Dina Vierny : l’envol d’une muse

Dina Vierny : l’envol d’une muse

Quel fabuleux destin que celui de muse… Et, lorsqu’elle disparaît, c’est aussi un peintre qui s’éloigne. Dina Vierny, muse et modèle d’Aristide Maillol, s’est éteint le 20 janvier dernier, quelques jours avant son 90ème anniversaire et, jour pour jour, quatorze ans après l’inauguration du Musée Maillol qui fût l’œuvre de sa vie. Beauté biblique, femme d’un courage rare et d’une perspicacité redoutable, Dina Vierny fut l’un des personnages les plus remarquables du monde artistique du siècle dernier.

Muse en devenir

À elle seule, Dina Vierny pourrait écrire l’histoire du XXe siècle, tant sa vie est remplie de grandes tragédies, d’immenses conquêtes et de découvertes extraordinaires. Née dans une famille juive de Kishinev, en Roumanie¹, elle quitte rapidement sa terre natale. Son père, Jacob Aibinder, musicien proche des mencheviks, suit avec sa famille le chemin de centaines de milliers de réfugiés politiques : Odessa, Varsovie, Berlin, et enfin Paris. Là, Dina découvre la vie de bohème, étudie la chimie, chante des chansons tziganes, flâne sur les marchés aux puces et dévalise les stands des bouquinistes… Elle a 15 ans en 1934. Un ami de son père, frappé par sa ressemblance avec certaines oeuvres de Renoir et de Maillol, la présente à ce dernier. À 73 ans, l’artiste est loin du sommet de sa gloire et manque d’inspiration… C’est Dina qui la lui rendra. Sa collaboration avec Maillol donnera naissance à une vraie amitié. Pendant dix ans, elle pose pour lui, mais aussi pour Matisse, Bonnard et Raoul Dufy, tous subjugués par sa beauté et son intelligence : pour la première fois, ils rencontraient un modèle qui avait fait des études,

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Daria Moudrolioubova

Dernières nouvelles de la Russie

Carrière

Yves Zlotowski : « La Russie a prouvé sa capacité à gérer une crise »

Économiste en chef du département risque pays¹ et études économiques chez Coface (Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur), Yves Zlotowski se penche depuis longtemps sur le cas de la Russie. Il explique pourquoi la Russie a été l’un des pays les plus durement touchés par la crise et comment le manque de transparence et la faiblesse du cadre légal peuvent aggraver la situation économique russe.Le Courrier de Russie : En 2008, vous prédisiez la crise actuelle : vous aviez, en effet, parlé de pics d’impayés des entreprises arrivant tous les 10 ans, et dont le dernier avait eu lieu en 2001. À l’époque pourtant, vous n’aviez pas prévu l’étendue de cette crise. Pourquoi le pic d’impayés s’est-il révélé plus grave cette fois-ci, notamment en Russie ? Yves Zlotowski : Nous avons toujours été prudents dans notre notation du risque sur les entreprises russes : Coface évalue le risque de crédit des entreprises, et des éléments tels que la croissance ou le taux de change peuvent avoir de l’influence sur le comportement de paiement des entreprises. Concernant la Russie, nous avons toujours considéré que ce risque y était un peu plus élevé que dans les autres pays BRIC², notamment pour des raisons liées à la transparence des entreprises. Le deuxième aspect, c’est le cycle d’augmentation de l’endettement des entreprises qui a commencé dès 2003-2004. La Russie est le pays émergent où l’endettement extérieur privé a le plus augmenté. La plupart des observateurs se sont focalisés sur le désendettement de l’État russe, ne prêtant guère d’attention à l’explosion de l’endettement privé. En revanche, personne n’avait imaginé que la récession russe soit aussi forte. Donc, non seulement la note de la Russie avant la crise n’était pas excellente (elle était notée B), mais la situation a été encore aggravée par l’endettement accru des entreprises et la violence du choc de croissance. LCDR : Pourquoi les entreprises russes se sont-elles endettées à ce point ? […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 mai 2010
Culture

