Le Courrier de Russie

Emmanuel Macron bénéficie d’une « grande marge de manœuvre »

Igor Delanoë, directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe, évoque, pour BizMag, les perspectives de développement des relations franco-russes quelques semaines après la prise de fonction du président Emmanuel Macron.

 

« Si François Fillon avait remporté l’élection, ses déclarations considérées en France comme prorusses et les affaires auxquelles il s’est retrouvé mêlé lors de la course à l’Élysée ne lui auraient pas permis d’opérer un rapprochement ouvert avec la Russie »

Lors de la campagne présidentielle française, la Russie a misé sur la droite : François Fillon était considéré comme un candidat prorusse, à l’instar de Marine Le Pen, que le président Vladimir Poutine a rencontrée au Kremlin peu de temps avant le scrutin. Peut-on qualifier la victoire d’Emmanuel Macron de défaite pour la Russie ?

Emmanuel Macron est venu en Russie en janvier 2016 lorsqu’il était ministre de l’Économie. À cette occasion, il a fait une série de déclarations positives concernant la Russie, notamment sur la nécessité d’une levée ne serait-ce que partielle des sanctions. On peut donc dire qu’il est ouvert au dialogue et les autorités russes en ont bien pris note.

Lors de la campagne électorale, Macron n’a fait aucune déclaration positive ou négative au sujet de la Russie, ce qui lui laisse une marge de manœuvre relativement grande.

Certes, le Kremlin a d’abord misé sur le candidat des Républicains. Toutefois, si François Fillon avait remporté l’élection, ses déclarations considérées en France comme prorusses et les affaires auxquelles il s’est retrouvé mêlé lors de la course à l’Élysée ne lui auraient pas permis d’opérer un rapprochement ouvert avec la Russie. […]