La Сhambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR) appelle de ses vœux l’engagement d’un dialogue constructif, basé sur la recherche de compromis et l’implication de l’ensemble des parties en présence, afin d’aboutir le plus rapidement possible à des solutions raisonnables.

Bien évidemment, les sociétés membres de la CCIFR sont à l’heure actuelle extrêmement préoccupées par les événements se déroulant en Ukraine, ainsi que par la menace de l’introduction de sanctions économiques qui s’avèreraient destructrices pour les économies française et russe.

Emmanuel Quidet : « L’économie ne doit pas dépendre de la politique ». crédits: CCIFR
Crédits: CCIFR

La France est le troisième investisseur étranger en Russie (en termes de volumes des investissements directs), ayant ainsi créé des centaines de milliers d’emplois, introduit en Russie de nombreuses technologies de pointe et contribué à la diffusion de pratiques respectueuses de l’environnement. Le fait que les sociétés russes aient également commencé à investir activement en France afin de conquérir de nouveaux marchés et d’acquérir des nouvelles technologies et compétences est également d’une grande importance. Notre partenariat économique repose sur la réciprocité, les avantages mutuels et la priorité donnée à la localisation de la production sur l’importation. Il couvre par ailleurs l’ensemble des secteurs économiques, de l’énergie et de l’espace à l’agroalimentaire. 1200 sociétés françaises travaillent en Russie, et plus de 6000 entreprises travaillent au total avec la Russie (en prenant en compte les importations et exportations entre les deux pays).

Étant particulièrement conscient du nombre de personnes dont les emplois dépendent de la coopération entre la France et la Russie, nous appelons à la recherche de compromis et à l’adoption par les autorités des pays concernés de décisions prenant en compte les intérêts de ces personnes. Mais la compréhension doit également s’établir au niveau de la société civile de nos pays, en suivant les principes de respect mutuel et de la confiance de l’un envers l’autre.

Depuis le début de la crise, nous faisons tout le nécessaire afin d’empêcher une détérioration, voire une rupture de la coopération économique entre nos pays. Nous avons pris part à des réunions difficiles mais productives du point de vue du déroulement des discussions avec l’Administration du président français François Hollande, avec le ministère des Affaires étrangères de France, avec l’Assemblée Nationale. Nous informons également en détail les sociétés membres de la CCIFR.

Nous avons été rassurés par l’intervention récente du président François Hollande, au cours de laquelle il a indiqué qu’en dépit du contexte politique difficile, la coopération économique se développe en suivant la logique du marché et l’intérêt mutuel. L’économie ne doit pas dépendre de la politique.

crédits: CCIFR
Emmanuel Quidet. Crédits: CCIFR

La Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR) continue actuellement à porter l’ensemble des projets prévus à l’agenda. Dès la semaine prochaine, en présence d’Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe, et de Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs et membre du Conseil scientifique de l’Observatoire, nous organiserons une session d’information et d’analyse ouverte gracieusement à l’ensemble de nos sociétés membres, afin de faire un point détaillé sur les dernières évolutions de la situation.

Le 24 avril à Paris, se tiendra la deuxième conférence annuelle « France-Russie : coopération et regard croisé sur le monde » ainsi que la présentation du deuxième Yearbook de l’Observatoire franco-russe « Russie-2014 ». Deux délégations d’entreprises françaises dans les régions russes sont également en préparation. Les Comités professionnels de la CCIFR réunissant les représentants des sociétés des deux pays travaillent de manière régulière.

Emmanuel Quidet, Président de la CCIFR

Le commandement de l’OTAN a annoncé le 12 mars l’envoi de deux avions-radars Awacs à la frontière de l’Ukraine et de la Pologne.

