Ekaterina Berezi.

« C’est toujours difficile d’être un pionnier »

Chaque année, le Forum économique mondial de Davos dresse la liste des 100 leaders mondiaux âgés de moins de 40 ans qui, selon l’organisation, accomplissent des tâches très complexes visant à introduire des approches innovantes. En 2017, le cercle des Young Global Leaders inclut deux personnes représentant la Russie : Maxime Orechkine, ministre du développement économique, et Ekaterina Berezi, cofondatrice de l’entreprise ExoAtlet, qui fabrique des exosquelettes médicaux pour les personnes souffrant de troubles de l’appareil locomoteur. BizMag s’est entretenu avec Ekaterina de son entrée dans ce classement prestigieux, de son entreprise et de la difficulté de développer une start-up technologique en Russie aujourd’hui.

Quelle est la raison, selon vous, de votre entrée dans le classement Young Global Leaders ? 

Cette liste inclut des personnes passionnées par ce qu’elles font. Elles réalisent des projets qui à la fois les inspirent et apportent des changements positifs dans la société. Ces personnes étant nombreuses, choisir les young leaders est une tâche complexe qui dépend de l’ampleur et du caractère actuel du problème auquel ils s’attaquent. J’ai sans doute simplement eu de la chance.

Quel est l’intérêt de votre présence dans cette liste pour votre entreprise et vous ?

Les Young Global Leaders organisent régulièrement des rencontres pour leurs participants. C’est une communauté très étroite qui soutient et aide ses membres. Les young leaders sont prêts, au minimum, à conseiller et rencontrer ceux qui veulent participer à un projet et, au maximum, à contribuer personnellement au développement de ce projet. C’est un groupe dans lequel il faut s’impliquer et chercher des points de contact pour accroître ses propres capacités et réaliser de nouveaux projets significatifs. ExoAtlet peut donc en retirer des avantages en tant que société qui crée du matériel de rééducation innovant.

Parlons de votre entreprise. Votre projet est unique en Russie. D’où cette idée vous est-elle venue ?

Beaucoup de Russes ont certainement eu des idées similaires avant nous. Nous avons simplement eu la chance de la concrétiser au bon endroit et au bon moment. J’ai rejoint le projet en 2014. À l’époque, le noyau de l’équipe de recherche de l’Institut scientifique de mécanique de l’université Lomonossov de Moscou (MGOu), dirigée par Elena Pismennaïa, était déjà formé. En 2011, l’équipe avait remporté un appel d’offres du ministère des situations d’urgence pour créer un exosquelette servant à éteindre les incendies ou déblayer les décombres. Pendant deux ans, ils se sont penchés sur la conception d’exosquelettes afin de décupler la force et l’endurance des sauveteurs.

Après l’arrivée de mon collègue Mikhaïl Kroundychev et moi, le projet a commencé à se développer en tant que start-up autonome, baptisée ExoAtlet, et nous nous sommes fixé l’objectif de créer un exosquelette de rééducation pour les personnes victimes de traumatismes de la colonne vertébrale, d’AVC et d’autres accidents entraînant une perte de mobilité. […]

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Propos recueillis par Anastasia SedukhinaTraduit par Maïlis Destrée