Une rue de Paris porte désormais le nom de Marie Skobtsov, nonne résistante russe

Sous l’occupation nazie, sa maison était un des lieux de réunion de la Résistance


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Le 31 mars, lors d’une cérémonie d’inauguration, une nouvelle rue du 15e arrondissement de Paris a été baptisée en hommage à Marie Skobtsov (Sainte Marie de Paris), nonne russe orthodoxe et membre de la Résistance française, rapporte le site orthodoxie.com.

Crédits : orthodoxie.com
Rue Marie Skobtsov à Paris. Crédits : orthodoxie.com

La nouvelle voie débouche entre les n°84 et 88 de la rue de Lourmel, qui abritait la maison de la religieuse, où, pendant la Seconde Guerre mondiale, celle-ci a caché des personnes recherchées par la Gestapo.

Marie Skobtsov (Maria Skobtsova, en russe) a émigré en France après la révolution de 1917.

Elle se fait nonne en 1932, mais n’entre pas au monastère. Elle reste vivre à Paris afin de se consacrer à aider les autres. Elle ouvre une auberge pour femmes seules et une maison de repos pour les patients souffrant de tuberculose. Sous l’occupation nazie, sa maison devient un des lieux de réunion de la Résistance. En 1942, alors que les nazis procèdent à des arrestations massives de Juifs, Marie parvient à sauver quatre enfants juifs en les cachant dans des poubelles.

Le 9 février 1943, la religieuse est arrêtée par la Gestapo et envoyée au camp de concentration de Ravensbrück. Elle y meurt dans une chambre à gaz le 31 mars 1945, une semaine avant la libération du camp par l’Armée rouge. L’Église orthodoxe la canonise en 2004. Elle devient alors, selon la terminologie du patriarcat de Constantinople, une martyre de la Foi.

Crédits : archives
Maria Skobtsova dans les années 1940. Crédits : archives

71 ans après sa mort, de nombreuses personnalités sont venues rendre hommage à Marie Skobtsov à Paris, lors de la cérémonie d’inauguration de la rue. On pouvait notamment apercevoir la maire adjointe de Paris, Catherine Vieu-Charier, l’ambassadeur de Russie, Alexandre Orlov, et le grand rabbin de France, Haïm Korsia. « La vie de Marie Skobtsov, c’est le parcours exemplaire et tragique d’une résistante qui a caché et sauvé des Juifs et des enfants de la déportation, avant d’en subir elle-même l’horreur, en 1943. Mère Marie a très rapidement compris que, face à la haine d’un régime barbare, l’indifférence est la pire des réponses », a déclaré l’adjointe au maire lors de la cérémonie.

Catherine Vieu-Charier a également souligné que, face aux menaces de notre temps, la vie de Marie Skobtsov demeurait un exemple de bravoure, un modèle à suivre. « Son investissement corps et âme dans la défense des plus faibles et des plus démunis doit nous faire réfléchir au sens de l’engagement et du dévouement pour l’intérêt collectif, à l’heure où l’individualisme est grandissant et où les inégalités sociales et spatiales se creusent », a-t-elle ajouté.