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Crédits : fonds caritatif Vtoroe Dikhanie

Des poubelles aux rayons de magasins : les pionniers de l’entrepreneuriat social russe

L’entrepreneuriat social peut être considéré comme une des nouvelles tendances du monde caritatif russe. Rencontre avec les fondatrices de deux projets à suivre.

Daria Alexeïeva, fondatrice du magasin de vêtements caritatif Charity Shop

Comment vous est venue l’idée de monétiser une action caritative ?

En 2012, alors que je travaillais pour une ONG, je suis allée aux États-Unis dans le cadre d’un programme d’échange destiné aux activistes. Là-bas, nous avons visité l’organisation Goodwill Industries, à San Francisco. Cet organisme collecte les vêtements qui ne servent plus, dans le but de les revendre. L’argent récolté – soit des milliards de dollars – est injecté dans des programmes fédéraux destinés à trouver un emploi aux personnes issues de groupes sociaux vulnérables. J’ai trouvé cette histoire formidable et, en 2014, ai ouvert mon premier magasin caritatif à Moscou, rue Sadovo-Spasskaïa.

À l’époque, plusieurs magasins similaires existaient déjà à Moscou, mais leur concept était quelque peu différent du nôtre. Il s’agissait des magasins Lavka radosteï (« L’échoppe des joies ») de l’association Vse vmeste (« Tous ensemble »), Stil jizni (« Mode de vie ») – un projet de nos « voisins » dans le quartier Sokol –, ou encore BlagoBoutik (« ChariBoutique ») de la fondation Podari jizn (« Offre la vie »), qui vendait à des prix assez élevés des affaires ayant appartenu à des célébrités. Nous visons pour notre part un public large et nous appuyons sur le soutien et l’aide des entreprises.

Combien d’argent avez-vous investi dans ce projet et quand celui-ci est-il devenu rentable ?

J’y ai investi 600 000 roubles, soit la somme que j’avais économisée avec mon précédent travail. Elle m’a servi à ouvrir le magasin. Nous avons atteint le seuil de rentabilité le premier mois mais nous avons ensuite connu des « mauvais » mois, par exemple en janvier ou en été, quand nous avons dépensé plus que ce que nous gagnions. Les deux premières années, j’ai investi environ 20 000 dollars dans le projet.

Avez-vous fait appel à des investisseurs externes ?

Non, mais nous avons un investisseur à impact social, que la recherche de profits n’intéresse pas. Je préfère ne pas le nommer. Ce qui est important pour lui, c’est que le projet ne soit pas déficitaire. Il ne perçoit pas de dividendes mais, chaque trimestre, je lui explique ce que nous avons fait et les objectifs atteints.

Quels objectifs avez-vous atteints pour le moment ?

Nous possédons aujourd’hui quatre magasins. Outre ceux-ci, nous disposons également d’autres sources de revenus. Par exemple, les services aux entreprises : lorsque l’une d’elles veut installer dans ses bureaux une boîte de collecte de vêtements, elle peut la commander chez nous. Les ventes en gros constituent notre troisième source de recettes. Certains magasins, sociaux ou de seconde main par exemple, nous achètent des vêtements déjà triés pour les revendre.

Voilà comment nous arrivons à vivre. Près de 700 à 800 000 roubles servent chaque mois à entretenir nos infrastructures. Nous versons le reste de l’argent gagné dans notre fonds caritatif Vtoroïé Dykhanie (« Second souffle »), […]

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Anastasia Sedukhina

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