Des avions-radars Awacs de l'OTAN surveillent l'Ukraine. Crédits: Wikimedia commons
Crédits: Wikimedia commons

Les avions survoleront la frontière de l’Ukraine avec la Pologne et la Roumanie, membres de l’Alliance nord-atlantique, sans pénétrer dans l’espace aérien de l’Ukraine, afin de « surveiller la crise politique » dans le pays.

Les capacités techniques de ces avions leur permettent de suivre la situation aérienne sur un territoire de plus de 300 000 kilomètres carrés.

Le 9 mars, les États-Unis avaient déjà annoncé l’envoi de 12 avions de chasse F-16 vers la Pologne pour en surveiller la frontière orientale. Selon le projet de l’OTAN, la Roumanie et la Pologne accueilleront bientôt d’autres forces aériennes de l’Alliance.

Le 11 mars, des exercices militaires impliquant les flottes des États-Unis, de la Roumanie et de la Bulgarie ont débuté dans la mer Noire, à proximité des eaux territoriales ukrainiennes. Ces entraînements, décidés en 2013, n’auraient « pas de lien avec la crise en Ukraine » selon le service de presse du ministère de la Défense de Bulgarie.

Rappelons que le 26 février la Russie avait commencé des exercices militaires non-planifiés à la frontière ukrainienne, justifiés par le besoin de vérifier l’aptitude professionnelle des soldats, « sans lien avec la crise ukrainienne ».

La réaction de la Russie face au nouveau pouvoir ukrainien qu’elle considère illégitime et ses activités militaires en Crimée avaient amorcé le début d’un désaccord avec les forces de l’OTAN, fin février.

En visite aux Etats-Unis trois jours avant le début des Jeux olympiques de Sotchi, les activistes du groupe Pussy Riot, Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova, en ont profité pour exprimer librement leur opposition au président russe. 

Pussy Riot aux Etats-Unis: maria alyokhina et nadezhda tolokonnikova
C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Une conférence pour Amnesty International, d’accord, un concert avec Madonna mercredi 5 février, pourquoi pas, mais une rencontre, jeudi 6 février, avec la représentante americaine à l’ONU Samantha Power, ça non.

« Elle n’a pas rejoint le groupe ? », s’est amusé de la situation l’ambassadeur de Russie à l’ONU Vitali Tchourkine en réponse à la demande des journalistes de commenter les événements.

« Je m’attends à ce qu’elle [Samantha Power] les invite à se produire à la cathédrale nationale de Washington. Peut-être pourrait-elle leur organiser une tournée mondiale : la basilique Saint-Pierre de Rome, puis La Mecque peut-être, avant un concert de gala au mur des Lamentations à Jérusalem », a-t-il poursuivi.

La perche ainsi tendue, Samantha Power s’est empressée de répondre au diplomate russe sur son compte Twitter : « Je ne sais pas chanter mais si les Pussy Riot acceptaient de me prendre dans leur groupe, notre premier concert serait dédié aux prisonniers politiques détenus en Russie », a-t-elle écrit, proposant d’organiser une représentation dans la célèbre prison moscovite Matrosskaïa Tichina.

Comme l’a déclaré plus tard le représentant officiel de la mission américaine Curtis Cooper, l’entretien des militantes avec Samantha Power, qui n’a pas duré plus d’une demi-heure, a traité des « des dispositions inquiétantes en Russie dans le domaine des lois, ainsi que les actions du gouvernement dirigées contre les mouvements dissidents et les organisations citoyennes de protection des droits de l’homme ».

Les Etats-Unis étaient la dernière étape de la tournée internationale de Maria Alekhina, 25 ans, et Nadejda Tolokonnikova, 24 ans, entamée peu après leur libération, le 24 décembre 2013, au terme de vingt et un mois de détention. Comme l’ont expliqué les deux activistes, le but de cette mission américaine était « d’étudier les conditions de détention des prisonniers dans les prisons américaines ».

Rappelons que trois des cinq Pussy Riot avaient été emprisonnées pour avoir chanté en février 2012 une « prière punk » contre Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.