme rare, et je m’étais précipitée dans les librairies, mais elles étaient toutes en rupture de stock… J’ai fini par le trouver et appris que l’éditeur pour lequel je travaille possédait les droits de traduction. Je travaillais à l’époque sur une autre traduction, dont l’action se passait aussi en Sibérie : La zone d’inondation, de Roman Sentchine, qui parle de la destruction d’un village. Or le roman de Gouzel Iakhina parle de la construction d’un village… LCDR : Qu’est-ce qui a été le plus difficile, pour vous ? M.M. : Outre le récit extraordinaire, très cinématographique, plein d’aventures, ce roman est très beau, le style, la langue en sont très harmonieux. Et je savais que si j’échouais à rendre la force de cette écriture, la moitié du livre serait perdue. C’est sans doute ce qui a été le plus difficile : préserver la mélodie du texte, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 février 2018
En régions

Norilsk, une ville nickel

Située au-delà du cercle polaire, Norilsk est considérée comme la ville de plus de 150 000 habitants la plus septentrionale, la plus froide et l’une des plus polluées du monde. Le Courrier de Russie a tenté de comprendre ce qui se cachait derrière tous ces superlatifs. Reportage. Ville fermée Norilsk se situe à près de 3 000 kilomètres de Moscou, dans le nord de la région de Krasnoïarsk, à 300 km au nord du cercle polaire. Toutefois, pour vous y rendre, il vous faudra traverser près de la moitié du pays. Aucune voie ferrée ou route ne reliant la ville, le moyen le plus rapide de gagner Norilsk est l’avion (4 heures de vol). Par la mer, le trajet – en brise-glace – depuis Mourmansk prendrait une semaine. Norilsk a longtemps été une cité fermée, peuplée exclusivement des employés et ouvriers du combinat de nickel et de leurs familles. Une tendance qui perdure relativement aujourd’hui : seuls les citoyens russes peuvent entrer librement dans la ville ; les étrangers doivent obtenir une autorisation préalable. Le Saint-Pétersbourg polaire Les bâtiments du centre de Norilsk, construits à la fin des années 1940, forment un ensemble architectural unique, qui n’est pas sans rappeler Saint-Pétersbourg. Ce n’est pas un hasard : Vitold Nepokoïtchitski, l’architecte de la ville, a étudié dans la capitale du Nord et considérait l’école d’architecture de Leningrad comme la seule valable. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2017
Économie

Tastin’France : des viticulteurs français à l’assaut du marché russe

Le bureau moscovite de Business France a organisé début novembre une série de dégustations de vins et spiritueux français en Russie et CEI. Baptisé Tastin’France, l’événement a démarré le 30 octobre à Almaty, au Kazakhstan, avant d’investir Moscou, puis Ekaterinbourg. Malgré la crise, 23 sociétés françaises sont venues présenter leurs produits en Russie et au Kazakhstan. « C’est un signe de l’intérêt que portent les producteurs de vin français au marché russe », a déclaré Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Russie, face aux participants de l’événement à Moscou, le 1er novembre. La salle de conférence de l’hôtel moscovite Lotte Plaza est devenue, pour cette demi-journée, un lieu de rencontre entre viticulteurs français et distributeurs russes. Certains des présents ne cachaient pas leur enthousiasme, à l’image de Josiane Chassagnard, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 novembre 2017