Ils n’avaient jamais été aussi nombreux. Samedi 9 mai 2015, quelque 220 mille personnes, selon l’association organisatrice 9may.lv, ont participé à la commémoration des 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale au Mémorial de la victoire de l’armée soviétique, à Riga.

« C’est environ 25 % de la population de Riga. Même à Moscou, je ne suis pas sûr que le Jour de la Victoire soit fêté à aussi grande échelle au sein de la population de la ville », a lancé Nils Ušakovs, maire russophone de Riga, depuis l’estrade installée à quelques mètres de l’imposant monument.

La capitale lettone avait mis les bouchées doubles pour l’occasion, en invitant plusieurs grands noms de la musique russe, tels les groupes Leningrad et DDT, mais aussi Emir Kusturica et son No Smoking Orchestra. Un écran géant diffusait en outre des films d’époque colorisés, tandis que des   chorales entonnaient des chants folkloriques et martiaux.

« Notre fête du 9 mai, ce sont des larmes d’amertume et des larmes de bonheur, c’est un sentiment d’amour pour nos vétérans et de joie que le pire des maux terrestres ait été vaincu », a conclu le maire.

Prononcé uniquement en russe, le discours du responsable municipal n’a toutefois pas plu au Centre linguistique d’État de Lettonie, qui a décidé, le 11 mai, de vérifier dans quelle mesure Nils Ušakovs avait le droit de n’utiliser qu’une seule langue. « Il est indispensable de savoir si M. Ušakovs a prononcé ce discours en tant que maire ou en qualité de simple citoyen, ainsi que de définir si l’organisateur de l’événement était un service d’État », a fait savoir le directeur adjoint du centre, Agris Timuška.

Une annoncé à laquelle le maire de Riga a répondu par la dérision, sur son compte Facebook, invitant le Centre à contrôler « un des chats » vivant dans la cour de la mairie. « Notre équipe a le sentiment qu’il ne parle pas en letton avec les visiteurs. Il faudrait qu’un inspecteur se penche là-dessus », a-t-il écrit.

Nils Ušakovs, leader du parti Centre de l’harmonie, qui défend les intérêts de la minorité russophone, est maire de Riga depuis 2009. La Lettonie recense une communauté de 703 000 personnes d’origine russe, sur une population totale de 2 261 603 habitants.

Ukraine : célébrations sous tension

« Plus jamais, nous ne célébrerons cette journée selon le scénario russe, qui exploite avec sang-froid notre Jour de la Victoire »

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