Tourisme russe : rêves et projets

Voyager en Russie ? Un plaisir des plus accessibles… À chaque ville ou village, son large choix d’hébergements, des hôtels les plus chics, avec jardins d’hiver et piscines découvertes, aux véritables auberges familiales où une hôtesse charmante vous sert le borchtch fumant. À chaque cité, son office du tourisme qui fournit, à tout moment, plans, suggestions d’itinéraires et tout un tas de conseils pratiques, le tout proposé – toujours – avec un large sourire. Le service en Russie est irréprochable, c’est un fait bien connu dans le monde entier. Cela fait belle lurette que les musées russes n’imposent plus de tarifs élevés aux étrangers, pratiquant, tout au contraire, des prix très accessibles ; et trouver un guide anglophone dans le musée ethnographique du village de Sosnovka, dans la région de Novossibirsk, est un véritable jeu d’enfant… Sornettes et beaux rêves que tout cela, direz-vous. Et vous n’aurez pas complètement tort. Pourtant, nous sommes allés les dénicher, ces rêveurs. Ces gens qui couchent tous ces projets sur le papier et parfois leur donnent forme concrète. Et tant pis si la plupart du temps, ils ne parviennent pas à les réaliser, car un rêve vague ne vaut pas moins qu’un business plan en bonne et due forme. Surtout en Russie, où les projets les plus élaborés finissent souvent par s’écrouler, tandis que les rêves les plus fous deviennent réalité.

Vaisseau fantôme

Construire un hôtel au bord du lac Baïkal, à en croire Slava Begliouk, entrepreneur local, n’est pas tâche aisée. Les terrains sont chers, les questions de propriété épineuses, les infrastructures déficitaires… La rentabilité est peu prometteuse, malgré les 70 000 touristes qui affluent chaque année sur les berges du lac. « Le problème, c’est qu’ils viennent tous pendant les 60 jours que dure l’été sibérien, explique Slava. C’est trop court pour couvrir les frais d’entretien annuel d’un hôtel ». D’où des prix qui flambent (une chambre double dans un hôtel 3 étoiles oscille entre 70 et 90 euros la nuit), et de très nombreux touristes qui préfèrent une tente et un feu à la belle étoile à ce confort coûteux. Ce sont ces derniers que vise en priorité le projet d’ « hôtel flottant Rossia-Baïkal » de Slava Begliouk. Ingénieur maritime, il a fait breveter, en l’an 2000, un modèle de navire « sur pieds » capable de se tenir, dans l’eau, parfaitement immobile. Destiné à accueillir trente personnes au maximum, le navire sera ancré, selon la conception de son créateur, dans des baies sauvages et isolées, propices à la baignade et à la pêche. Hors de question, pour Slava, d’attirer dans ces lieux bénis des cars de touristes bondés. L’entrepreneur envisage de faire voyager ses clients en aéronefs à effet de sol, ou ekranoplanes, engins inventés par des ingénieurs soviétiques au temps de la guerre froide. Hybrides capables de voler au ras de l’eau, dénommés « monstres de la Caspienne », ils ont été conçus pour transporter et lancer des missiles anti-navires. À l’heure actuelle, ils sont utilisés par les sauveteurs et les gardes-frontières. « Pourquoi pas par des touristes ? », interroge Slava,

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Inna Doulkina

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Arythmie : à voir pendant la Semaine du cinéma russe à Paris

La Semaine du cinéma russe vient d’ouvrir à Paris. Si vous n’aviez qu’un film à voir, optez pour Arythmie. Le réalisateur, Boris Khlebnikov, a réussi à faire un film dont les Russes parlent dans les cafés et aux arrêts de bus, qui les fait applaudir à l’issue de la séance et quitter la salle en pleurant. Arythmie est un film fidèle, juste et tendre sur la Russie d’aujourd’hui et ceux qui l’habitent. Un film dans lequel les Russes se reconnaissent et se disent : « Ça parle de nous ! » Au centre du récit : un jeune ambulancier. Tous les jours, Oleg va secourir chez elles des personnes ayant composé le 103. Ce numéro qu’en Russie, on appelle quand on a soudain mal, que l’on subit un traumatisme, une douleur aïgue – quand on a besoin d’aide ici et maintenant. Alors, une équipe d’ambulanciers vient chez vous, vous fournit les premiers secours et vous emmène à l’hôpital si besoin. Ce système de « Secours rapide » (Skoraïa Pomoch) a été créé en URSS en 1926. Sauf qu’il subit depuis quelques années des coupes budgétaires drastiques, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 novembre 2017
Opinions

Que reste-t-il de 1917 ?

