Les Ballets Russes : cent ans après

Les Ballets Russes : cent ans après

Un siècle s’est écoulé, et les Ballets Russes sont devenus une légende, le symbole d’une époque unique dans l’histoire de l’art. En 2009, année du centenaire de la naissance de la troupe, pas un opéra en Europe ne se passera de reprendre l’une de créations des Ballets Russes. Et pourtant, rien ne semblait gagné pour ces Russes culottés qui, en avril 1909, parés de leurs plus belles toilettes et se sentant quand même bien provinciaux, débarquaient à la Gare du Nord…« Et les Ballets Russes ! Tout Montparnasse et tout le Faubourg se rendent au Châtelet. On donne Parade – ballet cubiste. Et faire l’amour dans les loges durant Parade est du dernier cri. Cette lumière crue, cette musique directe, sans fioritures, portent droit au… cœur. Et c’est la folie dans les loges (…) Donc tandis qu’on se bat sur le front, pour l’Alsace, on se cogne au Châtelet, pour ou contre Parade – quand on n’y fait pas l’amour. Le cubisme l’emportera-t-il ? », s’indigne le critique Michel Georges-Michel.On est en 1917, et le nouveau ballet de Diaghilev, Parade, met en état d’ébullition ce monde parisien où le scandale au Châtelet importe plus que Verdun. Loin d’être une simple provocation, Parade – co-créé par Erik Satie, Jean Cocteau, Pablo Picasso et Léonide Massine – marquera la mort de la Belle Époque et le début du nouveau siècle. Parmi les 67 ballets créés par la troupe de Diaghilev en vingt ans, plusieurs ont, en une soirée, propulsé des années en avant l’art de la danse – et, bientôt, les critiques clamaient : « Un printemps n’est pas un printemps sans les Ballets Russes ». Comment les Russes « sauvages » ont-ils pu se faire une telle place sur la scène parisienne et, qui plus est, dans une discipline dont les Français n’étaient point friands ?Les Ballets Russes : cent ans après

Paris conquise par les barbares

« Il ne faut pas oublier qu’à l’époque de la mise en scène de Boris¹ à Paris, nous étions pour les Parisiens des sauvages, puis nous sommes devenus sauvages et raffinés, et il a fallu vingt ans de travail pour pouvoir occuper une place égale à la leur », précisait Diaghilev. Et c’est précisément, d'ailleurs, en exploitant cette image d’un pays sauvage que Diaghilev a réussi à s’imposer pendant les premières années de son aventure parisienne.Bien que Diaghilev ait toujours vécu dans le présent sans prévoir ce qu’il ferait le mois prochain, il a méticuleusement préparé l’avènement des Ballets Russes : il commença par organiser, en éclaireur, une exposition de peintures et de sculptures contemporaines au Salon d'automne de Paris en 1906 ; puis une série de concerts d'airs d'opéras russes l’année suivante ; et, enfin, il monta Boris Godounov avec Chaliapine, en 1908, à l’Opéra de Paris. Le succès qu’il obtint l’assura que l’intérêt du public français pour la culture russe pourrait durer plus d’une saison.

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Daria Moudrolioubova

Dernières nouvelles de la Russie

Yves Zlotowski : « La Russie a prouvé sa capacité à gérer une crise »

Interview avec Yves Zlotowski, conomiste en chef du département risque pays et études économiques chez Coface

 

28 mai 2010

Péchés de jeunesse

La vie d’un jeune provincial, un temps soldat en Tchétchénie, un temps commis boulanger, videur dans une boîte de nuit ou croque-mort… et toujours poète – se déroule sur les pages du Péché, roman en nouvelles de Zakhar Prilepine, lauréat du prix Bestseller 2008 en Russie.

 

31 juillet 2009

De la (science) fiction à la réalité

Il est difficile d’être un dieu est une sorte de Retour vers le futur : l’action se déroule au XXIIe siècle dans le royaume d’Arkanar, situé sur une planète inconnue dont le niveau de développement correspond au Moyen Âge terrestre : barbarie et manque d’hygiène de rigueur.

 

17 juillet 2009