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Vladimir Sadovine, directeur général d'Azbuka Vkusa. Crédits : DR

« Si un jour je vois chez moi un sac d’un autre supermarché, je divorce »

La chaîne de supermarchés haut de gamme Azbuka Vkusa fête ses 20 ans cette année. En deux décennies, elle est devenue l’une des plus grandes de Moscou. BizMag a discuté avec son directeur général, Vladimir Sadovine, des étapes de développement et des clients de la chaîne mais aussi de ses préférences gastronomiques personnelles.

VLADIMIR SADOVINE
Né le 22 avril 1969
Éducation : MGIMO, économiste international spécialisé dans le Japon (étudiant d’échange à l’International Christian University de Tokyo)
Carrière : 1995-2001 : directeur marketing de la holding Russkiy produkt
2002-2004 : directeur marketing chez Azbuka Vkusa
2003 : invité à rejoindre le réseau fédéral de vente d’équipement numérique et mobile Dixis, où il a élaboré et introduit une politique de marketing
2004-aujourd’hui : directeur général d’Azbuka Vkusa
2008 : lauréat du prix « Chaînes de vente au détail » lors du concours international « Entrepreneur de l’année » organisé par E&Y
Marié et père de deux filles
Loisirs : tir, collectionner les peintures

Depuis combien d’années travaillez-vous chez Azbuka Vkusa ?

Seize ans précisément. Je suis arrivé lors de l’ouverture du 5e magasin. Aujourd’hui, nous en avons plus de 120. Avant cela, je travaillais « de l’autre côté du mur » : pour les producteurs alimentaires nationaux. La vente au détail me semblait ennuyeuse, d’où mon refus initial lorsqu’on m’a proposé de travailler chez Azbuka. En définitive, étant donné que je n’avais aucune activité concrète à l’époque, j’ai accepté de passer un entretien. Au cours de la discussion, mon intérêt s’est éveillé et l’offre m’a plu. J’ai d’abord été engagé au poste de directeur marketing avant de devenir, un an plus tard, directeur général.

Pour quelles qualités vous a-t-on, selon vous, recruté ?

Je l’ignore. Pour mon insolence, peut-être.

Quelles qualités avez-vous réussi à développer en 16 ans ?

Pratiquement toutes celles qu’il m’était possible de développer : tu grandis avec l’entreprise et l’entreprise grandit avec toi. J’ai commencé avec quatre magasins et, aujourd’hui, notre chiffre d’affaires dépasse les 50 milliards de roubles.

Faites-vous vous-même régulièrement vos courses chez Azbuka Vkusa ?

Bien évidemment. Environ six fois par semaine. Il y a un Azbuka dans l’immeuble où je vis. J’exige que ma famille se fournisse uniquement chez Azbuka. Si je voyais chez moi un sac d’un autre supermarché, je demanderais le divorce.

Menez-vous des « missions de reconnaissance » dans d’autres supermarchés ?

Bien sûr. Nous regardons quels produits sont vendus ailleurs. Mais c’est un intérêt purement professionnel. Je vais même jusqu’à faire souffrir ma famille en vacances en l’emmenant dans des supermarchés.

Vous inspirez-vous de l’expérience étrangère ?

Lors de nos débuts, nous nous en inspirions pour tout. Nous allions épier et prendre des photos partout, pour ensuite tout essayer chez nous. Aujourd’hui, nous sommes tout à fait compétitifs sur ce marché. Et quand je me promène dans des supermarchés en Occident ou en Orient, […]

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Propos recueillis par Anastasia Sedukhina

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