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La viticulture en Russie : exotisme ou nouvelle niche?

Injustement persécutée lors des dernières années d’existence de l’Union soviétique et délaissée après sa chute, la viticulture russe tente aujourd’hui de renaître de ses cendres. Dans le même temps, la législation russe donne la préférence aux gros producteurs. La viticulture a-t-elle un avenir en Russie ? Tentatives de réponse avec d’éminents experts et des acteurs du marché.

DU VIN RUSSE AVEC UN ARÔME SUISSE

« Lorsque mon mari viticulteur est arrivé pour la première fois à Moscou, dans les années 1990, il rêvait de goûter au vin russe, car il avait appris à l’université que le terroir russe était excellent. Mais, à toutes ses questions, il s’est vu répondre que la Russie ne produit pas de bons vins. Il a donc décidé de développer lui-même la viticulture dans le pays », se souvient Marina Burnier.

Marina a rencontré son futur époux, Renaud Burnier, en 1995, à Berne, où elle effectuait un stage après ses études à l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO). Lors de sa première visite en Russie, Renaud, issu d’une famille de viticulteurs suisses, a été très étonné que, dans le sud du pays, malgré le climat favorable, le bon équilibre écologique et la proximité directe avec la terre natale de la viticulture – le Caucase –, la production de vin soit si peu développée.

Renaud a commencé à s’intéresser à la viticulture russe alors que le secteur se trouvait plongé dans une crise profonde. Ayant fortement souffert de la campagne anti-alcool lancée par Gorbatchev dans les années 1980, qui s’est accompagnée de la destruction massive des vignes à travers le pays, la viticulture n’était pas en mesure de se développer ni même de garder la tête hors de l’eau face à l’instabilité politique post-soviétique, l’inflation galopante et les brusques fluctuations du rouble.

Dans les années 1990, sur fond de turbulences économiques, la production de vin n’intéressait ni l’État, ni le monde des affaires. Pour les étrangers, la Russie était une terra incognita avec des règles obscures de conduite des affaires. Mais le potentiel du terroir russe a attiré le viticulteur suisse, et les Burnier ont décidé de se jeter à l’eau. En 1998, ils ont décidé de louer une parcelle dans la région de Krasnodar, près d’Anapa.

Après trois années consacrées au choix de leur parcelle, les époux ont planté leurs premières vignes en 2003. Renaud Burnier a ainsi écrit une des premières pages de l’histoire récente du vin russe.

« Aucun habitant ne comprenait ce que nous comptions faire sur cette parcelle. Ils nous ont dit qu’ici nous pourrions récolter beaucoup de tonnes de raisin. Cela a été difficile d’expliquer à des viticulteurs habitués à l’économie planifiée soviétique que nous privilégions la qualité à la quantité », explique Renaud Burnier.

Les époux ont produit leur premier vin en 2005. « Nous l’avons emporté avec nous en Suisse étant donné que, du fait de la législation russe, il était difficile de le vendre en Russie. Lors de sa dégustation, personne n’a cru qu’il venait de Russie ; tout le monde pensait qu’il provenait d’un vignoble européen. […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Big Data :
Moscou vous observe

Depuis 2015, la mairie de Moscou achète aux grands opérateurs de téléphonie mobile des données numériques concernant les déplacements quotidiens des citadins. En principe pour améliorer ses services de transport…Aujourd’hui, la mairie de la capitale russe sait où vivent les Moscovites, quand et comment ils se rendent au travail ou à la campagne, quels quartiers, quels restaurants et clubs de sport ils fréquentent, etc. Autant de renseignements déduits des données de géolocalisation des smartphones, achetés par son département des Technologies de l’information auprès des grands opérateurs nationaux de téléphonie mobile.Géolocalisation du quotidienMoscou et sa région ont été divisés en parcelles de 500 mètres carrés. L’analyse des données mobiles permet désormais aux autorités municipales de connaître avec précision le nombre de personnes qui y vivent ou y travaillent : le « domicile » d’un individu est défini comme l’endroit où il passe régulièrement la nuit, et son « lieu de travail », celui qu’il fréquente entre 10h et 17h. Une carte SIM est localisée chaque jour, toute la journée, en plusieurs endroits de la ville ? Aucun doute : son propriétaire exerce un métier itinérant (livreur, chauffeur, etc.).Le passage au big data urbain a permis à la mairie d’opérer une véritable « révolution » en matière de régulation des transports.Depuis 2015, l’acquisition de ces informations sur la vie et le comportement des moscovites constitue une part non-négligeable du budget municipal. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 mars 2019
Économie

