Médocs et cuisine

Au moment de la parution de Soumission, il y a exactement quatre ans, il n’était pas inintéressant de se pencher sur d’éventuels points de contact entre cette œuvre de Michel Houellebecq et le roman Telluria de Vladimir Sorokine, sorti en russe quelque deux ans plus tôt1. A priori, la tâche semblait vaine, les deux écrivains différant par leur style, leur histoire, leurs personnalités… Ils ont néanmoins plusieurs traits essentiels en commun : une vision distanciée des évolutions du monde (un monde plus français pour Houellebecq, nettement plus large pour Sorokine) et une redoutable intuition. N’est-ce pas là la marque d’une « vraie » littérature de plus en plus rare ?

Deux sommes sur Dostoïevski

Deux sommes sur Dostoïevski Les éditions des Syrtes publient Dostoïevski, un écrivain dans son temps1 de l’Américain Joseph Frank, spécialiste mondialement reconnu de l’auteur de Crime et Châtiment. Paru en anglais en cinq tomes, dans les années 1970, cet ouvrage exceptionnel a été condensé en un volume par l’auteur en 2010, avec une préface inédite.… Poursuivre la lecture de Deux sommes sur Dostoïevski

L’achèvement du roman moderne

Se sentant infiniment coupable d’avoir frappé son ordonnance, un jeune officier reçoit du ciel un mystérieux appel à devenir moine, alors qu’il devait se battre en duel le lendemain. Le duel a lieu, mais l’officier ne réplique pas à la balle qui le frôle. Ses camarades s’offusquent d’une telle faiblesse, puis s’inclinent quand il leur annonce sa soudaine vocation monastique. Ces péripéties qui marquent la vie du starets Zénob dans Les Frères Karamazov reflètent le caractère excessif des héros dostoïevskiens, un excès déroutant qui plonge le lecteur dans un univers sombre et agité, empreint de mystique et de métaphysique.

« La littérature permet tout »

Evgueni Vodolazkine « La littérature permet tout » Né en 1964 à Kiev, le médiéviste Evgueni Vodolazkine vit aujourd’hui à Saint-Pétersbourg. Chercheur à l’Académie des sciences, reconnu pour la qualité de ses travaux scientifiques, il fait une entrée fracassante dans la littérature en 2009, avec un premier roman intitulé Soloviev et Larionov.1 Propos recueillis par Anna Stepanova… Poursuivre la lecture de « La littérature permet tout »

Le livre pour ne pas céder

Durant ses seize ans d’existence, Le Courrier de Russie a ouvert régulièrement – et généreusement – ses pages à la littérature russe sans pour autant lui consacrer un supplément à part entière. Alors pourquoi sauter le pas à présent ? La réponse est simple : l’urgence.

« En Russie, les gens achètent des livres pour se réchauffer »

Dans Manaraga, qui paraît en français à l’occasion du Salon du Livre de Paris, Vladimir Sorokine se penche, pour la deuxième fois après Telluria, sur ce qui peut être l’avenir proche du continent européen. Il en ressort une humanité déshumanisée, un univers sans livres, une absence consentie de pensée. Le Courrier de Russie a rencontré l’écrivain lors de son dernier passage à Moscou.