Alexander Von Benckendorff, l’homme qui n’en savait jamais assez

La naissance de la police politique en Russie

« En elle-même, la police n'est qu'une puissance occulte, dont la force réside dans l'opinion qu'elle sait donner de sa force ». L’histoire russe paraît fournir la constante démonstration de cette pensée de Fouché. L’omniprésence, réelle ou supposée, des structures de force, l’efficacité et la profondeur de leur réseau d’observation, et l’impossibilité d’entreprendre quoi que ce soit à leur insu, sont des représentations largement répandues dans les analyses sur la Russie depuis près de deux siècles. Si des formes de police politique y ont existé depuis des temps anciens, si des institutions plus élaborées se sont développées à partir de Pierre Ier, c’est en 1826, sous le règne de Nicolas Ier, qu’est mise en place une organisation centralisée couvrant l’ensemble du territoire russe, avec des relais à l’étranger : la fameuse Troisième section de la chancellerie impériale, rapidement installée au 16, rue Fontanka, à Saint-Pétersbourg. À l’origine de sa création, un aristocrate balte, Alexander Von Benckendorff. Pendant près de deux décennies (1826-1844), il allait en fixer durablement l’organisation et les modes de fonctionnement, acquérant auprès du pays entier une réputation d’effrayante ubiquité.Benckendorff est d’abord un militaire. Né en 1783 à Reval, aujourd’hui Tallinn, fils de général, il entre dans la Garde après des études sommaires dans un pensionnat de Pétersbourg. Il participe à toutes les campagnes du temps, au Caucase d’abord, puis face aux Turcs et aux Français. Il est à Eylau en 1807, à Leipzig en 1813, et enfin aux Pays-Bas et en France en 1814. À la fin de la guerre, jeune trentenaire, blessé et décoré à de nombreuses reprises, il commande une division de dragons. Chef d’Etat-major de la garde en 1819, lieutenant général en 1821, il connaît une carrière brillante, tout comme son frère cadet, également militaire. Sa sœur, la belle Dorothée de Liéven, est, quant à elle, la maîtresse de Metternich. Régnant, à Londres puis à Paris, sur un salon où défile toute l’Europe, et où se nouent les intrigues amoureuses autant que diplomatiques, elle sera plus tard l’égérie de Guizot.

Gentleman inquisiteur

Membre de la loge des « Frères réunis » en 1818-1820, Beckendorff est témoin de la montée des idées libérales chez les officiers russes de retour de France.

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Paul Huetz

Dernières nouvelles de la Russie

Enigma : « Pour peu que la bobine d’un zouave ou d’un arabe ait frappé son attention, il pouvait la restituer avec une absolue fidélité plusieurs mois après sur l’une de ses toiles »

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15 juillet 2011

Enigma : « Ils aimaient la même femme »

La fin de la saison approchant, j'avais décidé de tenter une dernière sortie, profitant d'une matinée plus ensoleillée que les précédentes. En milieu d'après-midi, je m'en retournais à travers champs, le carnier à moitié rempli, flanqué de ma chienne préférée, lorsque du ciel soudain asssombri une pluie torrentielle et glacée s'abattit sur la campagne briarde. Je m'élançai à toutes jambes vers un large édifice situé à une centaine de mètres. J’arrivai trempé sous l’auvent. Une fois bien à l'abri, je reconnus la grange de Planoy, qui bien des années auparavant m'avait déjà protégé en pareille circonstance des fureurs de l'orage. Je chassais à l'époque avec un de mes vieux amis, depuis perdu de vue, et dont les journaux ne m'ont rappelé l'existence il y a quelque temps que pour m'annoncer sa mort.

 

10 juin 2011

« Un Russe n’a pas la même mentalité que nous »

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14 mars 2011