L’économie souterraine
au grand jour

Le 11 mars 2019, le président Vladimir Poutine s’est entretenu avec le patron du service fédéral de surveillance financière (Rosfinmonitoring), Iouri Tchikhantchine. Les deux hommes ont notamment évoqué le volume représenté par l’économie souterraine en Russie : quelque 270 milliards d’euros, soit environ 20 % du PIB du pays en 2018.Anatoli Novikov (le nom a été changé), cinquante-trois ans, mène la vie dont beaucoup de gens rêvent. Sans travailler, il perçoit un confortable revenu mensuel de 200 000 roubles (environ 2 800 euros) grâce à la location de quatre appartements situés dans le centre de Moscou, dont trois lui ont échu en héritage il y a quelques années. S’il a signé un contrat de bail avec chacun de ses locataires, c’est surtout pour rassurer ces derniers et établir les droits et obligations de chacun : il conserve les documents chez lui et n’a pas l’intention de déclarer ses loyers auprès des autorités – et de voir ses revenus imposés à hauteur de 13 %. Il ne compte pas non plus s’inscrire sur le registre des auto-entrepreneurs, qui permet de réduire à 6 % le taux d’imposition. « Il faut être idiot pour endosser volontairement une charge fiscale », souligne-t-il, sarcastique mais sincère. Naturellement, afin de ne pas éveiller les soupçons du fisc, M. Novikov touche ses loyers en espèces – il les collecte en personne, chaque mois, auprès de ses locataires, au cours d’une « tournée immobilière » qui lui prend une demi-journée.Services à la personne, BTP, petits commerces…M. Novikov est loin d’être le seul, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 mars 2019
Économie

Тatiana Bakaltchouk,
reine de l’e-commerce

En février 2019, Tatiana Bakaltchouk est officiellement devenue la deuxième femme milliardaire russe, derrière l’indétrônable épouse de l’ancien maire de Moscou, Elena Batourina.Elle est à la tête de Wildberries, le plus grand site de vente en ligne du pays. La plateforme vaudrait aujourd’hui 1,2 milliard de dollars selon Forbes, qui la place en quatrième position du classement des entreprises les plus chères de l’internet russe. Le site attire jusqu’à trois millions de visiteurs par jour et enregistre en moyenne dix commandes à chaque seconde. Mais sa propriétaire demeure aussi discrète que son entreprise est florissante…Un congé de maternité productifAu cours de quinze années passées dans les affaires, Tatiana Bakaltchouk n’a donné qu’une poignée d’interviews, dont une seule filmée – une faveur accordée en 2018 à un blogueur russe très suivi. Dans cet entretien, elle explique se tenir à distance des médias en raison de son caractère introverti. « C’est quand on se met à parler à la presse que les ennuis commencent au travail », ajoute-t-elle.Si Wildberries est une affaire familiale dirigée conjointement par M. et Mme Bakaltchouk, cette dernière en est toutefois l’unique fondatrice et propriétaire. L’idée de Wildberries (« baies sauvages » en anglais) lui est venue après sa première grossesse (elle est aujourd’hui mère de quatre enfants) : créer un site internet était le seul moyen de continuer de travailler tout en s’occupant de sa fille. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 mars 2019

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