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Sergueï Nozdrin est un grand fabricant russe de violons.

Ferré des violons

Sergueï Nozdrin est un grand fabricant russe de violons. Mais il aime autant parler de Stradivarius que de la France, de la Russie ou des Albigeois. Le Courrier de Russie est allé le rencontrer dans son atelier ; une pièce de son appartement de Baumanskaïa. Entretien au milieu des bois vernis, des pots de colle et des planches d’érable.

Sergueï Nozdrin est un grand fabricant russe de violons.

Le Courrier de Russie : La France a-t-elle une place dans l’histoire de la fabrication des violons ?

Sergueï Nozdrin : Oui bien sûr. La tradition de Stadivarius prend sa source dans la tradition des Albigeois.

LCDR : Quels points communs voyez-vous entre la Russie et la France ?

S.N. : Ce sont tous les deux des empires. Ça vous paraît peut-être étonnant mais ce sont des pays qui ont eu une élite, oui peut-être y-a-t-il un certain temps mais ces élites ont marqué le monde à un moment de leur histoire, c’est ce qui en a fait des empires. On retrouve ça avec l’Angleterre ou les Pays-Bas.

LCDR : Comment caractériseriez-vous cette élite ?

S.N. : C’est un groupe de personnes qui est parvenu, dans un domaine donné, à un niveau jamais égalé depuis. Et cette suprématie va irriguer le monde entier. Je vais vous donner un exemple qui n’a rien à voir avec les violons : l’escrime. Les Français étaient parvenus à un stade de perfection en la matière remarquable et imité dans le monde entier. J’ai étudié l’escrime française puis l’escrime chez les Samouraïs, les Cosaques, eh bien tout cela ne vaut rien comparativement au degré de perfection français, les Samouraïs n’en sont qu’une pâle, et donc mauvaise, imitation. C’est la même chose pour les icônes. Ou pour les violons : Stradivarius et quelques autres grands maîtres sont parvenus à la perfection, on ne fera jamais mieux, on peut juste tenter de les comprendre pour s’en approcher. Je pourrais bien évidemment vous parler de la langue française mais nous n’avons sûrement pas le temps…

LCDR : Faites.

S.N. : Il y a dans la langue française au XVIIIe siècle, dans sa forme, dans sa phonétique, dans le fait que ce soit une langue toujours double, une perfection qui pour moi ne fut jamais égalée. Et c’est justement là où je reviens à l’élite, cette langue, c’était la langue de l’élite, c’était ce par quoi elle se différenciait du peuple, elle se distinguait ainsi du reste du monde en fait.

LCDR : Et quel sens donnez-vous au mot « empire » ?

S.N. : Très différent selon les pays mais je vais vous dire en quoi la France et la Russie ont eu un même empire sur le monde : elles ont voulu, à un moment de leur histoire, apporter la liberté au monde. Vous avec la Révolution et nous contre le nazisme. Ensuite la France n’a plus eu les moyens d’imposer sa façon de penser au monde et la Russie n’en a plus envie, et probablement plus les moyens aujourd’hui.

[…]

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