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Pavel Lounguine : « Ce qui m’énerve à Paris c’est que même le clochard vous dit qu’il ne pourra vous voir que vendredi après cinq heures »

Pavel Lounguine : « Ce qui m’énerve à Paris c’est que même le clochard vous dit qu’il ne pourra vous voir que vendredi après cinq heures »

Pavel Lounguine est l’un des réalisateurs russes les plus célèbres. Taxi blues, L’île ou encore Tsar furent de grands succès en Russie mais aussi en Occident. Rencontre dans son appartement de l’Arbat.Le Courrier de Russie : Parlez-nous de votre enfance.Pavel Lounguine : C’était il y a si longtemps... Le plus intéressant est peut-être que j’ai continué à vivre dans le même appartement qui appartient depuis 1926 à ma famille. A l’époque de la fin de la NEP, dans le royaume des appartements communautaires où chacun avait droit à une chambre ou deux, cet appartement, pourtant tout petit, paraissait un château. C’était un endroit opposé à la vie extérieure.[lcdr] : Quelles étaient les activités de vos parents ?[abbr]Pavel Lounguine[/abbr]: Mon père était scénariste et dramaturge. Ma mère était une grande traductrice de littérature scandinave et française qui a traduit notamment Vian, Mauriac... et beaucoup d’autres. C’était un milieu spécial de gens de lettres, d’écrivains et de cinéastes. Mes parents n’étaient pas ouvertement dissidents, mais ils l’étaient dans leur âme.[lcdr] : Vous parliez d’opposition au monde extérieur ?[abbr]Pavel Lounguine[/abbr]: Oui, une opposition au monde officiel, j’étais un rebelle, j’ai été chassé deux fois de l’école, j’ai eu des problèmes à l’université et quand j’ai commencé à travailler, il y avait en fait chez moi, du point de vue stylistique et esthétique, quelque chose qui n’allait pas avec le pouvoir. J’ai alors commencé à penser que la vie d’artisan, c’est à dire quelqu’un qui travaille chez lui, comme mon père d’ailleurs, était ce qui me convenait.
« Ma vie était très liée à l’alcool »
[lcdr] : Quel type d’opposition au pouvoir pratiquiez-vous ?[abbr]Pavel Lounguine[/abbr]: Ma vie était alors très liée à l’alcool, c’est d’ailleurs le sujet de Taxi Blues, il fallait détruire le côté officiel et l’alcool est le moyen le plus facile, qui entrait par ailleurs dans la tradition russe. On buvait beaucoup et on parlait beaucoup, les cuisines étaient l’endroit le plus important. L’écrivain Victor Nekrassov vivait entre Kiev et Moscou et habitait toujours à la maison. C’est devenu un ami pour moi et aussi un symbole de mon enfance.

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Marc Dobler

« Pas du tout adultes »

Je suis monté dans le premier trolley. Il est passé en chuintant devant mon immeuble. Les fenêtres de mon appartement étaient paisibles, il n’y avait personne devant, les vitres ne reflétaient aucun visage.

 

2 mars 2012

Que c’est triste, un clown

Avant le spectacle. Dans sa loge. Le nez rouge posé sur la table. Le cheveu tombant. La barbe maigre. C’est pourtant le clown Slava. Slava Polounine. Le grand Slava. Peut-être le clown le plus connu au monde. Fils spirituel de Charlie Chaplin. La même poésie boiteuse. Superbe sur les photos avec ses cheveux bouillonnants et sa barbe gonflée. Superbe dans ses spectacles aux flocons pailletés. Superbe dans nos rêves. Et là. Se forçant à donner des réponses forcées.

 

27 février 2012