Un film russe récompensé au Festival international d’Annecy

Ce film de 15 minutes raconte l’histoire de deux amis qui rêvent depuis leur enfance de devenir cosmonautes et de « voler jusqu’aux étoiles ».


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Le film Mi ne mozhem zhit bez kosmosa (« Nous ne pouvons pas vivre sans le cosmos »), du réalisateur russe Konstantin Bronzit, a remporté le Cristal du court métrage lors de la 39e édition du Festival international du film d’animation d’Annecy.

Mi ne mozhem zhit bez kosmosa.
Extrait de Mi ne mozhem zhit bez kosmosa.

Ce film de 15 minutes raconte l’histoire de deux amis qui rêvent depuis leur enfance de devenir cosmonautes et de « voler jusqu’aux étoiles ». L’auteur y aborde avec ironie et douceur les thèmes de l’amitié, des rêves et de la science.

À la veille de l’annonce des résultats, Konstantin Bronzit confiait exclure l’éventualité d’une victoire. « Je ne serai pas récompensé, avait-il déclaré. Un jour avant l’ouverture du festival d’Annecy, un autre grand festival s’est achevé, celui du film d’animation de Zagreb, où l’on m’a décerné le Grand Prix du meilleur court métrage. Les membres du jury d’Annecy le savent sans doute et voudront encourager quelqu’un d’autre. Je connais ces règles tacites », avait-il déclaré.

Konstantin Bronzit a également fait part à l’agence Tass du travail qu’avait exigé son court métrage. « Tout a commencé quand une des scènes – je ne dirai pas laquelle – m’est venue en rêve. Elle se passe à la moitié du film et est cruciale pour moi. C’était le petit matin : je me suis réveillé mais je n’ai pas ouvert les yeux, de peur de l’effrayer. Couché, les yeux fermés, j’ai réfléchi au passage, qui s’est rapidement transformé dans mon esprit en un film entier. J’ai couru à la cuisine, où se trouvait ma femme, et je lui ai annoncé que j’avais un film », expliquait le cinéaste.

C’est ensuite, pour citer Bronzit, que « la véritable torture a commencé ». « Personnellement, je ne comprends pas la formule le bonheur de créer – en revanche, je comprends très bien les tourments de créer. Il m’a fallu quatre années entières pour réaliser ce film de 15 minutes. Ce fut incroyablement difficile, je suis passé par des tourments inouïs pour l’extirper de moi », confie le réalisateur.

À 50 ans, Konstantin Bronzit est un monstre de l’animation russe et française : il a reçu autant de prix qu’il compte de bougies sur son gâteau d’anniversaire. Il a obtenu plusieurs récompenses au festival d’Annecy, notamment celle du meilleur court métrage avec Switchcraft, en 1994, celle du meilleur film de télévision avec Die Hard, en 1997, et le prix du jury pour « le film le plus drôle » avec Au bout du monde, en 1999, réalisé au studio Folimage, en France. Mi ne mozhem zhit bez kosmosa, achevé en 2015, a déjà été primé au festival de Tokyo. Konstantin Bronzit est né et vit à Saint-Pétersbourg.

Trois autres films russes participaient à la 39e édition du festival d’Annecy : le court métrage d’animation Drugie Berega (« Les autres rives »), de Vassili Tchirkov, un épisode de la série Macha i Medved (« Macha et l’ours »), d’Ilia Troussov, et l’épisode Legkij slon (« Éléphant léger ») de la série Letayushie zveri (« Animaux volants ») de Mikhaïl Safronov.

Dans le programme hors compétition, la Russie était représentée par le réalisateur Ivan Maximov, avec le court-métrage Bancs n°0458, et par le studio Wizart, avec le long métrage La Reine des neiges 2.