Le centenaire de la révolution, en Russie, est tout sauf une grande fête. Certes, quelques indécrottables communistes défileront en brandissant des portraits de Lénine dans des rues portant son nom – chaque ville et village de Russie en comptant au moins une. Mais c’est tout. Le temps des parades et des festivités collectives est révolu. Voici douze ans déjà que le 7 novembre, jour anniversaire de la révolution, n’est plus férié en Russie. Le pouvoir semble tout faire pour zapper la date, passer au-dessus le plus vite possible – et tourner la page. Et c’est vrai que la date est gênante. Et qu’aujourd’hui, dans les hautes sphères, on ne sait trop qu’en faire. Même le plus grand musée russe, la galerie Tretiakov, a préféré s’abstenir de formuler une lecture claire de la révolution. L’exposition consacrée au centenaire de l’événement frappe par son absence de tranchant. La galerie s’est contentée d’aligner des œuvres peintes en 1917 par des artistes de différents mouvements – images de vie très éloignées des bouleversements historiques. Tout dernier instant de calme avant la tempête. Intéressant à observer mais n’offrant aucune clé pour la compréhension : que s’est-il vraiment passé en Russie en 1917 ? La révolution, en définitive, a-t-elle apporté plus de bien ou de mal au peuple russe ? A-t-elle été, pour l’humanité, un fléau ou une providence ? Que reste-t-il à retenir de cet événement décisif de l’histoire mondiale ? Faut-il le regretter ou saluer son avènement ? Toutes questions qui demeurent sans réponse pour les Russes aujourd’hui. Dans les sondages, seuls 11% d’entre eux déclarent considérer la révolution de 1917 de façon positive. 25% la qualifient d’injustifiable, et 57% n’ont pas d’avis définitif sur la question. Le pouvoir se garde bien, lui aussi, d’interpréter de façon précise les événements d’Octobre. Certes, l’événement est trop massif, trop important, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 novembre 2017
Culture

« Notre mission est la promotion de la littérature russe à l’étranger »

Depuis cinq ans déjà, la Russie soutient activement la traduction des auteurs russes en langues étrangères. Plus de 40 romans, nouvelles et essais ont déjà été publiés en français avec le concours de l’Institut de la traduction, basé à Moscou. Son directeur, Evgueni Reznitchenko, explique au Courrier de Russie comment l’institut sélectionne les projets qu’il soutient, et en quoi publier un jeune auteur peut être plus intéressant pour une maison d’édition qu’un grand nom. Le Courrier de Russie : Sur quoi travaille l’Institut de la traduction ? Evgueni Reznitchenko : Notre mission première est la promotion de la littérature russe contemporaine à l’étranger. Si nos classiques sont assez largement traduits, les auteurs actuels restent souvent méconnus dans les autres pays – et nous œuvrons à y remédier. Notamment en organisant, partout dans le monde, des manifestations visant à faire connaître la littérature russe contemporaine, mais aussi en soutenant des traducteurs et des éditeurs étrangers qui publient des auteurs russes. LCDR : L’Union soviétique avait un important programme de soutien aux traducteurs. Peut-on dire que vous vous inscrivez dans la même lignée ? E.R. : Oui et non. À l’époque soviétique, l’État embauchait des traducteurs étrangers, les faisait venir et travailler en URSS, puis publiait les ouvrages traduits et les envoyait de par le monde, aux sièges des partis communistes, qui devaient se charger de les distribuer. Mais en réalité, on ne sait pas ce qu’il est advenu de la plupart de ces milliers de livres. Aujourd’hui, nous travaillons tout à fait différemment : la Russie conclut avec des éditions étrangères des partenariats afin de mener des projets communs. Et chacun met la main à la pâte : nous finançons la traduction, et l’éditeur se charge d’assurer la publication et la promotion. Nous ne sommes plus la seule partie intéressée, comme autrefois. Dans la répartition des tâches actuelle, tous s’investissent, et chacun sort gagnant. LCDR : Comment sélectionnez-vous les projets à soutenir ? E.R. : Chaque année, entre le 1er octobre et le 31 décembre, des éditeurs du monde entier nous soumettent leurs intentions de publier des œuvres d’auteurs russes. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

31 octobre 2017