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Bostik : « En tant qu’importateurs, nous sommes en mesure de faire concurrence aux producteurs russes »

La société Bostik, troisième producteur mondial de colles, est présente en Russie depuis la fin des années 1990. Elle y importe ses produits et fait appel à des sous-traitants russes, mais n’a pas encore ouvert sa propre usine. Le BizMag du Courrier de Russie a discuté avec Roman Pouchkarev, directeur général du bureau russe, du développement de la compagnie en Russie et de ses projets pour l’avenir.

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Inauguration d’une usine Bostik aux Philippines. Crédits : Arkema

Roman Pouchkarev. Crédits : Anastasia Sedukhina

BizMag : Depuis combien de temps Bostik est-elle présente en Russie ?

Roman Pouchkarev : Nos produits sont disponibles sur le marché russe depuis la fin des années 1990, mais l’ouverture de notre filiale, c’est-à-dire la création de la personne morale Bostik, en Russie date de 2008.

BizMag : Durant toute cette période, vous n’avez fait qu’importer vos produits en Russie ?

R.P. : Au tout début, c’étaient nos distributeurs russes qui importaient nos produits. Ensuite, nous avons commencé à les vendre nous-mêmes. Aujourd’hui, la plupart des articles que nous vendons sur le marché russe sont importés. En outre, nous faisons beaucoup appel à des producteurs locaux, c’est-à-dire à des sous-traitants. Nos partenaires qui disposent de leur propre site de production en Russie nous en offrent la libre utilisation pour fabriquer des produits sous notre marque et selon nos techniques.

BizMag : Prévoyez-vous de construire votre propre site de production en Russie ?

R.P. : Oui, nous y songeons. Mais cette décision repose sur une stratégie à long terme et ne découle pas uniquement de la tendance actuelle à la substitution aux importations. Nous nous basons sur le fait que nos affaires en Russie se développent d’année en année.

Mais dans le contexte actuel de la crise, nous préférons tourner sept fois notre langue dans notre bouche avant d’agir et de prendre une décision. Nous ne nous sommes pas encore fixé de délai précis. Avant toute chose, nous devons comprendre ce que nous pouvons produire en Russie, car nous disposons d’une très large gamme de colles pour le b2b et le b2c, avec des spécialités très différentes. Et, de nouveau, la liste des produits à localiser dépendra des volumes de ventes de ces produits en Russie. En effet, toute la production n’est pas forcément rentable à localiser au vu du rapport dépenses/volumes des ventes.

Aujourd’hui, notre entreprise dispose de capacités de production dans toute une série de pays, parmi lesquels la France, l’Allemagne, la Suède et la Turquie, et chaque usine se distingue par sa gamme de produits. Ce n’est qu’en 2015 que nous avons commencé à réellement développer les ventes, sur le marché russe, de nos produits fabriqués en Turquie.

BizMag : Qui sont vos clients ?

R.P. : Nous avons deux grandes orientations en Russie. La première est celle des adhésifs industriels. Dans ce secteur, nos clients sont des sociétés utilisant des adhésifs et des mastics pour produire, par exemple, des voitures et des camions. Notre seconde activité regroupe les matériaux de construction et de rénovation. La plupart de nos clients dans ce secteur sont les amateurs du DIY (Do It Yourself), les bricoleurs, ceux qui se chargent eux-mêmes des travaux chez eux, ainsi que les compagnies et sous-traitants de l’industrie du bâtiment. Sur ce marché, les consommateurs souhaitent un large choix de produits, ce qui n’est possible que s’il existe de nombreux fabricants, y compris des importateurs.

BizMag : Quelle est votre part de marché en Russie ?

R.P. : Cela dépend du segment. Nous sommes les premiers producteurs de colles pour papiers peints et parquet. Bostik est aussi présente dans des niches telles que les mastics, les mousses de polyuréthane, les colles de montage et les isolants hydrofuges, mais notre part de marché y est nettement moins importante.

BizMag : La concurrence est-elle forte sur le marché russe des mastics et des colles ?

R.P. : Très forte. D’ailleurs, ce marché n’est pas seulement occupé par des acteurs étrangers : on y trouve également des producteurs locaux très bien implantés. Cette situation est due au fait que l’industrie chimique russe a toujours été très développée ; et les produits chimiques constituent justement la base des colles et des mastics. Qui plus est, le développement intensif de ce secteur va de pair avec celui de la pétrochimie, via une série de fusions-acquisitions. C’est donc un marché qui, en Russie, est extrêmement varié et concurrentiel.

J’estime qu’en tant qu’importateurs, nous sommes en mesure de faire concurrence aux producteurs russes grâce à nos innovations technologiques et à notre qualité constante. Bostik possède des centres de R&D modernes en Europe occidentale, aux États-Unis et en Chine, où sont mis au point de nouveaux produits et techniques de production universels. Nous nous développons également par l’acquisition de nouveaux actifs : en décembre, le groupe Arkema, dont nous faisons partie, a racheté la société néerlandaise Den Braven, ce qui a renforcé le portefeuille de Bostik et l’a rendu plus équilibré dans le secteur des mastics.

Propos recueillis par Anastasia Sedukhina

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