Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev s’est exprimé sur la situation en Ukraine, sur sa page Facebook, le 2 mars dans la soirée.

Dmitri Medvedev. Crédits : rusday.net
Dmitri Medvedev. Crédits : rusday.net

La Russie est prête à développer avec l’Ukraine, ce pays frère, des relations respectueuses et multiformes. Efficaces, et mutuellement profitables.

Mais l’Ukraine, pour nous, ce n’est pas ce groupe de gens qui, après avoir fait couler le sang sur la place Maïdan, s’est emparé du pouvoir en violant la Constitution et les autres lois de son pays. L’Ukraine, pour nous, c’est tout le pays. Ce sont des gens très divers. Des Ukrainiens, des Russes, des Tatares, des Juifs. Et d’autres peuples, qui vivent ensemble en bonne intelligence.

Certes, l’autorité du président Ianoukovitch est pratiquement nulle, mais cela ne change rien au fait qu’il est, en vertu de la Constitution de l’Ukraine, le chef légitime de l’État. S’il est coupable devant l’Ukraine, alors lancez une procédure de mise en accusation dans le respect de la Constitution ukrainienne (article 111), et jugez-le. Tout le reste n’est qu’arbitraire. Accaparement du pouvoir. Ce qui signifie qu’un tel ordre sera extrêmement instable. Qu’il se terminera par un nouveau coup d’État. De nouveau du sang.

La Russie a besoin d’une Ukraine forte et stable. D’un partenaire prévisible et économiquement valable. Et pas d’un parent pauvre, à la main perpétuellement tendue. Tout cela, nous l’avons déclaré hier au tout nouveau dirigeant ukrainien.

Le président de la République de Tchétchénie a promis de protéger ses compatriotes vivant en Ukraine . Selon lui, les Tchétchènes ont de sérieux problèmes «concernant leur sécurité personnelle et celle de leurs entreprises », a-t-il fait savoir sur son compte Instagram le 26 février.

Instagram Ramzan Kadyrov. Kadyrov prêt à soutenir « le peuple frère ukrainien ». Le président de la République de Tchétchénie
Compte Instagram de Ramzan Kadyrov

Ramzan Kadyrov a souligné que différents groupes nationalistes ukrainiens essayaient « de s’emparer non seulement des entreprises mais aussi des biens gagnés par le travail honnête de Tchétchènes qui vivent et sont citoyens de l’Ukraine. »

A travers son compte Instagram, le leader tchétchène a ainsi donné sa vision de la situation en Ukraine : « C’est un coup d’état planifié par l’Ouest. Le pouvoir a été pris par des bandits et des terroristes. S’il est nécessaire, nous viendrons au secours de ceux qui ont été trompés et humiliés par les terroristes formés à l’Ouest et nous les aiderons à se relever ».

Kadyrov a posté ce commentaire après qu’une centaine de Berkouts, les forces spéciales ukrainiennes, se sont agenouillés sur scène afin de demander pardon à la population de Lviv pour les violences commises durant le mouvement de protestation qui sévissait en Ukraine depuis fin novembre 2013. Mercredi 26 février, le ministre de l’Intérieur par intérim Arsen Avakov avait annoncé la dissolution des forces spéciales ukrainiennes.

Répondant aux questions des journalistes mercredi 26 février à Grozny, Kadyrov a également déclaré que les Tchétchènes ne pouvaient pas « regarder en silence » les Berkouts se repentir alors que des affrontements ont lieu en Crimée entre des séparatistes pro-russes et des Tatars pro-ukrainiens. Il s’est dit prêt à envoyer des soldats en Ukraine pour protéger et défendre les intérêts des « Tchétchènes, Kazakhs et autres Russes ».

Rappelons que les Tchétchènes ont lutté pour leur indépendance lors de deux guerres dans les années 1990 et 2000, jusqu’à ce que Moscou mette un terme au conflit et installe un gouvernement pro-russe que Kadyrov dirige à présent.

Alors que le Premier ministre russe Dmitri Medvedev exprimait sa défiance vis-à-vis du gouvernement provisoire ukrainien, la Russie a envoyé une délégation parlementaire en Crimée le 24 février.

Le port de Sébastopol. Crédits: crimea.ua
Le port de Sébastopol. Crédits: crimea.ua

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a exprimé sa défiance vis-à-vis du gouvernement provisoire ukrainien, lors d’une conférence de presse, à Sotchi, le 24 février. « Nous ne serions prêts à reprendre nos relations économiques avec l’Ukraine que dans le cas où elle se doterait d’un pouvoir légitime, fondé sur la Constitution, a-t-il déclaré. Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev en masques noirs et avec des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec lui. »

Pour M. Medvedev, la reconnaissance du gouvernement provisoire ukrainien par certains pays ne serait que le résultat d’un « détournement des faits ».

Le même jour, une délégation parlementaire russe, dirigée par le président du comité de la Douma pour les affaires de la CEI Leonid Sloutsky, est arrivée à Simferopol, capitale administrative de la république autonome ukrainienne de Crimée. M. Sloutsky a confié à RIA Novosti que la Russie était en train de mettre en place des mesures concrètes d’encadrement des familles ukrainiennes qui ne souhaitent pas se détacher de la langue russe.

Le lendemain, des journaux ukrainiens, citant la page Facebook du journaliste local de Novyi Kanal Oleg Krioutchkov, ont écrit que la Russie serait prête à délivrer des passeports russes aux résidents de Crimée et à examiner rapidement une éventuelle demande d’annexion de la république au territoire russe. Ces informations n’ont toutefois pas été confirmées officiellement.

Pour mémoire, l’abolition du statut de langue régionale protégée pour le russe, votée par le Parlement ukrainien le 23 février, a instantanément provoqué une vague de manifestations dans toute la partie russophone de l’Ukraine. C’est à Sébastopol que la tension a été le plus fortement ressentie, où plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont élu un nouveau maire (à la place de Vladimir Yatsouba, nommé par Kiev), l’homme d’affaires russe Alekseï Tchaly, et où le drapeau tricolore russe orne désormais la façade de la mairie.