Top 3 des Russes mal lunés de la semaine

Le spectre de la rentrée revient lentement mais sûrement habiter l’esprit de tout un chacun – rentrée scolaire pour ceux qui ont des enfants, fin des vacances pour ceux qui en ont pris, retour à une activité intense pour ceux qui travaillaient encore et ont connu un peu de répit avec le départ des autres. L’incertitude des modalités de reprise des activités et les cascades de protocoles sanitaires viennent ajouter une certaine confusion teintée d’anxiété à ce moment toujours difficile de l’année, et, sans doute pour cet ensemble de raisons, les faits divers de la semaine convergent tous vers une seule et même conclusion : la plupart des gens sont à cran.

Commençons par le coronavirus, qui ne nous quitte plus depuis déjà un moment. La guerre fait rage entre les acharnés du masque, ses ennemis féroces, et ceux qui sont exaspérés de voir que les deux premiers groupes sont eux-mêmes exaspérés l’un par l’autre. Pris entre deux feux, les employés des magasins et restaurants, quel que soit leur avis, se doivent d’appliquer les consignes reçues, et sont bien souvent la cible de clients malcommodes.

À Omsk, une retraitée s’est ainsi vu refuser le service en caisse pour non-port du masque. Elle n’en était visiblement pas à sa première altercation de la journée, car elle a rageusement trouvé aussitôt un moyen lui permettant à la fois de réparer son oubli et de mettre mal à l’aise le magasin entier : la vidéo de surveillance la montre en effet glissant les mains sous sa robe, baissant sa culotte, et, l’ayant ôtée, s’en servant comme d’un masque, en passant ses oreilles dans les trous destinés aux jambes. Le stratagème n’est pas du goût d’une autre employée que l’on voit tenter d’intervenir, puis repartir agacée, tandis que la caissière, stoïque, enregistre docilement les articles en regardant droit devant elle.

L’affaire, cependant, reste plutôt comique et sans conséquences dramatiques : d’autres caissiers se sont, cette semaine, montrés beaucoup moins patients avec les clients pénibles. À Saint-Pétersbourg, un jeune homme qui avait visiblement passé dans son magasin une journée éprouvante n’a pas supporté l’incivilité de trop, constatée lors d’une promenade nocturne : celle des conducteurs ne faisant pas l’effort de se garer correctement. Cette goutte d’eau faisant déborder le vase, il décida tout simplement de mettre le feu aux véhicules, et eut le temps d’en incendier deux avant d’être interpellé par la police. Pensez-y la prochaine fois que vous ferez un créneau en ville : des justiciers à cran peuvent toujours intervenir de manière brutale.

La police, puisque l’on parle d’elle, semble aussi en avoir par-dessus la tête de ses concitoyens qu’il ne faut parfois pas tant protéger que superviser. À Salekhard, dans le district autonome de Iamalo-Nénétsie, deux agents ayant repéré un homme ivre rôdant devant un garage à cinq heures du matin lui ont proposé de le reconduire chez lui en voiture. Celui-ci, malgré son état d’ébriété, aurait décliné la proposition sans agressivité. Mal lui en a pris : ni une ni deux, les gardiens de la paix ont dégainé leurs tasers et lui ont infligé des électrochocs multiples, dont certains au cou et au visage. Après ce passage à tabac, l’homme s’est montré bien plus docile et, ayant indiqué son adresse, a finalement été déposé chez lui par ces policiers au zèle quelque peu traumatisant.

J’espère mes lecteurs en meilleure forme psychique que les héros de cette chronique hebdomadaire, et ne peux que leur conseiller les gestes barrière de base pour une fin d’été sereine : traitez vos sous-vêtements avec respect, garez-vous sans mordre sur la ligne, et méfiez-vous des gens que vous croisez à cinq heures du matin.

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