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Konstantin Bronzit : « Le cinéma est un art maudit »

Konstantin Bronzit : « Le cinéma est un art maudit »

Le réalisateur de films d’animation pétersbourgeois Konstantin Bronzit a remporté le Cristal du court-métrage (premier prix) du 39e Festival international d'Annecy avec Nous ne pouvons pas vivre sans le cosmos [Découvrez la bande-annonce, ici]. Rencontre Le Courrier de Russie : Le cinéma d'animation est souvent associé à l'enfance. L'environnement dans lequel vous avez grandi a-t-il orienté votre choix professionnel ? Konstantin Bronzit : Pas du tout. Mes parents étaient tout ce qu'il y a de plus simple et d'ordinaire au monde ! Ma mère était aide-soignante et mon père, un ouvrier soviétique typique. Il a travaillé toute sa vie à l'institut d’État de recherche et de production en optique de Leningrad, une structure fermée qui, répondant à des commandes du ministère de la défense, élaborait des instruments optiques complexes, comme des radars ou des microscopes. Je me souviens qu’il avait même envisagé, un temps, que je marche dans ses pas. Bref, mes parents n'ont jamais eu le moindre lien avec l'art. LCDR : Et vous, quel a été votre premier contact avec l'art ? K.B. : Mes professeurs ont remarqué très tôt que je possédais un don pour le dessin et ont rapidement insisté auprès de mes parents pour que j’intègre une école spécialisée. Je suis ainsi entré à l’école secondaire d'art Boris Ioganson, à Saint-Pétersbourg. Une école très exigeante, avec d’excellents enseignants, administrée par l'Académie russe des Beaux-arts. LCDR : Pourquoi avoir choisi l'animation plutôt que la peinture, par exemple ? K.B. : J’étais passionné par les dessins animés depuis ma plus tendre enfance, grâce notamment aux productions du grand studio d'animation soviétique Soyouzmoultfilm. Mais ce qui a véritablement déclenché ma passion vient des États-Unis. Un phénomène tout à fait étrange, que je n'arrive toujours pas à expliquer, se produisait en URSS vers le début des années 1970 : tous les week-ends, la télévision diffusait la série animée américaine Mighty Mouse [le générique, ci-dessous], et je suis littéralement tombé amoureux de cette souris aux allures de Superman. Je passais mon temps à recopier ces personnages et ces décors, avant de jeter mon dévolu, un peu plus tard, sur ceux de Walt Disney - Donald, Mickey, etc. Le générique de Mighty Mouse
LCDR : Vous aviez également accès aux films de Walt Disney ? K.B. : L'immeuble voisin de l'école Ioganson était la Maison de la culture Serge Kirov, qui renfermait l'annexe léningradoise de l'organisme gérant les archives centrales du cinéma en Russie,

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Nicolas Pertsov