Mardi 17 mai, le voilier russe Elfin, retenu depuis le 13 mai par la Corée du Nord, est rentré au port de Vladivostok. Si les travaux de réparation sont déjà en cours, les discussions internationales n’en sont, elles, qu’à leurs débuts.

Voilier Elfin à son retour à Vladivostok. Crédits : capture Rossia1
Voilier Elfin à son retour à Vladivostok. Crédits : capture Rossia1

Le voilier, qui faisait route vers Vladivostok depuis la ville sud-coréenne de Busan, où il avait participé à la course Busan Super Cup, a été arrêté le 13 mai en mer du Japon par les garde-côtes nord-coréens avec, à son bord, cinq membres d’équipage.

D’après le second capitaine, Sergueï Domovidov, cité par RIA Novosti à son retour, l’équipage se trouvait à environ 90 milles marins du rivage lorsqu’il a remarqué l’approche « agressive » d’un bateau de pêche nord-coréen.

« L’embarcation, vieille et rouillée, faisait entre 35 et 40 mètres de long. Les personnes qui étaient à bord, énervées, nous ont crié : Eh, les Russes, halte ! Nous avons commencé à manœuvrer mais il était trop tard », poursuit le second capitaine.

Un deuxième bateau coréen se serait approché de l’Elfin peu après, toujours selon Sergueï Domovidov.

« Les deux équipages ont alors commencé à nous jeter des pierres, des bouteilles et des morceaux de charbon, dont ils se servent pour chauffer leurs bateaux. La situation était très tendue », ajoute le second capitaine russe.

Les Coréens ont endommagé la coque du voilier et une bagarre a même éclaté après que l’un d’eux s’en est pris au capitaine russe. L’Elfin a ensuite mis dix heures pour être remorqué jusqu’au port nord-coréen de Kimchaek.

Itinéraire approximatif de l'Elfin et lieu de l'arrestation. Source : Delta
Itinéraire approximatif de l’Elfin et lieu de l’arrestation. Source : Delta

Le 15 mai, Pyongyang a déclaré que l’incident avait été causé par « un quiproquo ». Selon Iouri Botchkarev, consul général de Russie dans la ville nord-coréenne de Chongjin, la Corée du Nord a affirmé que les inscriptions coréennes sur le voilier russe [restes de la course] avaient suscité la méfiance des pêcheurs, qui, vigilants, avaient voulu savoir de quoi il retournait.

Dès le jour de l’incident, Moscou s’est empressée d’exiger la libération immédiate du voilier et de son équipage. Cette demande n’a toutefois été satisfaite par Pyongyang que deux jours plus tard, le geste ne s’accompagnant d’aucune excuse officielle, a affirmé à TASS Igor Agafonov, représentant provisoire du ministère russe des affaires étrangères à Vladivostok. La Corée du Nord s’est contentée de demander à la Russie de se montrer « compréhensive » à l’égard des pêcheurs.

Garde-côtes nord-coréens. Crédits : Kcna
Garde-côtes nord-coréens. Crédits : Kcna

Les membres de l’équipage ont comparé le procédé à « une attaque de pirates », estimant les travaux de réparation du voilier à au moins 12 000 dollars. Par ailleurs, ils ont l’intention « de revoir leur itinéraire » depuis la Corée du Sud en passant plutôt au large des côtes japonaises, même si cela ajoutera 60 à 70 milles marins à leur trajet – environ une journée.

La Russie, qui partage un petit morceau de frontière terrestre avec la Corée du Nord, entretient des relations relativement bonnes avec le régime de Kim Jong-Un.

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La Russie et la Chine ont signé mercredi 21 mai un contrat d’une durée de 30 ans sur la fourniture de gaz russe à Pékin par l’itinéraire oriental, pour un total de 400 milliards de dollars.

Pékin investira près de 22 milliards de dollars dans le cadre de ce contrat, alors que les investissements russes dans le projet devront pour leur part atteindre 55 milliards de dollars, a annoncé mercredi le président russe Vladimir Poutine en visite les 20 et 21 mai en Chine, cité par Ria Novosti.

Le gaz sera livré par l’itinéraire oriental et le gazoduc Sila Sibiri (la force de la Sibérie), qui sera construit à partir de la zone d’extraction gazière de Chayanda en Yakoutie. Le montant de la construction de ce pipeline est évalué à 46 milliards de dollars.

Plus tôt dans la journée, le russe Gazprom et la China National Petroleum Corporation (CNPC) avaient signé un contrat de livraison de gaz naturel à la Chine sur 30 ans pour un montant de 400 milliards de dollars. Prévus au départ à 38 milliards de mètres cubes de gaz livrés par an, avecun prix d’achat de 350 dollars les 1000 mètres cubes, les volumes de gaz fournis à la Chine pourraient par la suite être augmentés jusqu’à 60 milliards m3/an.

Rappelons que le président russe est arrivé en Chine le 20 mai dans le cadre d’une visite officielle de deux jours. Lors de sa première journée, Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping ont réaffirmé la convergence de leurs positions sur les problèmes internationaux, y compris sur la situation en Ukraine, et ont convenu de coordonner leurs démarches sur la scène internationale.