Les Ballets Russes : cent ans après

Un siècle s’est écoulé, et les Ballets Russes sont devenus une légende, le symbole d’une époque unique dans l’histoire de l’art. En 2009, année du centenaire de la naissance de la troupe, pas un opéra en Europe ne se passera de reprendre l’une de créations des Ballets Russes. Et pourtant, rien ne semblait gagné pour ces Russes culottés qui, en avril 1909, parés de leurs plus belles toilettes et se sentant quand même bien provinciaux, débarquaient à la Gare du Nord… « Et les Ballets Russes ! Tout Montparnasse et tout le Faubourg se rendent au Châtelet. On donne Parade – ballet cubiste. Et faire l’amour dans les loges durant Parade est du dernier cri. Cette lumière crue, cette musique directe, sans fioritures, portent droit au… cœur. Et c’est la folie dans les loges (…) Donc tandis qu’on se bat sur le front, pour l’Alsace, on se cogne au Châtelet, pour ou contre Parade – quand on n’y fait pas l’amour. Le cubisme l’emportera-t-il ? », s’indigne le critique Michel Georges-Michel. On est en 1917, et le nouveau ballet de Diaghilev, Parade, met en état d’ébullition ce monde parisien où le scandale au Châtelet importe plus que Verdun. Loin d’être une simple provocation, Parade – co-créé par Erik Satie, Jean Cocteau, Pablo Picasso et Léonide Massine – marquera la mort de la Belle Époque et le début du nouveau siècle. Parmi les 67 ballets créés par la troupe de Diaghilev en vingt ans, plusieurs ont, en une soirée, propulsé des années en avant l’art de la danse – et, bientôt, les critiques clamaient : « Un printemps n’est pas un printemps sans les Ballets Russes ». Comment les Russes « sauvages » ont-ils pu se faire une telle place sur la scène parisienne et, qui plus est, dans une discipline dont les Français n’étaient point friands ?Paris conquise par les barbares « Il ne faut pas oublier qu’à l’époque de la mise en scène de Boris¹ à Paris, nous étions pour les Parisiens des sauvages, puis nous sommes devenus sauvages et raffinés, et il a fallu vingt ans de travail pour pouvoir occuper une place égale à la leur », précisait Diaghilev. Et c’est précisément, d’ailleurs, en exploitant cette image d’un pays sauvage que Diaghilev a réussi à s’imposer pendant les premières années de son aventure parisienne. Bien que Diaghilev ait toujours vécu dans le présent sans prévoir ce qu’il ferait le mois prochain, il a méticuleusement préparé l’avènement des Ballets Russes : il commença par organiser, en éclaireur, une exposition de peintures et de sculptures contemporaines au Salon d’automne de Paris en 1906 ; puis une série de concerts d’airs d’opéras russes l’année suivante ; et, enfin, il monta Boris Godounov avec Chaliapine, en 1908, à l’Opéra de Paris. Le succès qu’il obtint l’assura que l’intérêt du public français pour la culture russe pourrait durer plus d’une saison. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

18 septembre 2009
Littérature

Péchés de jeunesse

La vie d’un jeune provincial, un temps soldat en Tchétchénie, un temps commis boulanger, videur dans une boîte de nuit ou croque-mort… et toujours poète – se déroule sur les pages du Péché, roman en nouvelles de Zakhar Prilepine, lauréat du prix Bestseller 2008 en Russie. À travers les récits – qui viennent en désordre, tels des flashs de mémoire – on suit le héros qui s’attendrit devant des chiots errants, picole, regarde les bourgeons éclore sur les arbres et admire les jeunes filles. Mais la trame submergée des nouvelles est toute autre : dans chacune d’entre elles, la vie fait face à la mort, et ce n’est que dans l’espace de tension entre ces deux pôles que le personnage parvient à se sentir vivant. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

31 juillet 2009