Jean-Christophe Maillot : « Il y a des choses que je fais ici et que je ne pourrais pas faire avec mes danseurs »

Le 4 juillet, le théâtre Bolchoï accueille la première de La Mégère Apprivoisée, ballet commandé à Jean-Christophe Maillot par la mythique compagnie russe. Un défi inédit – d’abord parce que c’est la première fois que le Français crée pour une compagnie autre que Les Ballets de Monte-Carlo, qu’il dirige depuis 1993, et aussi parce qu’il est très rare que le Bolchoï fasse appel à des chorégraphes étrangers. Rencontre en coulisses, lors d’une répétition. Le Courrier de Russie : On dit qu’à votre arrivée aux Ballets de Monte-Carlo, vous avez renoué avec la « tradition du ballet russe ». Qu’est-ce que ça veut dire ?Jean-Christophe Maillot : J’ai toujours été attaché, dans mon travail, au fait d’appréhender l’oeuvre chorégraphique comme un art qui réunit la danse, la scénographie, la musique, la lumière, etc. Ce mélange de différents arts au sein d’un même spectacle est la genèse des ballets russes – qui font se rencontrer des peintres, des écrivains, des compositeurs… Mon père était scénographe, j’ai donc moi-même toujours été entouré de directeurs de ballets, d’opéras. J’aime l’idée que l’on peut oublier qui est à l’origine du spectacle à force de collaboration avec les autres. J’aime leur offrir mon outil. On retrouve ici l’idée qu’avait Diaghilev, à l’origine du ballet russe : il disait que la danse était un art « complet », un art qui réunissait tous les arts.LCDR : Et cela se distingue-t-il vraiment du ballet français ?J-C.M : Oui, et même de tous les autres arts. Le chorégraphe, à la différence des autres artistes, dépend des gens avec qui il travaille : à la fin d’un livre ou d’une toile, l’artiste possède entièrement son oeuvre. Moi, je suis obligé de passer par les autres – les danseurs notamment, qui, malgré leur dévouement, finissent toujours par trahir l’idée originelle de la chorégraphie : je ne suis d’ailleurs jamais satisfait, à la fin. Et puis au-delà de ça, la musique, la scénographie, les costumes ne permettent pas au chorégraphe d’exister seul. La danse est condamnée à partager son art – et c’est ce que j’aime.

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Nina Fasciaux

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